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2019-08-20

Bibliographie

La vérification Historique des Quatrains Prophétiques de Michel Nostradamus Aux 16e - 20e Siècles
Koji Nihei Daijyo
update: le 19 ao
ût 2019.

Bibliographie


1) Textes employés de Nostradamus

№ 1. pour Préface à César et I-1(le premier quatrain de la Centurie Première) - IV-53(le 53e quatrain de la Centurie Quarte): Michel Nostradamus la 1ère édition enfin retrouvée !  LES PROPHÉTIES (LYON 1555), Lyon,Éditions Les Amis de Michel Nostradamus, 1984 = Les Prophéties de M. Michel Nostradamus. A Lyon, ches Macé Bonhomme. M.D.LV. Avec Privilege (l'exemplaire à la Bibliothèque Municipale d'Albi achevé d'imprimer le 4 mai 1555 ).
№ 2. pour IV-54 - VI-99, le quatrain en latin et VII-1-VII-42: Les Prophéties de M. Michel Nostradamus. Dont il en y à trois cents qui n'ont encores jamais esté imprimées. Adjoustées de nouveau par ledict Autheur. A Lyon ches Antoine du Rosne M.D.LVII (l'exemplaire à la Bibliothèque universitaire d'Utrecht achevé d'imprimer le 6 septembre 1557).
№ 3. pour Adresse à Henri II et VIII-1-X-100: Les Prophéties de M. Michel Nostradamus. Dont il y en a trois cents qui n'ont encores jamais esté imprimées. Adjoustées de nouveau par ledict Autheur. A Lyon, Par Benoist Rigaud. 1568. Avec permission. Les Prophéties de M. Michel Nostradamus. Centuries VIII. IX. X. Qui n'ont encores jamais esté imprimées. A Lyon, Par Benoist Rigaud (l'exemplaire à la Bibliothèque Grasse).
№ 4. pour VI-100, XI-91, 97 et XII-4, 24, 36, 52, 55, 56, 59, 62, 65, 69, 71: Jean Aimés de Chavigny Beaunois, La Première Face du Janus Français , A Lyon, par Les Héritiers de Pierre Roussin, M.D.XCIV.
№ 5. pour VII-43, 44: Les Vrayes Centuries et Propheties de Maistre Michel Nostradamus. Où se void representé tout ce qui s'est passé, tant en France, Espagne, Italie, Alemagne, Angleterre, qu'autres parties du monde. Imprimé à Leyde, Chez Pierre Leffen, l'An 1650.
№ 6. Les Propheties de M. Michel Nostradamus. A Lyon, chés Macé Bonhomme. M.D.LV. Avec Privilege (l'exemplaire conservé à l’Österreichische Nationalbibliothek de Vienne).
№ 7. Eugène Bareste, Nostradamus, Maillet, Paris, 1840, pp. 265-347 (= Les Prophéties de M. Michel Nostradamus. A Lyon chez Macés Bonhomme. M.D.LV. achevé d'imprimer le 4 mai 1555).
№ 8. Pierre Brind'Amour, Nostradamus Les Premières Centuries ou Prophéties (édition de Macé Bonhomme de 1555 ) Éditions et commentaire de l'Epître à César et des 353 premiers quatrains, Droz, Genève, 1996.
№ 9. Michel Nostradamus Les Prophéties Lyon, 1557, Éditions Michel Chomarat, Lyon, 1993 (L’exemplaire conservé à la Bibliothèque Nationale “Széchényl” de Budapest (Hongrie): Les Prophéties de M. Michel Nostradamus . Dont il en y à trois cents qui n’ont encores jamais esté imprimées. A Lyon, Chez Antoine du Rosne,1557, achevé d’imprimer le 3 novembre ).
№ 10. Michel Nostradamus Les Prophéties Lyon, 1568, Éditions Michel Chomarat, Lyon, 2000 (l’exemplaire conservé à la Bibliothèque Municipale de Lyon: Les Prophéties de M. Michel Nostradamus. Dont il y en a trois cens qui n’ont encores jamais esté imprimées. Adjoustées de nouveau par ledict Autheur. A Lyon, Par Benoist Rigaud. 1568. Avec permission).
№ 11. Les Significations de l'Eclipse, qui sera le 16 Septembre 1559, dans Chevignard, B., Présages de Nostradamus Présages en vers 1555-1567 Présages en prose 1550-1559, Seuil, Paris, 1999, contenant pour l'annexe 4° (pp.443-460) cet opuscule de Nostradamus en fac-similé.

2) Références lexicologiques. (abréviation)

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Torné-Chavigny, H., Nouvelle lettre du grand prophète de l’interprétation prophétique et mort de Napoléon III, Typographie des Célestins-Bertrand, Bar-le-Duc, 1878a.
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Torné-Chavigny, H., Calendrier pour l’année 1879. Oui ou Non, Imprimerie Jules Le Clere et Cie, Paris, 1878c.
Torné-Chavigny, H., Almanach du «grand prophète» pour 1879 ou Ce qui sera !, Imprimerie Jules Le Clere et Ce, Paris, 1878d.
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Vignois, Elisée du, Notre histoire racontée à l'avance par Nostradamus, Leclerc, Paris, 1910.
Ward, Charles A., Oracles of Nostradamus, Random House, New York, 1940 [1st ed. 1891].
Willoquet, Gaston, La vérité sur Nostradamus, Villain et Belhomme-Éditions Traditionnelles, Paris, 1967.
Wöllner, Christian, Das Mysterium des Nostradamus, Astra-Verlag, Leipzig, 1926.


5) Miscellanées.

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Briet, le Pere Ph., Royaume du Japon (carte) sur les Memoires des Peres de la Compagnie de Jesus, Pierre Mariette, Paris, c. 1640’s.
Chambers, G. F., Descriptive astronomy, Clarendon Press, Oxford, 1867.
Clark, D.H. and Stephenson, F.R., The historical supernovae, Pergamon Press, Oxford, 1977.
Crudden, Michael, The Homeric Hymns, Oxford University Press, Oxford, 2008.
Dibdin, T. F., The library companion, vol. I, Harding, Triphook and Lepard, London, 1825.
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Fletcher, N. H., The physics of rainclouds, Cambridge University Press, Cambridge, 1962.
Gallica, site Web, BNF.
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GeoCenter, Euro Atlas Spain Portugal, Falk Verlag, Germany, 2000.
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Herschel, Sir William, The scientific papers of Sir William Herschel including early papers hitherto unpublished collected and edited under the direction of a joint committee of the Royal Society and the Royal Astronomical Society with a biographical introduction compiled mainly from unpublished material by J.L.E.Dreyer, Vol. I, published by the Royal Society and the Royal Astronomical Society, London, 1912.
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2019-07-14

Préface

Préface


    Les Prophéties de Michel de Nostredame dit Nostradamus, publiées pour la première fois en 1555, comprennent en fin de compte 958 quatrains. Comme le titre de ce présent article lui-même l'indique, les siècles: le seizième, le dix-septième, le dix-huitième, le dix-neuvième et le vingtième sont les buts de notre lecture historique, parce que nous supposons que la période des événements historiques prophétisés par Nostradamus se termine l'an 2000 ou plutôt déjà s'est terminée.

 

Cette thèse doit être vérifiée par ce présent travail de lecture historique, mais dès maintenant le calcul arithmétique le plus simple peut le proposer; [ 2000-1555 = 445]; [ 958/445 = 2.1528], donc dans cette période chacque année a 2.1528 quatrains en moyenne pour exprimer ses événements les plus mémorables choisis préalablement par Nostradamus. Ces moyens d'écrire la chronologie sont pauvres pour historiens mais éclatants pour Nostradamus Poète Historique.

 

En fait nous essaierons de découvrir pour chaque siècle 200 quatrains plus ou moins [100 ans x 2.1528 = 215.28 quatrains (17e, 18e, 19e et 20e siècles)], ou 100 quatrains plus ou moins [45 ans x 2.1528 = 96.876 quatrains (16e siècle)].

 

Au contraire, si cette période des événements prophétisés par Nostradamus s'étend à l'année [3797], comme il se lit dans la Préface à César, la densité des quatrains pour une année serait: [ 958/(3797-1555) = 0.4273 ]. Cela conduit que jusqu' à 2000, [445 x 0.4273 = ] 190 quatrains seulement seront proposés comme pertinents à l'histoire.

 

Mais, les prédécesseurs dans ces affaires montrent qu'il y a plus ou moins 600 quatrains historiquement vérifiés. Par exemple, Nostradamus consacre à un heros dans l'hitoire du monde: Napoléon Bonaparte, environ 40 quatrains, et aussi pareillement 40 quatrains aux événements dramatiques et drastiques qui ont finalement engendré ce héros génial. Ces 80 quatrains décrivent une période d'environ 25-26 années, c'est-à-dire seulement un quart d'un siècle. Dans ce cas, la densité des quatrains serait [ 80/26 = ] 3.07 pour une année; ce qui largement dépasse la moyenne de l'hypothèse de limite '3797'. Et il'y aurait beaucoup d'autres qui se sont échappés à leurs yeux...Nous irons accueillir les glanures en vérifiant en même temps les récoltes que nos prédécesseurs ont tassés et pris comme véritables. (L'expression '3797' serait un exemple de l'hyperbole Nostradamienne qui bloquerait l'accès direct à ses textes.)

 

 Maintenant que nos affaires se sont délimitées dans la sphère de l'histoire du monde, quelques rêveries de projeter dans l'avenir indéfini la clairvoyance naïve à l'aide de la plume multiflore Nostradamique s'évanouiront......

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Table of Chronology:
General Introduction; §1-§200
§201-§341
§342-§410
§411-§587
§588-§730
§731-§930-§958

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theme : Prophéties de Nostradamus accomplies
genre : 学問・文化・芸術

2016-05-26

§341 La découverte d’Uranus par Herschel (le 13 mars 1781): VIII-69.

VIII-69 (§341):


Aupres du jeune le vieux ange baisser,

Et le viendra surmonter à la fin

Dix ans esgaux au plus vieux rabaisser

De trois deux l'un huitiesme seraphin.

 

NOTES: Aupres du jeune le vieux ange baisser: « Le quatrain parle sur deux plans: astronomique et mythologique. Mais il n’est pas si difficile de deviner qu’il s’agit de planètes, si on pense aux anciens astrologues qui attribuaient des génies, des anges ou des dieux aux planètes. On comprend alors que le premier vers est une allusion à Uranus, le dieu du ciel, « le vieux Ange » qui perdit son trône comme maître du monde (« baisser »). La Mythologie raconte que c’est Saturne, son fils le plus jeune qui prit sa place, après une guerre cruelle et après l’avoir mutilé (et « abaissé ») en lui coupant les organes sexuels et les avoir jetés dans l’Océan, d’où ensuite naîtra Vénus. Et parlant de ce « jeune » Ange, Nostradamus fait allusion au dieu Saturne.» (Ionescu, 1983, p.212-214).

 

Et le viendra surmonter à la fin: = Et [le vieux ange] le [jeune] viendra surmonter à la fin: « Le deuxième vers change de perspective et descend du niveau mythologique au plan astronomique. Il affirme que, plus tard (« à la fin »), ce sera pourtant le vieux Ange Uranus qui « surmontera » son fils Saturne. Observons qu’on ne dit pas qu’il le « vaincra ». Le verbe est bien choisi, car il nous dirige au niveau astronomique. Il montre que Saturne, qui occupait la « septième sphère » ( et la dernière, avant celle des étoiles fixes, d’après les Anciens), sera « surmonté » par une autre planète qui occupera la huitième sphère.» (Ionescu, id., p.214).

 

Ans esgaux au plus vieux: = Les ans égaux propres à Saturne en cycle, c’est-à-dire 29.5 ans solaires, la préposition « à » du au exprimant la relation d’appartenance. A ce propos, l’analyse d’Ionescu est impertinente, car il adopte un texte peu valable: « Dix ans esgaux aux plus vieux » (ce qui impliquerait la pluralité de Saturne !) et explique contrairement à la grammaire comme suit: « Avant tout, il faut observer qu’il y a une ellipse: « dix ans esgaux aux ans du plus vieux » (ce qui ne dérive pas naterellement du texte supposé !). Les textes les plus authentiques [№3, №10, №7] nous donnent « Dix ans esgaux au plus vieux », où l’adjectif « esgaux », ne se liant pas directement avec la préposition prochaine « à », signifient que « ans propres à Saturne sont esgaux les uns aux autres ».

 

Dix ans esgaux au plus vieux: = 10 x 29.5 = 295 ans solaires.

