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2010-02-07

§8. Les calculations astronomiques peuvent éclairer les énigmes des quatrains prophétiques de Nostradamus; l'analyse grammaticale et astronomique du quatrain I-16 (préparatifs).

I-16 (§731):

Faulx a l'estang joinct vers le Sagitaire
En son hault A V G E de l'exaltation,
Peste, famine, mort de main militaire:
Le siecle approche de renovation.


Les deux premiers vers sont l'exemplaire des expressions astronomiques des quatrains prophétiques de Nostradamus. Mais, tout d'abord, la grammaire française nous indique que la « faulx » est jointe « a [=à] l'estang », ou inversement « l'estang » est joint à la « faulx », parce que le verbe joindre exige une construction: « Joindre À: mettre avec. Joignez cette pièce au dossier. Joindre le geste à la parole. » (Petit Robert). Alors, la « faulx » étant « pour Saturne » par « métonymie, toujours représenté dans l'iconographie astrologique, avec la faux.» (V. Ionescu, Le message de Nostradamus sur l'ère prolétaire, p.779 note 1.), « l'estang », auquel Saturne est joint, doit être une planète. Or, « étang » en latin est stāgnum (Walde-Hofmann, s.v.), bien que le dernier n'est pas l'étymologie du premier, et « étain » en latin est stagnum (Walde-Hofmann, s.v.) qui en est l'étymologie; donc estang = stāgnum comme homographe de stagnum en latin peut suggérer celui-ci = stagnum = étain. Ce procédé raisonnable de lecture du texte rend inutile l'effort illégitime de P. Brind'Amour qui considère que toutes les éditions sont fautives et propose de lire estaing à la place d'estang (Astrophile, p.212 note 55; № 8,p.69) D'ailleurs le mot estaing n'existe pas en français. À ce propos, P. Guinard le suit; « Restent donc les conjonctions en Capricorne, et en ce cas l'on admettra avec Brind'Amour l'erreur de lecture du premier éditeur des Prophéties, Macé Bonhomme, reprise par tous les imprimeurs ultérieurs.» (Le quatrain I.16 et l'annonce de la chute définitive de la Monarchie (1842-1848), CORPUS NOSTRADAMUS 63, C.U.R.A., 2007-2008.). [P. Guinard remarque en révisant en 2011 et en 2015 cet article important que « Brind'Amour considère que toutes les éditions sont fautives et propose de lire estaing à la place d'estang. Mais l'on peut supposer surtout un jeu de mots sur les termes français et latins, justifié par le rapprochement étymologique de stagnum (étang) et de stagnum ou stannum (étain), et destiné à égarer le lecteur inattentif. L'étain était le métal associé à Jupiter selon un modèle classique d'équivalences astrologiques issu de l'alchimie ancienne. Le plus ancien témoignage de telles équivalences serait celui de Celsus (c. 180 AD) selon Origène. La cité sabéenne de Harrân (près d'Urfa dans l'actuelle Turquie) possédait sept temples dédiés aux sept planètes, le sixième étant surplombé d'une statue en étain du dieu Marduk, le parangon babylonien de Jupiter (cf. D. Chwolsohn, Die Ssabier und der Ssabismus, St Petersburg, 1856) (Le quatrain I.16 et l'annonce de la chute définitive de la Monarchie (1842-1848), CORPUS NOSTRADAMUS 63, C.U.R.A., 2007-2011; id., 2007-2015.».] C'est ici qu'on s'aide en recourant au latinisme de Nostradamus ! parce que l'astrologie traditionelle admet, comme ils nous en diligemment renseignent, les équivalences entre les sept planètes et les métaux principaux comme suit; « Soleil = or, Lune = argent, Mercure = mercure, Vénus = cuivre, Mars = fer, Jupiter = étain, Saturne = plomb » (Brind'Amour, Astrophile, p.162). Il s'agit ici, donc, de la conjonction de Saturne (= faux) avec Jupiter (= étain). Le genre de « joinct » s'accorde peut-être avec celui de Saturne représenté par « faulx » féminin. Et le signe où cette conjonction se produit n'est pas le Sagittaire, « Car le quatrain ne traite pas d'une conjonction en Sagittaire mais dans l'un de ses deux signes contigus, le Scorpion ou le Capricorne: en toute logique à la fin du Scorpion si les planètes évoluent vers ce signe, ou au début du Capricorne si elles rétrogradent vers le signe qu'elles viennent de franchir.» (P. Guinard, id.)