 

rabaisser De trois deux: « Ici le nombre trois semble se référer aux trois chiffres du nombre 295. Le texte semble nous dire de « rabaisser » la valeur du nombre 295 en changeant la position de deux de ces chiffres, ou en changeant le deuxième chiffre (si on prend le nombre « deux » dans le sens ordinal). On ne nous dit pas de changer les chiffres en les remplaçant par d’autres. Il s’agit seulement d’une permutation: rabaisser un chiffre du rang des centaines ou des dizaines au rang des dizaines ou des unités respectivement. Il y a donc seulement deux possibilités: rabaisser le « 2 » ou le « 9 ». Mais on voit bien qu’en rabaissant le « 2 » de son rang on accroît le nombre 295 au lieu de l’abaisser. La seule possibilité est de permuter le deuxième chiffre du rang des dizaines au rang des unités. On obtient ainsi un nombre réellement abaissé: 295 → 259. Regardons maintenant le thème uranien [13 mars 1781, 9 h 10 m P.M. (heure hypothétique)]. On a la surprise de trouver ce nombre comme position de Saturne lui-même. Cette planète est en effet située à 259° (ou 19° du Sagittaire). En plus, elle est stationnaire sur ce degré.» (Ionescu, id., p.215-216).

 

« On Tuesday the 13th of March[, 1781], between ten and eleven in the evening, while I was examining the small stars in the neighbourhood of H Geminorum, I perceived one that appeared visibly larger than the rest: being struck with its uncommon magnitude, I compared it to H Geminorum and the small star in the quartile between Auriga and Gemini, and finding it so much larger than either of them, suspected it to be a comet. The power I had on when I first saw the comet was 227. From experience I knew that the diameters of the fixed stars are not proportionally magnified with higher powers, as the planets are; therefore I now put on the powers of 460 and 932, and found the diameter of the comet increased in proportion to the power, as it ought to be, on a supposition of its not being a fixed star, while the diameters of the stars which I compared it were not increased in the same ratio. Moreover, the comet being magnified much beyond what its light would admit of, appeared hazy and ill-defined with these great powers, while the stars preserved that lustre and distinctness which from many thousand observations I knew they would retain. The sequel has shewn that my surmises were well founded, this proving to be the Comet we have lately observed.» (Herschel, I, p.30).

 

« DISCOVERY OF URANUS The same year [1780] in which this first slight attempt at authorship was made, was that in which Herschel made the acquaintance of Dr. William Watson, jun., of Bath, which again led to his joining the new Philosophical Society of Bath. The weekly meetings of this Society gave him the chance of meeting men interested in science, and encouraged him to prepare papers giving accounts of various physical experiments and of some of his astronomical observations. The Society only lasted a couple of years and did not publish any Memoirs or Proceedings but in the history of English science it deserves to be remembered with gratitude, as it undoubtedly was of great use to Herschel at the opening of his scientific career. In all, he communicated thirty-one papers to the Bath Society, none of which have ever been printed till now, except the few which, in 1780-81, were also communicated to the Royal Society at the instance of Dr. Watson. Most of the others are given in the present volume, and will be read with interest, as giving an insight into the versatile mind of Herschel before he had quite settled down to the work of his life. In the beginning of 1781, Herschel had thus commenced to make a name in the scientific world, as the three papers which he had sent to the Royal Society showed him to be a careful observer with instruments made altogether by his own hands. He was now to make a discovery which drew the attention of astronomers all over the world to the amateur astronomer at Bath. And this was not a lucky accident, but a discovery which was bound to be made sooner or later by an observer who searched the heavens as systematically as he did. He had already made a review of the stars of the first four magnitudes with a 7-foot Newtonian of 4½ inches aperture, when he started on the I7th of August 1779 to make a second review of the heavens. This was made with a 7-foot telescope of 6·2 inches aperture and power 227; it extended to all the stars in Harris' maps and telescopic ones near them as far as the eighth magnitude. The main purpose of this review was the registering of double stars, but it led to a result which had never been dreamt of by anybody... He now followed it [the Comet] regularly, and his observations are given in the paper which was read before the Royal Society on the 26th April. The discovery was very soon communicated to the only public observatories then existing in England, at Greenwich and Oxford. Maskelyne wrote on the 4th April to Dr. Watson that he had for the last three nights observed stars near the position pointed out by Mr. Herschel, whereby he was enabled on the 3rd to discern a motion in one of them, which convinced him that " it is a comet or new planet, but very different from any comet I ever read any description of or saw." On the 23rd April he wrote to Herschel: " It is as likely to be a regular planet moving in an orbit nearly circular round the sun as a comet moving in a very excentric ellipsis. I have not yet seen any coma or tail to it." Hornsby wrote on the 24th that he had searched for the comet, but could not find anything like a comet except an object which turned out to be a small cluster; he asked for further particulars. A week later he had not yet found it, but on the 14th April he wrote that he had found it immediately after receiving Herschel's last letter, and had in fact observed it on the 29th and 30th March " unknowingly." He adds; " I do not in the least question but this is the comet of 1770, but whether it has passed its Perihelion or has not yet come to it, is more than I can say at present. I will very soon try to construct its orbit." It is not necessary in this place to give an account of the attempts made to calculate a parabolic orbit for the new " comet." That the new star was at a very great distance, became evident after some time, though Méhain had at first computed a parabolic orbit with a perihelion-distance of 0·46, the comet being about to pass the perihelion on the 23rd May. These elements were communicated to “ Monsieur Hertsthel à Bath ” by Messier, who wrote to the discoverer to express his wonder as to how he had found this stellar object, the motion of which could not be recognised in the course of a night. Herschel replied at once, explaining that it was by its appearance that he had distinguished the comet from a star. Later on Lexell computed a perihelion distance of 16, and announced that the perihelion would not be reached till April 10, 1789... At the time when Herschel was laying the foundation of the great skill which he gradually acquired in making specula, and enlarged the solar system by the first discovery of a planet since the beginning of history, there were two other amateurs in England who were engaged in telescope-making, Michell and Edwards, and as it has been asserted that from the former Herschel received his first lessons in speculum-grinding," it seems desirable to show that there is no foundation whatever for this statement...» (Herschel, id., p.xxix-xxxi, by Dreyer).

 

l'un: = le nombre unique 84 qui s’exprime dans la longitude d’Uranus (84°) au moment de sa découverte par Herschel (le 13 mars 1781 22 heures et demi) et dans sa révolution (84 années solaires) (cf. Ionescu, id., p.216).

 

l'un huitiesme seraphin: = Uranus, le huitième planète-ange suivant Saturne, le septième selon l’astrologie traditionnelle (cf. Ionescu, id.).

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2016-05-22

§340 Établissement des pionniers et immigrants en foule aux États-Unis se développant à merveille (17e-20e siècles): X-71.

X-71 (§340):


La terre & l’air gelleront si grand eau,

Lors qu'on viendra pour jeudi venerer,

Ce qui sera jamais ne feut si beau,

Des quatre pars le viendront honnorer.

 

NOTES: Eau: = la foule: « Les eaux sont des peuples, la foule, des races et des langues.» (Apoc., XVII, 15), c’est-à-dire la foule de Rome d’antiquité blasphémant et persécutant les chrétiens.

 

La terre & l’air gelleront si grand eau: La terre et l’air de l’Amérique du Nord sont tant vastes et convenables qu’ils peuvent recevoir l’établissement des pionniers et immigrants extrêmement nombreux; « LE MOUVEMENT VERS L’OUEST Le grand mouvement d’expansion vers l’Ouest est un des plus grands faits de l’histoire des États-Unis, le plus lourd de conséquences sans doute avec le développement économique postérieur à 1865; il n’y a pas de chapitre plus original ni plus pittoresque. Cent mille pionniers avaient déjà passé les monts; il [le grand mouvement d’expansion vers l’Ouest] s’étale sur tout le XIXe siècle; aujourd’hui [en 1958] encore on n’ose affirmer qu’il ait pris fin, quand on assiste aux progrès de la Californie ou du Texas. C’est une grande vérité à laquelle on ne prend pas toujours suffisamment garde, que les États-Unis ont été au siècle dernier [le XIXe] le premier peuple colonisateur: rien n’égale en importance l’occupation et le peuplement des ces vastes espaces [La terre & l’air gelleront si grand eau]. Le peuplement de l’Ouest n’est pas un épisode en marge de l’histoire américaine, il tient de partout aux aspects constitutifs de cette histoire: l’immigration, à laquelle l’Ouest sert d’exutoire [La terre & l’air gelleront si grand eau], le développement économique qu’il stimule, l’évolution démocratique qu’il précipite, la question noire qu’il exaspère. De plus la conquête de l’Ouest a donné à l’Union américaine l’épopée dont tout peuple a besoin pour grandir son histoire et croire à son destin...» (Grousset et Léonard, 1958, p.996-997).

 

Lors qu'on viendra pour jeudi venerer: « Le deuxième vers fait allusion à la fête de Thanksgiving, ce qui relie ce quatrain à celui du chapitre précédent [le quatrain I-50].» (Ionescu, 1987, p.190); « I-50 De l’aquatique triplicité naistra, D’un qui fera le Jeudi pour sa feste: On sait que, d’après l’astrologie, les signes zodiacaux forment quatre triangles, chacun soumis à un des éléments: terre, feu, air et eau. Le triangle formé par les signes d’eau (Poisson, Scorpion et Cancer) s’appelle « triplicité aquatique ». Nous avons calculé les positions astrales du 4 juillet 1776, quand le « Congrès Continental » adopta la Déclaration d’Indépendance. On peut voir qu’à cette date non seulement le Soleil était dans le signe du Cancer (donc en triplicité d’eau), mais il était en une conjonction très heureuse avec les « bénéfiques »: Vénus et Jupiter. Cette dernière planète est, d’après Nostradamus, la dominante des États-Unis. La fait que ce pays aura comme fête nationale le Thanksgiving, qui est célébré toujours dans le jours de Jupiter (Jeudi) et pendant le signe du Sagittaire, le domicile diurne de Jupiter, n’est pas sans signification pour la signature astrale de ce pays et, comme on peut le voir au deuxième vers, le fait n’a pas échappé à Nostradamus: « fera le Jeudi pour sa feste ».» (Ionescu, id., p.186).

Ne feut: = N'aura été.

 

Ce qui sera jamais ne feut si beau, Des quatre pars le viendront honnorer: « L’HISTOIRE des États-Unis est d’une singularité unique et absolue: dans ce concert que forment toutes ensemble les diverses histoires nationales, les États-Unis font entendre une ligne mélodique qui ne ressemble, ni de près, ni de loin, à aucune autre. Elle offre en effet ce spectacle unique d’un développement absolument complet depuis les orgines combien modestes jusqu’au prodigieux épanouissement dont le monde est aujourd’hui le témoin étonné ou inquiet.» (Grousset et Léonard, id., p.968).

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2016-05-21

§339 La guerre de Sécession et la longue paix des États-Unis (1861-2000): X-42.

X-42 (§339):


Le regne humain danglique geniture,

Fera son regne paix union tenir

Captive guerre demy de sa closture

Long temps la paix leur fera maintenir.

 

NOTES: Le regne humain: La république démocrate par contraste avec la monarchie de droit divin (cf. Ionescu, 1987, p.196).

 

Danglique: = d’Anglique; Anglique = Une variante inventée par Nostradamus d’Anglais.

 

Geniture: = « engendrement, naissance.» (Godefroy).

 

Le regne humain danglique geniture: « En 1783, vingt ans après le traité de Paris qui écartait la France du Nouveau Monde, le traité de Versailles émancipe les anciennes colonies de l’Angleterre. Une nouvelle Amérique indépendante, héritière de la civilisation anglaise mais fondée sur d’autres principes politiques et constituée en société originale, apparaît sur les bords de l’Atlantique: ses destinées sont encore enveloppées de mystère, mais ses débuts inspirent à l’Europe curiosité, intérêt et sympathie.» (Grousset et Léonard, 1958, p.987); « Pendant plus de quatre mois, ces hommes qui réunissent tout ce que l’Amérique compte de noms fameux, d’esprits éclairés, de beaux caractères, sauf Jefferson alors en France où il représente le Congrès, (les historiens américains ont parlé d’une assemblée de demi-dieux) confrontent leurs vues, sous la présidence du sage Washington, éprouvent leurs arguments, comparent leurs conceptions: peu à peu ils réduisent les désaccords, dégagent les compromis, mettent au point des formules transactionnelles. De ces conscientieuses délibérations sort, le 17 septembre 1787, le texte destiné à être la Constitution des États-Unis. Le 4 mars 1789, le nouveau gouvernement fédéral entre en fonctions: le premier président des États-Unis, élu à l’unanimité, est George Washington. Mesuré à ses conséquences, apprécié à raison de la permanence de ses effets, l’événement apparaît plus décisif encore que la déclaration d’Indépendance. Cette fois c’est la naissance d’un nouvel État, et dont la nouveauté est absolue. Cette nouveauté éclate à deux points de vue. C’est d’abord un État fédéral. Second élément de nouveauté: le gouvernement des États-Unis est républicain. C’est le premier État moderne, étendu, relativement peuplé, à adopter pour se régir cette forme de gouvernement que les penseurs politiques considéraient jusqu’alors comme exclusive des petites cités de la Grèce antique ou de l’Italie médiévale.» (Grousset et Léonard, id., p.988-989);

 

Son regne: Un des règnes des États-Unis, celui d’Abraham Lincoln (1861-1865).

 

Le regne humain danglique geniture, Fera son regne paix union tenir: Cette proposition causative se traduit comme suit: Son regne tiendra la paix et l’union du regne humain d’Anglique geniture.

 

Captive guerre demy de sa closture: La guerre intestine concernant l’esclavage entre les deux moitiés des États-Unis = La ligue neufve d'Ausonne fera guerre, Que contre eux mesmes il[s] se viendront bander (§338, III-70).

 

Long temps la paix leur fera maintenir: La paix intestine des États-Unis après la Guerre Civile dure jusqu’à nos jours.

 

Captive guerre demy de sa closture Long temps la paix leur fera maintenir: Cette phrase factitive se traduit comme suit: Ils maintiendront longtemps la paix après la guerre de Sécession entre les deux moitiés du pays.

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2016-05-19

§338 La Révolution Américaine et la Guerre de Sécession (1773-1865): III-70.

III-70 (§338):


La grand Bretagne comprinse l'Angleterre

Viendra par eaux si hault à inunder

La ligue neufve d'Ausonne fera guerre,

Que contre eux mesmes il se viendront bander.

 

NOTES: La grand Bretagne comprinse l'Angleterre: = La Grand[e-]Bretagne[,] l’Angleterre [étant] comprise: « Les sceptiques regarderont sans doute avec de grands yeux ce nom “la Grande Bretagne”, imprimé dans un livre du XVI-ième siècle, car tout étudiant d’histoire sait que ce nom n’a pas existé avant le XVII-ième siècle, quand l’Angleterre est devenu, en effet, un grand empire maritime, auquel personne ne pouvait même penser du temps de Nostradamus.» (Ionescu, 1976, p.549); « Le quatrain a été regardé depuis longtemps comme une des merveilles du génie prophétique nostradamien. Sans avoir réussi à lui trouver une solution en son entier, les commentateurs – comme aussi les milliers de lecteurs – se sont émerveillés pendant plus de trois siècles et demi devant cette évidence: dans un texte publié en 1555, le nom de la Grande Bretagne est clairement écrit, un demi-siècle avant qu’il soit pour la première fois introduit, par le roi Jacques Ier.» (Ionescu, 1987, p.183-184).

 

Eaux: Ce mot a le sens double, celui de mer à propos de tea party à Boston et celui de foule américaine en révolte contre la Grande-Bretagne; « Les eaux sont des peuples, la foule, des races et des langues.» (Apoc., XVII, 15), c’est-à-dire la foule de Rome d’antiquité blasphémant et persécutant les chrétiens. D’où « l’inondation, l’invasion, le débordement des peuples.» (Torné-Chavigny, 1861, p.204; p.111; cf. Torné-Chavigny, 1862, p.38-39). D’entre 30 emplois des mots eau, eaue, eaux et eaulx, 11 sont dans ce sens (I-11, II-54, II-87, III-70, V-86, V-87, VI-10, VIII-7, IX-51, X-10 et X-60).

 

Par eaux: = à cause d’eaux, par étant la préposition exprimant la cause.

 

Si: = très (Ward, 1940, p.170).

 

à: « La préposition marquant le degré: souffrir à crier / être malade à garder le lit.» (Ibuki); « La préposition marquant le degré ou la qualité: C’est procès à n’en pas finir. brouillard à couper au couteau.» (Suzuki).

 

Inunder: = « INONDER, XIIIe, d’abord enonder; inondation, XIIIe. Empr. du lat. inundare, -atio (de unda).» (Bloch & Wartburg). Le symbole familier nostradamien de révoter, révolution, révolte, invasion, insurrection (e.g. I-69, II-93, III-70, IV-71). Ionescu, qui commente ailleurs que « ... des mots comme “onde”, “eau”, “déluge” indiquent des troubles, guerres civiles ou révolutions (les sens du latin “unda”).» (Ionescu, 1976, p.464), traduit le premier hémistiche comme suit: « Cet empire [la Grande Bretagne] était une puissance maritime qui avait presque inondé le monde par ses conquêtes.» (1976, p.549) ou en dit que « L’Empire Britannique est comparé à une mer ou un océan dont les eaux arrivent à une telle hausse, qu’elles inondent presque toute la terre.» (1987, p.), mais le quatrain ne mentionne pas expressément ni « le monde ou presque toute la terre » à inonder, ni « par ses conquêtes ». C’est ainsi que son interprétation est fondée sur une interpolation déraisonnablement étendue.

 

La grand Bretagne comprinse l'Angleterre Viendra par eaux si hault à inunder: « La Grande-Bretagne subira une violente révolution.» (Fontbrune, 1976, p.307); « La guerre de Succession d’Autriche arrache aux Français les entrées du Canada, Acadie, Terre-Neuve (1713). Voilà les deux adversaires curieusement enchevêtrés: si les territoires sous contrôle français continuent d’investir les colonies anglaises, les Britaniques tiennent les accès du Canada et surveillent ses communications avec la métropole; dans la haute vallée de l’Ohio, les lignes de postes s’entrelacent. En 1763, la défaite française en Amérique lève l’hypothéque: le Canada devient anglais, la Louisiane passe à l’Espagne. C’en est fait de l’empire français: une des trois éventualités jusqu’alors possibles est définitivement écartée; il n’y aura pas d’Amérique française. Ne restent plus en présence qu’une Espagne déjà sur le déclin et une Grande-Bretagne en marche vers la suprématie: entre elles la lutte n’est pas égale. Les chemins de l’Ouest sont rouverts aux colons angalis. Mais les relations entre métroplole et colonies vont soudain prendre un tour imprévu et imposer un aspect inattendu à l’avenir politique de l’Amérique du Nord. Treize années seulement séparent la fin de la guerre franco-anglaise (1763) du début de la guerre d’Indépendance (1776): il serait surprenant qu’un intervalle aussi court ne révélât point l’existence entre les deux événements de quelque rapport plus étroit que le simple lien de succession chronologique. De fait, il y a une relation directe entre la chute de l’empire français d’Amérique et l’éviction de l’Algleterre, entre l’élimination du péril franco-indien et la sécession des colonies anglaises. L’éventualité d’une domination du Roi Très Chrétien sur l’ensemble du continent une fois écartée par la perte de la Louisiane et du Canada, la présence anglaise devient moins nécessaire aux colonies; pendant la guerre, elles ont du reste essayé leur jeune force, pris conscience de leurs possibilités, ébauché les débuts d’une action commune; leurs milices se sont bien comportées et ont fait bonne figure aux côtés des troupes régulières. Moins indispensable, la présence anglaise leur semble bientôt plus pesante: d’aide elle devient fardeau. Plusieurs faits vont hâter ce changement d’appréciation et précipiter la révision des rapports entre métropole et colonies. Au même moment le gouvernement du roi manifeste l’intention de rajuster les rapports avec les colonies. Il y est contraint par la nécessité pour rétablir une situation financière aggravée par la charge des emprunts qu’il a dû contracter pour mener la guerre qui a précisément libéré l’Amérique septentrionale de la menace française: il trouve donc légitime que les colonies prennent leur part de cette dette. Mais cette révision des rapports entre Londres et l’Amérique ne peut s’opérer qu’au détriment de l’autonomie de fait qui s’était progressement instaurée sur tous les plans. Les lois, surtout celles de finances, votées par le Parlement de Londres engagent-elles les colonies ? Les Américains s’accordent à penser que non, puisque votées par une assemblée où ils n’ont point de représentants choisis par eux. Or, en vertu du grand principe anglais du consentement à l’impôt, il ne peut y avoir imposition sans représentation: seules les taxes librement consenties par les assemblées coloniales peuvent être légalement levées dans les colonies. Au cours des années 1763-1776 qui précèdent l’ouverture du conflit, leurs rapports sont passés par des alternatives de tension et de détente, avec cependant une tendance à l’aggravation constante. Effectivement on put croire, à plusieurs reprises, que l’on touchait au but: un moment le Parlement rapporta presque toutes les taxes dont il avait frappé les colonies, mais ce geste d’appaisement et de bonne volonté laissait entière la question de droit; le conflit devait donc renaître à la première occasion.» (Grousset et Léonard, 1958, p.981-984).

 

« Il rebondit en 1773 à propos du monopole accordé à la Compagnie des Indes orientales pour la vente du thé en Amérique. L’octroi de cette autorisation heurtait les principes (les colonies n’avaient pas été consultées) et lésait les intérêts des marchands qui approvisionnaient régulièrement en thé leurs compatriotes. La riposte vint, brutale et pittoresque: des citoyens de Boston, déguisés en Indiens, firent irruption sur les navires et jetèrent à l’eau toute la cargaison [par eaux]; c’est la tea party, un des épisodes les plus fameux de la légende d’Épinal américaine. La perte matérielle était considérable pour la Compagnie, mais plus sensible encore pour le gouvernement de Londres l’affront subi. Des lois de coercition imposent en punition à Boston et au Massachusetts un régime d’exception, ruinant leur commerce, anéantissant leurs libertés. Les autres colonies - ceci est capital et montre le chemin parcouru – s’affirment solidaires du Massachusetts: un premier congrès continental se réunit en septembre 1774 pour arrêter des mesures communes. Dès lors le mécanisme qui conduit à la guerre et à la sécession est déclenché: les ressorts se tendent. Les esprits qui ne reculent pas devant les décisions extrêmes commencent à déborder les modérés; l’opinion s’accoutume peu à peu à la perspective d’indépendance. Parallèlement on met en place les éléments d’un dispositif destiné éventuellemnt à en appuyer la proclamation; partout se forgent les futurs instruments révolutionnaires: congrès continental, comités de correspondance chargés de surveiller l’application des décisions de non-importation et de non-exportation; des armes sont rassemblées; les milices s’exercent. C’est un véritable mouvement insurrectionnel qui se dessine [eaux si hault à inunder].» (Grousset et Léonard, id., p.984-985).

 

« L’indépendance était déjà admise dans les esprits, acquise dans la réalité avant d’être affirmée solennellement par un texte: les colonies avaient graduellement constitué tous les éléments d’une indépendance de fait: gouvernement provisoire, avec le Congrès continental, et armée continentale. Avec le fusillade de Lexignton (avril 1775) l’irréparable entre dans l’histoire: une colonne anglaise, envoyée de Boston [La grand Bretagne comprinse l'Angleterre viendra] pour mettre la main sur un dépôt d’armes et de munitions établi à Concord par les « patriotes », se heurte à la milice et ouvre le feu; c’est le premier choc entre les habits rouges et les volontaires américains. Les hostilités sont ouvertes; deux mois plus tard, c’est Bunker Hill, aux portes de Boston, où les Anglais pertent un millier d’hommes. Le Congrès continental nomme George Washington commandant en chef de l’armée continentale américaine (15 juin 1775): aucun choix n’était plus important. Encore que l’indépendance américaine soit vraiment l’œuvre de tout un peuple, nul n’y a plus contribué que Washington: son patriotisme, la noblesse de son caractère, son désintéressement personnel, ses capacités militaires et politiques, sa ténacité en ont fait le modèle des héros, ont maintenu la cohésion des « Insurgents », lui ont gagné l’estime et l’admiration de l’Europe. De cette longue préparation la déclaration d’Indépendance consacre l’aboutissement: elle marque la naissance des États-Unis. Chaque année la commémoration de ce texte fameux par l’Independence Day (4 juillet 1776) célèbre un événement qui intéresse aussi l’histoire universelle.» (Grousset et Léonard, id., p.985-986).

 

La ligue neufve d'Ausonne: « Le nom Ausonne”, se range parmi les énigmes nostradamiens qui ont presque toujours réussi à confondre le chercheur superficiel. Semblant à première vue être mis par synecdoque [le mot métonymie étant préférable] pour Italie, ce nom est en réalité choisi par Nostradamus seulement parce que ses primières trois lettres AUS ou USA sont les initiales devenues l’abréviation courante pour “United States of America”.» (Ionescu, 1976, p.549); « Ce quatrain n’a jamais été interprété correctement à cause du mot-clef « ausonne », qui a porté les commentateurs vers quelque ligue formée en Italie (Ausonia étant une région au sud de l’Italie au temps des Romains). Il s’agit, en l’espèce, d’une occultation des Alchimistes, par laquelle des noms apparemment géographiques cachent en réalité d’autres significations. Dans notre cas, on doit observer que les premières trois lettres de « ausonne» forment USA. La même méthode d’occulter le nom des USA nous l’avons trouvés dans le quatrain VIII-10, où « Lausanne » doit être lu « l’AUS-anne, dans le quatrain I-87, où « Arethusa » doit être lu « Ares-USA » et dans le quatrain IV-48, où « Ausonne » revient encore une fois, avec la même référence à l’Amérique.» (Ionescu, 1987, p.183).