Or, le vers 2 nous détermine à choisir le Capricorne, parce que Saturne en Capricorne dont il est la planète maître ( = la planète gouvernante ) est dans son exaltation; « Une planète est dans son exaltation lorsqu'elle est dans le signe où les astrologues supposent le plus vertu à ses influences.» (Littré). Plus précisément, d'avec cette exaltation au sens large de provenance de l'ingress d'une planète dans un signe dont elle est la planète maître (= la dignité), on peut distinguer l'exaltation au sens strict dont le rang en principe est inférieur à celui du premier qui est en principe supérieur (cf. Genkou Ishikawa, Introduction à l'astrologie: Exercices, Éditions Hirakawa, Tokyo, 1992, p.69) David Ovason prend ce parti, en expliquant que «If we refer to the medieval lists of exaltations, we find that Scorpio has no exaltation.
Capricorn, on the other hand, is the exaltation of Mars. This suggests that the enigmatic conjunction (joint) involves the planet Mars, in the sign Capricorn.» (The secrets of Nostradamus,Century Books, London, 1997, p.92) Mais, il s'est d'emblée trompé de chemin en disant que «the phrase Faulx à l'estang means 'When Saturn is in Pisces'.» (id.p.91) Cette préposition «à» est demandée grammaticalement par le verbe en participe passé «joinct» et n'est pas du complément de la «Faulx». Si le verbe en participe passé «joinct» est isolé, privé de son partenaire indispensable «à» en faveur du complément fictif «à l'estang» pour «la faulx», il s'égare dans le néant en cherchant à l'infini où se joindre. Dans le néant D. Ovason s'imagine Mars et V. Ionescu Uranus et Neptune (Le message, p.779) Donc, pour arranger logiquement les personnages déjà au théâtre, l'exaltation au sens large est dans ce cas préférable; cette exaltation provient de la dignité, c'est-à-dire de Saturne dans le Capricorne dont il est la planète maître.

Et « AVGE », c'est-à-dire tout d'abord simplement « auge » en ancien français, signifie « apside » (Godefroy) et « APSIDE. Astron. Ligne des apsides: grand axe de l'orbite d'une planète. Spécial. Extrémité du grand axe. Apside supérieure: le point le plus éloigné. V. Aphélie, apogée. Apside inférieure: le point le plus rapproché. V. Périhélie; périgée » (Petit Robert). C'est ainsi que la «
hault auge » peut signifier l'« apside supérieure du grand axe de l'orbite de Saturne » = « son aphélie ». (Le genre de « hault » ne s'accorde pas avec celui de « auge »; ce qui est la plus fréquente des anomalies morpholgiques chez notre auteur et caractérise son versification qui incline à choisir plutôt la morphologie masculine, plus simple et en même temps censé plus proche de l'origine.) Alors, pour préciser durant la période de 1555 à 2000, que nous supposons assignée par Nostradamus pour la réalisation historique de ses prophéties, la datation de ce que le quatrain énonce, il nous faut converger les conditions suivantes:

a) la conjonction de Saturne avec Jupiter dans le signe de Capricorne,
b) l'aphélie de Saturne au Capricorne, et
c) la rétrogradation de Saturne et de Jupiter vers le Sagittaire.

Et d'entre ces trois conditions, la plus pertinente serait la condition b), parce que son changement chronologique est le plus lent entre les trois avec cependant perturbations rapides et inattendues, ce qui nous permettrait la chance de dater cet événement avec plus de précision et de facilité durant la période relativement longue. ________________________________________
© Koji Nihei Daijyo, 2009, Tous droits réservés.
 
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