 

il = ilz (№ 2).

 

Que: La conjonction d’apposition.

 

Eux mesmes, il[s]: = Les citoyens de la ligue d’Ausonne, les Américains.

 

Se bander: « Se bander. S’unir [pour une lutte, pour une entreprise]. Se mettre en lutte.» (Huguet).

 

La ligue neufve d'Ausonne fera guerre, Que contre eux mesmes il se viendront bander: = La ligue neufve d'Ausonne fera guerre, c’est-à-dire que contre eux mesmes il[s] se viendront bander: On ne peut imaginer par cette expression autre chose qu’une guerre civile des Américains, alors qu’Ionescu, qui arrive si ingénieusement à décrypter l’énigme d’ « Ausonne », insiste agrammaticalement pour y discerner la Guerre d’Indépendance, c’est-à dire celle des colonies américaines contre leur métropole: « La question des tarifs révèle le désaccord des économies, l’antagonisme des intérêts. Les gens du Sud se résignent mal à voir les « Yankees » imposer au Congrès des relèvements successifs de tarifs qui lèsent leurs intérêts, et la vieille controverse sur les droits des États se réveille à ce propos. La crise est si grave qu’on redoute en 1832 une rupture entre le gouvernement de Jackson et la Caroline du Sud dont la législature a forgé une théorie de la nullification aux termes de laquelle les États auraient le droit d’annuler des parties de la législation fédérale: c’est la portée du pacte fédéral lui-même qui est mise en question. L’énergie de Jackson qui se montre intraitable, l’entremise de Henry Clay, la volonté de part et d’autre d’éviter l’irréparable firent trouver les éléments d’un compromis. La crise était dénouée, mais ses causes n’étaient pas supprimées: les intérêts du Nord et du Sud restaient différents et l’évolution générale, le développement économique de l’Union, le peuplement de l’Ouest, la poussée démocratique travaillaient à exaspérer leur antagonisme. La crise rebondira: l’enjeu n’en sera plus le niveau du tarif, mais le sort d’une institution plus essentielle encore à l’économie du Sud et qui, de surcroît, intéressait tous les aspects de la vie politique et de la société: l’esclavage.» (Grousset et Léonard, 1958, p.1008-1009).

 

« Or les circonstances, en particulier la croissance territoriale et le développement économique de l’Union, font que la question se pose avec insistance et ruine automatiquement toute tentative de compromis: l’Ouest est l’enjeu d’une âpre rivalité entre Nord et Sud. Le coton, culture épuisante, a un besoin toujours renouvelé de nouvelles terres; la colonisation du Sud remonte vers l’Arkansas, le Missouri. Quel sera le statut de ces nouveaux États ? De la réponse dépendent l’avenir de l’Union et celui de l’esclavage. L’introduction de l’esclavage signifierait l’éviction des petits fermiers libres. Nord et Sud sont engagés dans une lutte pour leur mode de vie et leur existence: l’un combat pour le sol libre et pour préserver les nouveaux États de la contagion du travail servile, l’autre pour agrandir le « royaume du coton » et conserver le ressort de sa prospérité. Dans ces conditions tout compromis ne peut être que précaire, et la solution des difficultés ne gagne rien à des adjournements successifs. La controverse grandit jusqu’à prendre les proportions d’une conscience nationale: elle divise les partis au point que disparaissent les « whigs » et que surgit une nouvelle formation politique, le parti républicain, celui-là même qui aujourd’hui encore alterne avec le parti démocrate. De ces années 1850-1860 date en effet l’apparition de certaines des données politique qui de nos jours encore commandent la vie politique américaine: le parti républicain apparaît en 1854, et récemment encore le Solid South votait en bloc démocrate pour faire pièce aux abolitionnistes républicains. La persistance de ces souvenirs, près d’un siècle après la fin du conflit, montre l’importance qu’eut la lutte du Nord contre le Sud, comparable à celle de la coupure de 1789 dans notre histoire nationale [des Français].» (Grousset et Léonard, id., p.1010-1012).

 

« Dès lors que tant de choses, de si grands intérêts, des sentiments si forts étaient en jeu, la rupture était inévitable. Elle ne se produisit pas précisément sur le statut de l’esclavage, mais sur un point de droit constitutionnel: la faculté pour les États de faire sécession. À l’annonce du succès du candidat républicain à la présidence, Abraham Lincoln, la Calorine du Sud qui se retrouve à l’avant-garde du séparatisme, qu’il s’agisse de la nullification ou de la sécession, prend l’initiative de sortir de l’Union; d’autres États imitent son exemple et forment une nouvelle unité politique, les États confédérés. La sécession n’est pas encore la guerre: assurément Lincoln dénie aux sécessionistes de droit de quitter l’Union et refuse de reconnaître le fait accompli, mais il se garde soigneusement de déclencher l’épreuve de force. C’est encore le Sud qui prend l’initiative des hostilités: l’attaque à l’aube du 12 avril 1861 de Fort Sumter, forteresse fédérale gardant l’entrée du port de Charleston, donna le signal de la guerre entre Nord et Sud; elle durera quatre années pleines (avril 1861-avril 1865) et sera une des plus effroyables guerres civiles dont l’histoire ait gardé le souvenir.» (Grousset et Léonard, id., p.1012).

 

« La guerre de Sécession est peut-être la première guerre à annoncer par son style les grands conflits du XXe siècle: elle est bien plus moderne que la courte guerre franco-prussienne de 1870-1871; il faudra attendre la guerre russo-japonaise pour revoir certaines des innovations introduites par le Nord et le Sud. D’une durée insolite, elle pose aux belligérants des problèmes inédits. Elle est aussi une des premières à mettre aux prises des effectifs qui dépassent le million d’hommes: Lincoln institue le service militaire obligatoire en mars 1863; à la fin des hostilités, le Sud avait en ligne huit cent mille hommes et le Nord deux ou trois fois autant. Les méthodes, la tactique révolutionnent les habitudes: guerre de tranchées, intensité des bombardements, acharnement des combats, longueur des engagements pour se disputer une position, utilisation des navires cuirassées. C’est déjà une guerre d’usure et de matériel: le Sud a succombé par épuisement sous le nombre et le matériel conjugués. Guerre de type industriel, selon le caractère que les États-Unis imprimeront aux conflits auxquels ils participeront ultérieurement, elle pose des problèmes d’approvisionnement, d’armement et de financement dont les solutions annoncent déjà tous les expédients de l’économie de guerre.» (Grousset et Léonard, id., p.1013-1014).

 

« Pendant quatre années la haute figure d’Abraham Lincoln a animé la lutte du Nord, mais par son humanité, la sagesse et la mesure de ses vues, la noblesse de sa pensée, son nom et sa mémoire appartiennent à toute l’Union sans distinction de camp. Il prend place, après Jefferson, après Jackson, dans la galerie des présidents dont le séjour à la Maison-Blanche a écrit un nouveau chapitre dans l’histoire des États-Unis. Il est lui aussi un self-made man et sa carrière illustre à merveille l’existence des pionniers de l’Ouest: mais il a surtout apporté une conception de la démocratie généreuse, optimiste, résolument confiante dans la bonne volonté et les possibilités de chaque homme. On rapporte de lui des traits d’humanité qui honorent l’homme. Cette guerre qu’il n’avait pas voulue, à laquelle il avait dû se résoudre pour sauver l’Union dont il avait reçu la charge en dépôt, il entendait en effacer au plus vite les blessures: vivant il eût fait prévaloir des solutions de réconciliation et d’oubli. Mais le geste d’un fanatique fit coïncider son assassinat avec la fin de cette affreuse guerre civile (14 avril 1865): la sagesse de Lincoln, sa magnanimité et sa largeur de vues manquèrent soudain aux États-Unis sortant de la guerre, comme quatre-vingts ans plus tard presque jour pour jour et dans des circonstances assez semblables, au début d’un nouveau mandat, Franklin Roosevelt fit défaut aux États-Unis victorieux dans la difficile tâche d’organiser la paix.» (Grousset et Léonard, id., p.1014).

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2016-05-11

§337 L’indépendance des États-Unis et leur expansion à l’ouest (1776-1899): X-68.

X-68 (§337):


L'armee de mer devant cité tiendra,

Puis partira sans faire longue allee,

Citoyens grande proye en terre prendra,

Retourner classe reprendre grand emblee.

 

NOTES: Vlaicu Ionescu nous invite à un essai prometteur de comprendre ces vers: « Notre quatrain commence par une allusion à la phase finale de la Guerre d’Indépendance.» (Ionescu, 1987, p.185).

 

Voici une description historique de la seconde phase de la guerre de l’indépendance américaine: « Le 2 mai 1780 était partie de Brest une armée de secours que Louis XVI envoyait aux Américains. Elle était de six mille hommes, commandée par le lieutenant général comte de Rochambeau, qui s'était distingué dans la guerre de Sept Ans. Le 11 juillet, elle arrivait sur les côtes de Rhode-Island et commençait à débarquer à Newport, où malheureusement elle resta immobilisée un an. Washington était paralysé par l'impuissance du Congrès à lui fournir des soldats et de l'argent. Les miliciens désertaient. Des régiments de Pennsylvanie se mutinaient, et les amis de la paix et de l'Angleterre complotaient. Un officier américain, Arnold, qui commandait à West-Point sur la rive droite de l'Hudson et tenait bloqué du côté de la terre dans New-York le général anglais Clinton, projetait de lui livrer ce « Gibraltar américain ». Il fut découvert à temps et s'enfuit; mais l'alarme avait été chaude. Au sud, le général anglais Cornwallis avait battu l'Américain Green à Guilford dans la Caroline septentrionale, le 15 mars 1781, et pénétré dans la Virginie. Affaibli par sa marche et ses succès, il s'établit à Yorktown, dans une presqu'île, à l'entrée de la baie de Chesapeake, pour rester en communication avec la mer et les flottes anglaises. De Newport, Rochambeau avait fait une marche de 800 kilomètres pour rejoindre Washington et attaquer l’armée de Cornwallis. Il avait contourné New-York, où Clinton était enfermé. Arrivé le 2 septembre à Chester, à vingt kilomètres au sud de Philadelphie, il apprit que le marquis de Grasse, après des succès remportés aux Antilles sur les Anglais, avait débarqué 3 000 hommes au cap Henry, sur la côte sud du chenal d'entrée de la baie de Chesapeake. Cette petite armée avait fait jonction avec 1 500 hommes, que commandait La Fayette, et occupé Williamsbourg à l’ouest de Yorktown. Washington et Rochambeau arrivant par le nord complétèrent l’investissement du côté de terre. Grasse, ayant repoussé la flotte anglaise de Hood, le 5 septembre, était maître de la baie de Chesapeake et de la voie de la mer. Cornwallis était bloqué. Il ne put tenir contre un bombardement, et se rendit avec vingt-deux drapeaux, 160 pièces de canon, 6 000 hommes et 1 500 matelots, le 19 octobre 1781. La nouvelle causa en France un énorme enthousiasme. Les Anglais conservaient encore Charlestown, Savannah et New-York; mais l'impuissance de leur armée de terre était démontrée. En Angleterre, la consternation fut générale; lord North ne sut que dire: « Mon Dieu, tout est perdu! » Le ministère fut renversé et des négociations s'ouvrirent à Versailles. Une victoire remportée aux Antilles, entre la Dominique et les Saintes, par Rodney sur Grasse, qu'il fit prisonnier en avril 1782, ne changea rien au fond des choses.» (Carré et al., 1926c, p.114-115).

 

L'armee de mer devant cité tiendra: « En 1778, le général Henry Clinton, arrivant à la haute commande de l’armée anglaise, établit sa principale base à New York, après avoir repoussé Washington à Monmouth Court House. Jusqu’en 1781, il maintient une guerre plutôt défensive. C’est à cette action de résistance à New York que se réfère la première ligne du quatrain: « L'armee de mer devant cité tiendra ».» (Ionescu, id.);

 

« Nothing being gained by this attempt at conciliation, the British now proceeded to the prosecution of the war. Washington, aware that the enemy would advance to New York by way of Long Island, had intrenched a portion of the American army, nine thousand strong, at Brooklyn. On August 22nd [, 1776,] the English landed on the southern shore of Long Island, and advanced to within four miles of the American camp. On the 27th the British silently advanced at night by three several roads towards the American army. Clinton, proceeding by the eastern road, having seized an important defile, which through carelessness had been left unguarded, descended with the morning light into the plain and within sight of the American camp. General Sullivan, who had hastened out to meet them with a considerable force, had fallen in with Generals Grant and Heister, whilst Clinton, who by this time was safe on the plain, hastened forward and threw himself between Sullivan's corps and the American camp. The Americans attempted a retreat, but it was too late. The English drove them back upon Heister's Hessians, and thus locked in between two hostile armies, some few managed to escape, but the greater number were killed or taken prisoners. It was a disastrous day. The true number of the Americans killed was never ascertained; about a thousand were taken prisoners. The English lost only about four hundred. The victors, fifteen thousand strong, encamped directly opposite the American lines. Among the prisoners were General Sullivan and General Lord Stirling.» (HH, XXIII, p.256);

 

« Landing a considerable force in the city of New York, Washington, on the 12th of September [, 1776,], removed his headquarters to the heights of Harlem, seven miles above the city. The British fleet sailed up each side of Manhattan, or New York Island, on which New York stands; a battery was erected, and while the attention of the Americans was diverted by the fire from Howe's ships stationed in the East river and the Hudson, he landed his troops at Bloomingdale, about five miles above the city and only two from the American camp. Troops had been stationed to guard this landing; but seeing now the advantage gained by the alacrity of the English, they fled panic-stricken, without even firing a gun, as did also two New England brigades, in company with Washington, who had come down to view the ground. Washington, thus left undefended, except by his immediate attendants, within eighty paces of the enemy, was so distressed and excited by their dastardly conduct that he exclaimed, "Are these the men with whom I am to defend America?" His attendants turned his horse's head and hurried him from the field. The next day, a skirmish taking place at Harlem, the Americans retrieved their character in some degree, though it was with the loss of two able officers. The loyalists of New York received the British army with the utmost joy. A few nights after, a fire breaking out, which destroyed the largest church and about one third of the city, this disaster was attributed to " the sons of liberty," some of whom, seized on suspicion by the British soldiers, were

thrown into the flames. The fire, however, is supposed to have originated in accident. The utmost depression prevailed in the American camp at Harlem. There were no proper hospitals; the sick lay in barns and sheds, and even in the open air under walls and fences. The army was wasting away as a result of desertion and of the expiration of terms of service. To encourage enlistment a bounty of twenty dollars was offered, and grants of land were promised, but the results were discouraging. On the 28th of October a skirmish, the outcome of which was unfavourable to the Americans, occurred at White Plains; Washington then took up a much stronger position on the heights of North Castle...» (HH, XXIII, p.258);

 

« For three years had the British armies contended against the rebels. They held New York, Newport, Philadelphia, the lower banks of the Hudson [L'armee de mer devant cité tiendra ] and of the Delaware. This was all. Nothing had been, nothing, it must have almost seemed, could be, gained except upon the coast; the interior was untenable, if not unconquerable. And what had been lost? Twenty thousand troops, hundreds of vessels, millions of treasure; to say nothing of the colonial commerce, once so precious, and now so worthless. It might well strike the ministry that they must win back their colonies by some other means than war, especially if the French were to be parties in the strife. Accordingly, Lord North laid before parliament a bill renouncing the purpose of taxing America, and another providing for commissioners to bring about a reconciliation (February 17th) [, 1778,]. The bills were passed, and three commissioners were appointed to act with the military and the naval commanders in procuring the submission of the United States. To their proposals congress returned an answer on the anniversary of Bunker Hill, refusing to enter into any negotiations until the independence of the nation was recognised. Desirous of concentrating his forces before the French appeared in the field, Sir Henry Clinton, now the British commander-in-chief, evacuated Philadelphia (June 18th). Washington instantly set out in pursuit of the enemy. Coining up with them in a few days, he ordered General Lee, commanding the van of the army, to begin the attack in the morning. Lee began it by making a retreat, notwithstanding the remonstrances of La Fayette, who had held the command until within a few hours. But for Washington's coining up in time to arrest the flight of the troops under Lee, and to protect the advance of his own soldiers, the army would have been lost. As it was, he formed his line and drove the British from the field of Monmouth (June 28th). They stole away in the night, and reached New York with still more loss from desertion than from battle... The third and last period of the war extends from July, 1778, to January, 1784, five years and a half. Its characteristics are the alliance of the French with the Americans and the concentration of the more important operations in the Southern States... The operations in the north during the year were of altogether inferior importance. Washington could hold only a defensive attitude. A gallant party, under the gallant "Mad Anthony" Wayne, surprised the strong works which the British had constructed at Stony Point (July 15th), and, though obliged to evacuate them, destroyed them, and recovered the Hudson, that is, the part which had been recently taken from the Americans. The fortification of West Point was undertaken as an additional safeguard. Some months later, apprehensions of the French fleet induced the British commander to draw in his outposts on the Hudson and to evacuate Newport in October. These movements, effected without loss, or even collision, were the only ones of any strong bearing upon the issue of the war.» (HH, XXIII, p.268-271);

 

« The beginning of 1780 beheld large detachments from the British at New York, under Clinton, the commander-in-chief himself, on their way southward. Charleston, twice already assailed in vain, was the first object. The siege began April 11th, with five thousand British against fifteen hundred Americans; the numbers afterwards increasing to eight thousand on the British side and three thousand on the American. The naval forces of the attack and the defence were still more unequal. Lincoln, yet in command of the southern army, made a brave resistance, but was of course overpowered. The loss of Charleston (May 12th) was followed by the loss of the state, or the greater part of it. Three expeditions, the chief under Lord Cornwallis, penetrated into the interior without meeting any repulse. So complete was the prostration of South Carolina that Clinton returned to New York in June, leaving Cornwallis to retain and to extend the conquest which had been made.» (HH, XXIII, p.274);

 

« The German baron von Steuben [To Baron Steuben had been due the reform of the drill. It may be instructive to see how the Prussian officer had set about bringing this irregular force into something like military order, with the sanction of Washington. He drafted a hundred and twenty men from the line, as a guard for the chief-in-command. He drilled them himself twice a day... The sagacious German had his men at drill every morning at sunrise, and he soon made the colonels of regiments not ashamed of instructing their recruits.], collecting troops in Virginia at the time of the invasion, was afterwards joined by La Fayette, whose troops had been clad on their march at his expense. By sea, the French fleet was engaged in defending the coasts against the invader. It seemed as if the stranger were the only defender of Virginia and of America. But on the southern border was Greene, with his troops and his partisan allies. At the north was Washington, planning, acting, summoning troops from the states, and the French from Newport, to aid him in an attack upon New York, as the stronghold of the foe, until, convinced of the impossibility of securing the force required for such an enterprise, he resolved upon taking the command in Virginia (August 14th) [, 1781]. Thither he at once directed the greater part of his scanty troops, as well as of the French. The allied army was to be strengthened by the French fleet, and not merely by that of Newport, but by another and a larger fleet from the West Indies.» (HH, XXIII, p.278-279).

 

« THE SURRENDER AT YORKTOWN, AND END OF THE WAR

The British under Cornwallis were now within fortified lines at Yorktown and Gloucester (August lst-22nd [, 1781]). There they had retired under orders from the commander-in-chief at New York, who thought both that post and the Virginian conquests in danger from the increasing activity of the Americans, and especially the French. Little had been done in the field by Cornwallis. He had been most gallantly watched, and even pursued by La Fayette, whose praises for skill, as well as heroism, rang far and wide. Washington and the French general Rochambeau joined La Fayette at Williamsburg (September 14th). A great fleet under Count de Grasse was already in the Chesapeake. As soon as the land forces arrived, the siege of Yorktown was begun (September 28th). The result was certain. Washington had contrived to leave Sir Henry Clinton impressed with the idea that New York was still the main object [L'armee de mer devant cité tiendra]. Sir Henry, therefore, thought of no reinforcements for Cornwallis, until they were too late, until, indeed, they were out of the question in consequence of the naval superiority of the French. In fact, an expedition to lay waste the eastern part of Connecticut was occupying Clinton's mind. He placed the loyalists and the Hessians despatched for the purpose under the traitor Arnold, who succeeded in destroying New London in September. Thus there were but seven thousand five hundred British at Yorktown to resist nine thousand Americans and seven thousand French, besides the numerous fleet. In less than three weeks Cornwallis asked for terms (October 17th), and two days afterwards surrendered. The blow was decisive. The United States were transported. Government, army, people were for once united, for once elevated to the altitude of those noble spirits who, like Washington, had sustained the nation until the moment of victory. "The play is over," wrote La Fayette, "and the fifth act is just finished." "O God !" exclaimed Lord North, the English prime minister, on hearing of the event. "It is all over — all over !"» (HH, XXIII, p.279-280).

 

Puis partira sans faire longue allee: « Pendant ce temps, son subordonné, Lord Cornwallis, qui commandait les armées dans les régions du sud, entreprit, contre les recommandations de Clinton, des aventures guerrières un peu trop téméraires. Après avoir établi sa base à Yorktown, il refusa l’avis de Clinton de laisser seulement une garnison dans cette base et déplaça sa flotte vers New York. Ainsi il fut encerclé par les armées Françaises de l’amiral de Grasse et celles de Washington. L’expédition qui partit de New York pour le soutenir ne pouvant arriver à temps, Cornwallis fut obligé de se rendre (Octobre 1781). C’est à cette expédition des armées de Clinton, qui n’arriveront pas à sauver Cornwallis, que fait allusion la phrase: « Puis partira sans faire longue allee ».» (Ionescu, id.);

 

« On 22nd August [,1781,] British Lieutenant General Charles Cornwallis brought his army of 7, 200 men to Yorktown, Virginia, and began converting the river port into a fortified base. The move was shadowed by Major General Maria Joseph de Lafayette, who informed General George Washington. Washington was with the main American army in New York when he learned of the expected arrival in Chesapeake Bay of Rear Admiral François de Grasse with a French fleet and troops. Washington saw an opprtunity to trap Cornwallis. Gambling on de Grasse’s timely arrival, Washington and Lieutenant General Jean Baptiste Rochambeau, commander of the French force, began to move their armies to Virginia. To deceive the British and keep them pinned in New York, half the American army was left behind [L'armee de mer devant cité tiendra] while the rest joined Rochambeau’s force and moved toward Maryland ports on the bay. The victory of de Grasse in the Battle of the Capes on 5 September permitted the ferrying of Washington’s heavy artillery, troops, and supplies down the bay. By mid-September, nearly 16, 000 American and French soldiers were assembled, and on 28 September, they were only a mile from Yorktown. Cornwallis had built earthworks at Yorktown and across the river at Gloucester Point. He had been informed by Lieutenant General Henry Clinton that a second British fleet with reinforcements was being sent [L'armee de mer Puis partira sans faire longue allee], so he decided to hold Yorktown using the inner defenses. Accordingly, two days later the allies were surprised to find three of the British outposts abandoned. Allied artillery was rolled into these for the siege bombardment, and troops including French cavalry were sent to block the British positions on Gloucester Point... A fierce storm on the night of 16-17 October frustrated a desperate attempt by Cornwallis to evacuate his army to Gloucester Point. With no other choice, he sent a British officer at dawn with a drummer and white flag to ask for a truce. Surrender terms were agreed the next day, and on 19 October Cornwallis’s army marched out and laid down its arms. The end of the war was in sight.» (Grant, 2011, p.470).

 

Citoyens grande proye en terre prendra: « Le troisième vers parle des grands territoires que les Américains gagneront après la victoire, par le Traité de Paris (1783).» (Ionescu, id.). Quant aux termes: citoyen, citadin Ionescu commente que « Presque toujours quand un quatrain contient le mot « citoyen » ou « citadin » il se réfère à l’Amérique, le pays par excellence citadin, basé sur le « business » et l’industrie.» (Ionescu, id.), mais leurs emplois (8 fois en entier) mieux médités, signifient effectivement ‘Français’ (VII-22, III-6, X-81), ‘Américains’ (X-68, VII-19, VIII-74), ‘Italiens’ (IV-69), et ‘Allemands, Savoyards, Italiens’ (X-59).

 

Et quant au dernier vers il méconnaît, consciemment ou non, la nuance décisive d’expansion territoriale armée infailliblement exprimée dans les termes « classe (armée)», « reprendre (prendre plusieurs fois)» et « emblee (vol)», car il en dit que « Après cette Guerre d’Indépendance, ils retourneront leur attention vers l’Ouest (retourner classe), où ils élargiront beaucoup plus encore leur pays, moins par des guerres que par des manœuvres diplomatiques et commerciales (prendre grande emblée) en s’appuyant sur la définition d’un lexicographe du « vieux mot: embler = prendre le bien d’autrui par des manœuvres subtiles (Dict. de la Langue Françoise Anc. et Mod. de Pierre Richelet, Amst. 1732.)». Cependant, cette définition signifie tout simplement le sens le plus universel d’embler, c’est-à-dire voler en général, impliquant même celui de voler à main armée ! Cf. « emblee, s.f., vol.» (Godefroy); «  emblée, s.f.: vol(Daele).

 

Reprendre: = Prendre plusieurs fois: « RE-. Éléments qui expriment: ... la répétition...» (Petit Robert).

 

Voici les explications historiques plus impartiales que celles de l’auteur exilé aux États-Unis:

« LE MOUVEMENT VERS L’OUEST

Le grand mouvement d’expansion vers l’Ouest est un des plus grands faits de l’histoire des États-Unis, le plus lourd de conséquences sans doute avec le développement économique postérieur à 1865; il n’y a pas de chapitre plus original ni plus pittoresque. C’est une grande vérité à laquelle on ne prend pas toujours suffisamment garde, que les États-Unis ont été au siècle dernier [le XIXe] le premier peuple colonisateur: rien n’égale en importance l’occupation et le peuplement des ces vastes espaces. Pendant un siècle, de l’indépendance jusqu’aux années 1890, peuplement de l’Ouest et croissance des États-Unis ont marché du même pas: c’est en 1787 que la nouvelle constitution érige l’Union en entité politique; c’est également en 1787 que la grande Ordonnance du Nord-Ouest définit les principes qui vont régir l’avenir des territoires de l’Ouest. Les deux textes, contemporains, sont inséparables: ils sont les fondements de la grandeur américaine et portent dans leurs dispositions le germe d’une expansion illimitée. Cette charte de l’Ouest qu’est l’ordonnance de 1787 prévoit que des régions de l’Ouest pourront accéder au statut d’État jouissant d’une entière égalité de droits avec les treize États de l’Union, et règle les étapes de leur émancipation graduelle. Aucune mesure ne pouvait encourager plus efficacement l’afflux dans l’Ouest: par cette promesse d’égalité, les nouveaux arrivants avaient l’assurance de devenir un jour prochain citoyens complets d’un État souverain; c’était d’autre part l’intérêt évident des futurs États d’attirer les immigrants pour hâter de jour de leur entrée à égalité dans l’Union. A partir de 1792, cinq ans à peine après la promulgation de l’Ordonnance du Nort-Ouest, des étoiles nouvelles apparaissent dans le champ du drapeau fédéral et grossissent la constellation américaine: Kentucky (1792), Tennessee (1796), Ohio (1803).Voilà donc cette immense étendue de terres, des Alleghanies au Mississipi, propriété fédéral: la législation va préciser les règles d’aliénation de ces public lands. C’est vraiment la table rase où débute un monde neuf, sur laquelle édifier une société et une humanité nouvelles.» (Grousset et Léonard, 1958, p.996-999).

 

« Pourtant une hypothétique pèse sur ce territoire: bien que faiblement peuplé, il n’est pas absolument vide. Les Américains, même s’ils se conduisent en premiers occupants, n’y sont pas les premiers, d’autres y sont depuis des temps immémoriaux, les Indiens. Les chances sont minces d’un arrangement amiable aux termes duquel cohabiteraient les anciennes tribus et les nouveaux venus: leurs modes de vie entièrement différents rendent leurs intérêts inconciliables. Les Indiens vivent principalement de la chasse, ils suivent le gibier: bisons, animaux à fourrures, dans ses déplacements; ils ont besoin pour vivre de grands espaces de forêt ou de prairie. Les pionniers, au contraire, à l’exception de quelques trappeurs ou coureurs de bois, sont des sédentaires, même s’ils changent plusieurs fois de résidence au cours de leur existence: ils « font de la terre». C’est le traditionnel conflit entre nomade et sédentaire. Cette opposition de fond engendre une tension latente qui éclate par intermittences: les Indiens tombent à l’improviste sur quelques établissements; massacrent les occupants, incendient les bâtiments; milice et troupes fédérales exercent en représaille quelque opération punitive. La question indienne appelle une politique que mènent concurremment les États directement intéressés et le Bureau des Affaires indiennes du gouvernement fédéral. Par la négociation ou par la force elle tend au même résultat: l’éviction des Indiens. La négociation vise à les convaincre d’échanger leurs territoires habituels contre d’autres situés plus à l’ouest, si possible au-delà du Mississippi. De temps à autre, les Indiens, dépossédés, refusent soudain de s’exécuter, font face et se jettent sur les Américains. C’est alors la guerre, une petite guerre qui entretient les vertus combatives des milices et donne de la gloire à leurs chefs; c’est dans les opérations de cette stratégie limitée que les Jackson, les Harrison et leurs émules ont gagné leurs épaulettes. En 1826, le refoulement général des Indiens à l’ouest du Mississippi est décidé: du coup le problème indien est ajourné pour près d’un quart de siècle.» (Grousset et Léonard, id., p.999-1002).

 

« En 1803, Bonaparte vend à Jefferson la Louisiane récemment rétrocédée à la France par l’Espagne.» (Grousset et Léonard, id., p.1002); « The right of depositing merchandise at New Orleans, which had been granted to the citizens of the United States by the Spanish governor of Louisiana, in a late treaty, and which was absolutely necessary to the people of the Western states, was withdrawn this year, and caused a general agitation. A proposal was made in congress to take forcible possession of the whole province of Louisiana; but milder measures were adopted, and the right of deposit was restored. In the year 1800 Louisiana had been secretly ceded to France, and Jefferson, in 1802, opened a private correspondence with Robert R. Livingston, in Paris, on the subject of this cession. The United States had hitherto, he said, considered France as their natural friend, but the moment she became possessed of New Orleans, through which three-eighths of the produce of the Americans must pass, she would become their natural enemy. The case was different with a feeble and pacific power like Spain; but it would be impossible that France and the United States could continue friends when they met in so irritating a position; that the moment France took possession of New Orleans, the United States must ally themselves with Great Britain; and, he asked, was it worth while for such a short-lived possession of New Orleans for France to transfer such a weight into the scale of her enemy? He then artfully suggested the cession of New Orleans and the Floridas. In January, 1803, James Monroe was sent over to aid Livingston in the purchase of Florida; but instead of the purchase merely of New Orleans and the Floridas, as had been planned, they were able to effect that of all Louisiana, equal in extent to the whole previous territory of the United States. They owed their good fortune to the war which was so suddenly renewed between France and England, when the government of France, convinced that the possession of Louisiana would soon be wrested from her by the superior naval power of England, readily consented to make sale of it to a third power, and the rather, as the money was very acceptable at that time. For the trifling sum of $15,000,000 the United States became possessed of that vast extent of country embracing the present state of Louisiana, which was called “the territory of Orleans” as well as of “the district of Louisiana” embracing a large tract of country extending westward to Mexico and the Pacific Ocean. The treaty was concluded at Paris in 1803. The area of the country thus ceded was upwards of one million square miles, but all, excepting a small proportion, occupied by the Indians, its natural proprietors. Its inhabitants, chiefly French, or the descendants of the French, with a few Spanish creoles, Americans, English, and Germans, amounted to between eighty thousand and ninety thousand, including about forty thousand slaves.» (HH, XXIII, p.317-318).

 

« WAR OF 1812 The English historians have, as a class, little disagreement with the American upon the justice and the conduct of the War of Independence. They accept it as indirectly redounding to their own real benefit, and their pages glow with praise of Washington and other patriots. But in the accounts of what has been called " the second War of Independence " there is such fundamental discrepancy between the historians of the two countries that it seems hardly possible they are treating the same conflict. To the Americans the War of 1812 was a combat in which they had no choice; they were goaded into the struggle for very existence. The English historian remembers only the stupendous threat of Napoleon to convert all Europe into one empire; he remembers the overwhelming success of this personified ambition, upto the point where England alone offered up resistance; he remembers the life-and-death struggle of his country. And when he thinks of the United States at all, he can only remember that at this crisis of British existence the United States turned against its own mother country, and threw its armies and its ships into the scale on Napoleon's side... The bill declaring war between the United Kingdoms of Great Britain and Ireland and their dependencies, and the United States of America and their territories, was accompanied by a report, setting forth the causes that impelled to war, of which the following is a summary:

 

(1) For impressing American citizens, while sailing on the seas, the highway of nations, dragging them on board their ships of war, and forcing them to serve against nations in amity with the United States; and even to participate in aggressions on the rights of their fellow citizens when met on the high seas.

(2) Violating the rights and peace of our coasts and harbours, harassing our departing commerce, and wantonly spilling American blood, within our territorial jurisdiction.

(3) Plundering our commerce on every sea, under pretended blockades, not of harbours, ports, or places invested by adequate force, but of extended coasts, without the application of fleets to render them legal, and enforcing them from the date of their proclamation, thereby giving them virtually retrospective effect.

(4) Committing numberless spoliations on our ships and commerce, under her orders in council of various dates.

(5) Employing secret agents within the United States, with a view to subvert our government and dismember our union.

(6) Encouraging the Indian tribes to make war on the people of the United States.

 

The bill, reported by the committee of foreign relations, passed the house of representatives on the 4th of June, by a majority of thirty, in one hundred and twenty-eight votes, and was transmitted to the senate for its concurrence. In the senate it was passed by a majority of six, in thirty-two votes. On the 18th of June it received the approbation of the president, and on the next day was publicly announced.» (HH, XXIII, p.327-328);

 

« Andrew Jackson's victory at New Orleans Late in the summer preceding the Hartford convention [December 15th, 1814,] a British party landed at Pensacola, whose Spanish possessors were supposed to be inclined to side against the United States. An attack, in the early autumn, upon Fort Bowyer, thirty miles from Mobile, was repelled by the small but heroic garrison under Major Lawrence (September 15th[, 1814]). A month or two afterwards General Jackson advanced against Pensacola with a force so formidable that the British withdrew, Jackson then resigning the town to the Spanish authorities, and repairing to New Orleans, against which the enemy was believed to be preparing an expedition (November). There he busied himself in raising his forces and providing his defences, until the British arrived upon the coast. After capturing a feeble flotilla of the Americans, they began their advance against the capital of Louisiana (December). They were ten thousand and upwards; the Americans not more than half as numerous. Jackson, on learning of their approach, marched directly against them, surprising them in their camp by night, and dealing them a blow from which they hardly seem to have recovered (December 23rd). They soon, however, resumed the offensive under Sir Edward Pakenham, advancing thrice against the American lines, but thrice retreating. The last action goes by the name of the battle of New Orleans. It resulted in the defeat of the enemy, with the loss of Pakenham and two thousand besides, the Americans losing less than a hundred (January 8th, 1815). At the close of the battle some five hundred of the British rose unhurt from among the dead and gave themselves up as prisoners. To save their lives, they had dropped down and lain as if dead until the battle was over. The British retired to the sea, taking Fort Bowyer, the same that had resisted an attack the autumn before (February 12th). Louisiana had been nobly defended, and not by the energy of Jackson alone, nor by the resolution of her own people, but by the generous spirit with which the entire Southwest sent its sons to her rescue. Jackson had hesitated at nothing in defending New Orleans. Upon the approach of the British, he proclaimed martial law; he continued it after their departure. On the proclamation of peace, martial law was necessarily suspended. The war had not continued a year when the administration accepted an offer of Russian mediation, and despatched envoys to treat of peace. Great Britain declined the mediation of Russia, but offered to enter into negotiations either at London or at Gottenburg. The American government chose the latter place. But on the news of the triumph of Great Britain and her allies over Napoleon, the demands of the United States were sensibly modified. The administration and its party declared that the pacification of Europe did away with the very abuses of which America had to complain; in other words, that there would be no blockades or impressments in time of peace. Four months and a half elapsed before coming to terms. The British demands, especially on the point of retaining the conquests made during the war, were altogether inadmissible. A treaty was consequently framed at Ghent, restoring the conquests on either side, and providing commissioners to arrange the boundary and other minor questions between the nations (December 24th). The objects of the war, according to the declarations at its outbreak, were not mentioned in the articles by which it was closed; yet the United States did not hesitate to ratify the treaty (February 18th). » (HH, XXIII, p.338-340).

 

« En 1819, les États-Unis complètent leur façade maritime sur le Golfe du Mexique par l’acquisition des Florides espagnoles qui relient la Georgie à la Louisiane.» (Grousset et Léonard, id., p.1002); « THE SEMINOLE WAR AND ACQUISITION OF FLORIDA The new administration had but just opened, when the Seminole War, as it was styled, broke out with the Creeks of Georgia and Florida. Conflicts between the borderers and some of the Indians lingering in the territory ceded several years before led to a determination of the United States government to clear the country of the hostile tribes (November, 1817). A war, of course, ensued, beginning with massacres on both sides, and ending with a spoiling, burning, slaying expedition, half militia and half Indians, under General Andrew Jackson, the conqueror of the Creeks in the preceding war (March, 1818). On the pretext that the Spanish authorities countenanced the hostilities of the Indians, Jackson took St. Mark's and Pensacola, not without some ideas of seizing even St. Augustine. He also put to death, within the Spanish limits, two British subjects accused of stirring up the Indians (March, May), so that the war, though called the Seminole, might as well be called the Florida War. The Spanish minister protested against the invasion of the Florida Territory, of which the restitution was immediately ordered at Washington, though not without approbation of the course pursued by Jackson. Florida was a sore spot on more accounts than one. The old trouble of boundaries had never been settled; but that was a trifle compared with the later troubles arising from fugitive criminals, fugitive slaves, smugglers, pirates, and, as recently shown, Indians, to whom Florida furnished not only a refuge but a starting-point. The Spanish authorities, themselves by no means inclined to respect their neighbours of the United States, had no power to make others respect them. Former difficulties, especially those upon American indemnities, were not settled; while new ones had gathered in consequence of South American revolutions, and North American dispositions to side with the revolutionists. The proposal of an earlier time to purchase Florida was renewed by the United States. A treaty was concluded. On the payment of $5,000,000 by the American government to citizens who claimed indemnity from Spain, that power agreed to relinquish the Floridas, East and West (February 22nd, 1819). It was nearly two years, however, before Spain ratified the treaty, and fully two before Florida Territory formed a part of the United States (1821).» (HH, XXIII, p.346-347).

 

« Trente ans plus tard une nouvelle poussée d’expansion recule encore plus loin les frontières de l’Union. C’est au Nort-Ouest l’afflux des pionniers américains qui a finalement raison de l’obstination anglaise et tranche en faveur des États-Unis une compétition d’un quart de siècle sur l’Oregon (1846). Au Sud-Ouest, le Mexique est contraint par la défaite de reconnaître l’émancipation du Texas et de céder d’un coup le Nouveau-Mexique et la Californie (1848).» (Grousset et Léonard, id., p.1002);

 

« THE ANNEXATION OF TEXAS

Other states were organising themselves more peaceably. Arkansas, the first state admitted since Missouri (June 15th, 1836), was followed by Michigan (January 26th, 1837). Wisconsin, organised as a single territory (1836), was presently divided as Wisconsin and Iowa (1838). Then Iowa was admitted a state (March 3rd, 1845); again in 1846, but not actually entering until 1848. Florida also in 1845 became a member of the Union. All the while Texas remained the object of desire and of debate. The administration continued its negotiations, now with Mexico, deprecating the continuance of hostilities with Texas, and then again with Texas itself, proposing new motives of alliance and new means of annexation with the United States. President Tyler was strongly in favour of consummating the annexation. But the North was growing more and more adverse to the plan. The annexation of Texas was regarded as necessary to the interests of slavery, both in that country and in the United States. Not only was an immense market for slaves closed, but an immense refuge for slaves was opened, in case Texas should cease to be slaveholding. "Annexation," wrote John C. Calhoun, then secretary of state, " was forced on the government of the United States in self-defence" (April, 1844). Such, then, was the motive of the secretaries and the president, all southern men, and devotedly supported by the south, in striving for an addition to the slave-holding states in the shape of Texas. The more they strove on this ground, the more they were opposed in the free states. It was the Missouri battle over again. It was more than that: in that, said the North, we contended against the admission of one of our own territories, but in this contest we are fighting against the admission of a foreign state. Like all the other great differences of the nation, this difference concerning Texas was susceptible of compromise. Both senate and house united in joint resolutions (March 1st, 1845). Texas assented to the terms of the resolutions (July 4th), and was soon after formally enrolled amongst the United States of America (December 29th). The democratic party, espousing the project of annexation before it was fulfilled, carried the election of James K. Polk as president and George M. Dallas as vice-president. They found the annexation of Texas accomplished. But the consequences were yet to be seen and borne.» (HH, XXIII, p.369).

 

« WAR WITH MEXICO

Mexico had all along declared the annexation of Texas by the United States would be an act of hostility. As soon as congress resolved upon it, the Mexican minister at Washington demanded his passports (March 6th, 1845), and the Mexican government suspended intercourse with the envoy of the United States (April 2nd). The cause was the occupation of a state which they still claimed as a province of their own, notwithstanding it had been independent now for nine years, and as such recognised by several of the European powers in addition to the United States. With the United States, the preservation of Texas was not the only cause of war. Indeed, for the time, it was no cause at all, according to the administration. If there was any disposition to take up arms, it came from what the president styled " the system of insult and spoliation" under which Americans had long been suffering; merchants losing their property, and sailors their liberty, by seizures on Mexican waters and in Mexican ports. In spite of a treaty, now fourteen years old (1831), the wrongs complained of had continued. In annexing Texas, the United States government understood the territory to extend as far as the Rio Grande. For considering this the boundary there were two reasons: one, that the Texans had proclaimed it such; and the other, that it was apparently implied to be such in the treaty ceding the country west of the Sabine to Spain, a quarter of a century before. Accordingly, American troops were moved to Corpus Christi (August, 1845), and, six months afterwards (March, 1846), to the Rio Grande, with orders "to repel any invasion of the Texan territory which might be attempted by the Mexican forces." On the other side, Mexico protested altogether against the line of the Rio Grande. The river Nueces, according to Mexican authority, was the boundary of Texas. Even supposing Texas surrendered by the Mexicans, which it was not, they still retained the territory between the Nueces and the Rio Grande — a territory containing but few settlements, and those not Texan, but purely Mexican. In support of this position, the Mexican general Arista was ordered to cross the Rio Grande and defend the country against the invader (April, 1846).

 

« During these movements a mission was sent from the United States to Mexico (November, 1845). The minister went authorised to propose and to carry out an adjustment of all the difficulties between the two countries. But he was refused a hearing — the Mexican government, fresh from one of its revolutions, insisting that the question of Texas must be disposed of, and on Mexican terms, before entering upon any general negotiations. The bearer of the olive branch was obliged to return (March, 1846). As the American troops, some three thousand strong, under General Taylor, approached the Rio Grande, the inhabitants retired, at one place, Point Isabel, burning their dwellings. This certainly did not look much like being on American or on Texan ground. But Taylor, obedient to his orders, kept on, until he took post by the Rio Grande, opposite the Mexican town of Matamoros (March 28th, 1846). There, about a month later (April 24th), he was thus addressed by the Mexican general Arista: "Pressed and forced into war, we enter into a struggle which we cannot avoid without being unfaithful to what is most sacred to men." A Mexican force was simultaneously sent across the stream, to what the Americans considered their territory. A squadron of dragoons, sent by Taylor to reconnoitre the Mexicans, fell in with a much superior force, and, after a skirmish, surrendered. The next day but one, Taylor, as previously authorised by his government, called upon the states of Texas and Louisiana for five thousand volunteers. As soon as the news reached Washington, the president informed congress that "war exists, and exists by the act of Mexico herself" (May 11th). Congress took the same ground, and gave the president authority to call fifty thousand volunteers into the field (May 13tn). It was ten days later, but of course before any tidings of these proceedings could have been received, that Mexico made a formal declaration of war (May 23rd). The question as to which nation began hostilities must forever depend upon the question of the Texan boundary. If this was the river Nueces, the United States began war the summer before. If, on the contrary, it was the Rio Grande, the Mexicans, as President Polk asserted, were the aggressors. But there is no possible way of deciding which river it was that formed the actual boundary. The assertion of Mexico that it was the Nueces is as reasonable as the declaration of Texas, supported by the United States, that it was the Rio Grande...

The result of battles rather than of negotiations was a treaty signed at Guadalupe-Hidalgo, a suburb of the capital. By this instrument Mexico ceded the whole of Texas, New Mexico, and Upper California, while the United States agreed to surrender their other conquests, and to pay for those retained the sum of $15,000,000, besides assuming the old claims of their own citizens against Mexico to the amount of more than $3,000,000 (February 2nd, 1848)...» (HH, XXIII, p.370-376).

 

« Cinq ans plus tard, l’annexion d’une bande allongée à l’ouest du Rio Grande rectifie la frontière à l’avantage des États-Unis et leur assure de meilleures communications entre Texas et Californie» (Grousset et Léonard, id., p.1002-1003); « The foreign relations of the United States during the Pierce administration were marked by two events that had a more or less direct bearing on the domestic struggle for slavery extension. On June 30th, 1854, Mexico and the United States exchanged ratifications of a treaty by which the southwestern boundary was finally fixed, and the United States, upon payment of the sum of $10,000,000, gained the Mesilla valley, a district comprising about twenty million acres of land in the southern part of what is now Arizona and New Mexico. The district, known as the Gadsden Purchase, from James Gadsden, the American minister to Mexico who negotiated the settlement, was scarcely fit for cultivation. But at the North the acquisition was generally accepted as an indication of the steadily growing force of the idea of territorial aggrandisement, particularly in the direction where the regions acquired would be likely to be slave rather than free territory.» (HH, XXIII, p.392-393).

 

« Le territoire des États-Unis a désormais pris sa physionomie définitive. Entre 1803 et 1853, ils se sont immensément agrandis: leur croissance a ouvert au peuplement, d’un océan à l’autre, un champ grand comme les quatre cinquièmes de l’Europe. C’est dans ce cadre que se déroule, au cours du XIXe siècle, l’épopée du peuplement, une histoire quelquefois dramatique, souvent héroïque, toujours énergique et grandiose. Il arrive sur certains points que le peuplement devance l’annexion, comme en Oregon ou au Texas où il lui a frayé les voies; plus généralement, il est en retrait sur elle de dix, vingt ou trente années pour remplir le cadre tracé par la négociation ou la victoire.» (Grousset et Léonard, id., p.1003).

 

« L’émancipation du continent du joug européen peut se réaliser selon plusieurs modes. Sur plusieurs territoire, les États-Unis se substituent purement et simplement aux anciennes puissances coloniales; le transfert a lieu tantôt contre le paiement d’une somme à l’ancien propriétaire, tantôt au terme d’une guerre victorieuse. La première solution s’applique à la Louisiane cédée par Bonaparte (1803), à l’Alaska vendu par Alexandre II (1867), aux Antilles danoises (1917); de la seconde l’Espagne fait les frais en cédant Cuba et Porto Rico (1898).» (Grousset et Léonard, id., p.1033).

 

« Le développement de la puissance américaine pose des problèmes d’une entière nouveauté. L’anticolonialisme avait fait pendant près d’un siècle le fond de la politique de ces anciennes colonies: or voici que l’évolution des rapports de force, la poussée des intérêts, le sentiment d’une mission à l’agard des peuples moins civilisés les chargent peu à peu de la responsabilité de territoires extérieurs: vont-ils se muer en puissance impérialiste ? Leur expansion s’exerce en direction du Pacifique et de l’Extrême-Orient où elle prolonge en quelque sorte le traditionnel mouvement vers l’Ouest: la continuité est manifeste. Du jour où ils ont atteint la côte occidentale de l’Amérique, ils ont marqué leur intérêt pour le Pacifique: le sort de l’Oregon est fixé en 1846, la Californie entre dans l’Union en 1848 et c’est en 1853 que l’escadre du commodore Perry se présente devant les ports japonais pour obtenir l’ouverture du Japon à la navigation américaine. Dès lors l’attention aux pays riverains du Pacifique ne se démentira plus l’administration américaine défendra le principe l’égalité d’accès de toutes les puissances européennes au marché chinois. Entre le continent américain et l’Extrême-Orient, l’occupation d’une série de positions insulaires jette comme les piles d’un pont: en 1878, les États-Unis s’établissent aux îles Samoa, en 1898 aux Hawaiï. Les États-Unis deviennent une grande puissance du Pacifique. Et une grande puissance coloniale: leur victoire sur l’Espagne les dote brusquement d’un véritable empire colonial, Cuba et Porto-Rico dans la mer des Caraïbes, Guam et les Philippines dans le Pacifique. L’aire de leurs intérêts immédiats s’étend désormais bien au-delà de la limite des eaux territoriales. L’importance de l’événement peut nous paraître bien modeste comparée à ceux qui ont suivi: elle fut considérable en son temps. Décisif pour les États-Unis, il est la première défaite d’une nation européenne: on sait qu’il fut pour Paul Valéry le point de départ d’une méditation sur le sens de l’histoire et l’avenir de l’Europe dont il consigna les étapes dans Regards sur le monde actuel.» (Grousset et Léonard, id., p.1034-1035).

 

« Depuis la fin du XIXe siècle, un nouvel impérialisme était entré en scène. Les États-Unis ont achevé leur premier chemin de fer transcontinental et regardent vers les immenses marchés d’Extrême-Orient pour absorber le surplus de leur production. La victoire des Républicains aux élections de 1896 se traduit deux ans après par la guerre contre l’Espagne, l’annexion des Hawaii, des Philipines et de Guam. 1896 est l’année où les Philippins déclenchent leur insurrection nationale contre l’Espagne; Aguinaldo proclame la république en 1898 et entre en contact avec les Américains. Mais ceux-ci, après avoir détruit la flotte espagnole à Manille, se font céder l’archipel par l’Espagne pour vingt millions de dollars. Contre le nouvel occupant, les Philippins continuent une lutte désespérée, mais doivent, en 1902, déposer les armes. Deux ans auparavant, le sénateur Beveridge avait lancé la fameuse déclaration du « parti impérialiste »: Les Philippines sont nôtre toujours... Et juste au-delà des Philippines sont marchés illimités de la Chine. Nous ne nous retirerons ni des unes ni des autres. Notre plus grand commerce doit être avec l’Asie. Le Pacifique est notre océan. La Chine est notre client naturel... Les Philippines nous donnent une base aux seuil de tout l’Extrême-Orient.» (Grousset et Léonard, id., p.1494).

 

« Aux Samoa, pendant ce temps, se déroulait une âpre lutte d’influences entre Néo-Zélandais, Américains et Allemands. Les initiatives des représentants locaux de ces nations, et principalement, du consul allemand, auraient abouti à un conflit entre les navires de guerre des trois puissances si un cyclone ne les avait presque tous coulés bas dans le port d’Apia. Après un temps d’un régime monarchique sous un triple protectorat, l’anarchie provoquée par les querelles de succession et les difficultés extérieures de la Grande-Bretagne (Égypte, Transvaal) l’obligèrent à se retirer. En 1899 les Samoa furent partagées entre les États-Unis dont la flotte s’était annexé la rade de Pagopago, et l’Allemagne qui s’adjugea le plus gros morceau.» (Grousset et Léonard, id., p.1783-1784).

 

« Pendant que la France et l’Angleterre se querellaient courtoisement au sujet du sort des Nouvelles-Hébrides, deux impérialismes jeunes se aiguisaient leurs appétits. Aux îles Hawaï, la mainmise américaine répétait le scénario orchestré par Cécil Rhodes en Afrique du Sud. Le jour où les citoyens américains composèrent la majorité de la population et détinrent tous les leviers économiques, par les grandes plantations et le commerce, il n’y eu plus d’autre issue que l’annexion. Ce fut chose faite en 1898, après la déposition du roi polynésien et la proclamation d’une république blanche en 1893-1894.» (Grousset et Léonard, id., p.1782).

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2016-04-23

§336 La compagnie de Jésus expulsée de l’Europe (1759-1767): I-99.

I-99 (§336):


Le grand monarque que fera compaignie

Avecq deux roys unis par amitié:

O quel souspir fera la grand mesnie:

Enfants Narbon à l'entour quel pitie !

 

NOTES: Le grand monarque: = Louis XV. En fait, le seul emploi du grand Monarque avec une majuscule dans les Prophéties de Nostradamus signifie Louis le Grand (§322, IV-97), tandis que les trois autres emplois du grand monarque sans majuscule désignent par répercussion son successeur direct Louis XV (§333, V-38; §335, II-12; §336, I-99), avec une nuance forte d’ironie.

 

Le grand monarque que fera compaignie Avecq deux roys... = Le grand monarque qui fera compagnie Avec deux rois..., le pronom que remplaçant qui selon l’ancien usage: « As regards the relative pronoun, the most noteworthy feature is the use of que for qui in the nominative, first as a singular, and later as a plural pronoun as well.» (Rickard, p.70).  Cf. ung monarque qu'en paix & vie ne sera longuement (§490, I-4), Celui qu'aura la charge de destruire temples & sectes (§261, I-96), Le chef qu'aura conduit peuple infini (§428, I-98), L'arbre qu'avoit par long temps mort seché (§603, III-91) et aussi II-10, III-54, III-94, V-38, VI-15, VI-19, VIII-28, VIII-88, IX-29, X-10 et X-22.

 

La grand mesnie: = La grande famille = la compagnie de Jésus, le mot du premier vers « compaignie » suggérant en reflet cette société des religieux à souffrir des persécutions [O quel souspir fera la grand mesnie: Enfants Narbon à l'entour quel pitie !] par les trois souverains embrassant la même cause [(en) compagnie par amitié]. Mesnie = « mesniee, s.f., ménage, la maison qui abrite un ménage, ceux qui cohabitent avec un chef de famille, serviteurs, domestiques, gens de la maison, train, suite et compagnie d’un seigneur, ses hommes d’armes, ses troupes, train de maison, compagnie en général, race.» (Godefroy); « mesnie, var. orth. de maisnie.»; « maisnie, sf.: même sens que le suivant.» « maisniede > maisniee, sf.: famille – famille féodale, les vassaux du seigneur.» (Daele).

 

Voici les faits historiques à consulter pour comprendre ce quatrain: « Le despotisme éclairé: Il est bien évident que les souverains n’ont pas pris l’initiative de profondes réformes, au XVIIIe siècle, pour le seul amour de la philosophie: la pression démographique demandait des solutions urgentes. Bon nombre de souverains ont puisé ces solutions parmi celles qui étaient proposées par les philosophes et cela d’autant plus facilement qu’elles tendaient à renforcer leur pouvoir absolu. D’ailleurs le modèle pour ces souverains du XVIIIe siècle était Louis XIV, le monarque absolu par excellence. Voltaire ne proposait-il pas en exemple aux rois de son temps un Louis XIV absolu, mais éclairé ? Les philosophes, enfin, étaient anti-religieux et surtout hostile à l’Église romaine. Dans ce domaine aussi, les souverains n’augmenteraient-ils pas leur puissance dans la mesure où ils se dégageraient de l’autorité des papes ? D’ailleurs au XVIIIe siècle, ces souverains ne sont pas insensibles à l’opinion publique, et il leur plaît de voir les philosophes chanter leurs louanges. C’est sur le terrain religieux que les despotes éclairés catholiques sont le plus unanimes. Ils soutiennent les partisnas des doctrines hostiles à la prépondérance pontificale. Le jansénisme, dans la mesure où il représente une indépendance plus grande des Églises nationales à l’égard du Saint-Siège, fait des progrès en France où il est soutenu par les parlements, en Espagne et en Italie où il est officiellement enseigné à l’université de Pavie et protégé par le souverain de Toscane, ainsi qu’en Autriche. Le fébronianisme, qui va encore plus loin que le jansénisme puisqu’il tend à faire des souverains les véritables chefs du catholicisme dans chaque État, est accueilli avec faveur en Allemagne, en Italie, en France où il sert d’adjuvant au gallicanisme. Le richerisme qui professe la suprématie des conciles sur les papes et l’égalité des pouvoirs des prêtres et des évêques, connaît dans ces pays un égal succès. Toutes ces doctrines attaquent les jésuites, cette milice religieuse internationale obéissant passivement aux ordres du pape. Elles triomphent lorsque l’un après l’autre les souverains expulsent les jésuites de leurs États.» (Grousset et Léonard, 1958, p.312-313).

 

« En 1759, les jésuites accusés de complicité dans un attentat dirigé contre le roi du Portugal sont chassés; quatre-vingt-deux pères sont condamnés à mort et exécutés. Deux ans plus tard, en France, les parlements prennent prétexte de la faillite d’une affaire dirigé par le P. Lavalette, à la Martinique, pour dénoncer toute la Compagnie. Louis XV finit par supprimer la Société sur le territoire français. En 1767, le Roi Catholique, Charles III d’Espagne, imitait le Roi Très Chrétien. Ici on crut déceler l’influence des jésuites dans les émeutes qui avaient éclaté à Madrid l’année précédente. Dans la nuit du 31 mars au 1er avril, les deux mille sept cent quarante-six jésuites d’Espagne étaient arrêtés et embarqués pour l’Italie. Leurs collègues des possessions espagnoles du Nouveau Monde subirent le même sort. A Naples, où régnait le fils mineur de Charles III, une décision analogue est prise, et le duc de Parme, neveu du roi d’Espagne, imite son oncle. Le pape Clément XIV lui-même n’est élu au trône de saint Pierre, en 1769, que grâce à sa promesse de supprimer la Compagnie. Effectivement, le 21 juillet 1773, il prononce la dissolution de la Société « en quelque province, royaume et État... » Dans tous les États catholiques, les souverains profitèrent de la suppression des jésuites, soit économiquement en s’emparant de leurs biens, soit politiquement en augmentant leur pouvoir par la mainmise sur les collèges que dirigeaient les pères et par une indépendance accrue à l’égard du Saint-Siège.» (id., p.313-314).

 

« Dans le petit Portugal ce n’est pas tant le souverain José Ier mais son ministre Pombal qui orienta le pays sur la voie des réformes. Il fut le premier homme d’État européen à s’attaquer à la Compagnie de Jésus.» (id., p.325).

 

Deux roys unis: José Ier du Portugal et Charles III d’Espagne, leurs pays s’avoisinent dans la Péninsule ibérique.

 

Narbon: = Narbonne, ville du Midi, comme Narbõne (I-5), Narbõ. (I-72), Narbonne (IX-38), Narbon (IX-63) et Narbon (IX-64).

 

Enfants Narbon à l'entour: = Enfants alentour de Narbonne: = Les jésuites expulsés de la France, de l’Espagne et du Portugal, ces trois pays étant autour de Narbonne, ville du Midi.

 

Discussion::Vlaicu Ionescu (1987, p.492-494) veut déceler le thème de ce quatrain comme « L’accord du Camp David. L’assassinat d’Anwar Sadat. (6 Octobre, 1981)», où il identifia « le grand monarque » au président d’Égypte Anouar el-Sadate, et devait identifier « deux roys unis » au président des États-Unis Jimmy Carter et au premier ministre d’Israël Menahem Beguin, ces trois ayant eu rendez-vous au Camp David le 5 septembre 1978 pour l’accord. Mais, il peut y avoir trois arguments sévères contre son interprétation:

 

1° Son identification du « grand monarque » au président Sadate ne résiste pas à la méthode de la comparaison des textes de Nostradamus qu’il recommande fort assidûment pour déchiffrer ses énigmes (cf. Ionescu, 1976, p.549 note). Si nous l’appliquons au terme « le grand monarque » se trouvant seulement quatre fois dans ses Prophéties, nous découvrons que le seul emploi du grand Monarque avec une majuscule dans les Prophéties de Nostradamus signifie Louis le Grand (§322, IV-97), tandis que les trois autres emplois du grand monarque sans majuscule désignent par répercussion son successeur direct Louis XV (§333, V-38; §335, II-12; §336, I-99), avec une nuance forte d’ironie. Ionescu lui-même n’ose pas entamer les quatrains IV-97, V-38 et II-12.

 

2 ° Ionescu veut confirmer la prétention de Sadate que lui et son peuple sont d’origine noble en s’appuyant sur son anagramme peu vraisemblable: « NARBON = BONNAR = (de) BONNAiRe » où « aire », le vieux provençal, avait le sens de la famille, mais Sadate n’est pas de race noble en vérité: « Né le 25 décembre 1918 dans un village du Delta, Anouar el-Sadate est représentatif de la petite bourgeoisie égyptienne d’origine paysanne, pas assez riche pour briguer une carrière d’avovat ou de médecin, mais assez évoluée pour entrer au service de l’État...» (Trémolières IV, p.294).

 

3 ° Son peuple en gros n’était pas necessairement content de son œuvre de paix avec Israël: « Pour beaucoup, la paix obtenue par Anouar el-Sadate est incomplète, fragile et patronnée parfois maladroitement par les Américains. Le 6 octobre [1981], l’annonce de sa mort est accueillie dans les rues du Caire par des cris de joie.» (Trémolières IV, p.295). D’ailleurs, l’expression du Prophète: « la grand mesnie [famille]» n’est pas conforme au fait historique de l’état national d’Égypte au temps de Sadate.

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2016-04-20

§335 La compagnie de Jésus dissoute, son bien séquestré au temps de Louis XV (1764): II-12.

II-12 (§335):


Yeux clos, ouverts d'antique fantasie

L'habit des seuls seront mis à neant,

Le grand monarque chastiera leur frenesie:

Ravir des temples le tresor par devant.

 

NOTES: « LA DESTRUCTION DES JÉSUITES; LA RÉFORME DES COLLÈGES AU moment où la propagande philosophique battait son plein, des épisodes, simultanés ou successifs, se produisirent qui mirent aux prises les opinions et les passions contradictoires entre lesquelles le pays était partagé, et prirent l’importance d'événements historiques. Un des plus considérables, l’expulsion des Jésuites, eut pour cause un accident arrivé à un membre de la compagnie. Le Père La Valette était parti pour les Antilles, en 1741, comme missionnaire; pour éteindre les dettes contractées par la maison de l’Ordre à Saint-Pierre de la Martinique, et, sans doute aussi, obéissant à une vocation naturelle, il se mit à faire de l'agriculture et du commerce. Encouragé par le succès, il étendit ses operations; mais une épidémie enleva bon nombre des nègres qu'il employait à des défrichements, et, en 1755, il eut beaucoup à souffrir des captures de vaisseaux faites par les Anglais. Bref, il fut ruiné. Une maison de Marseille, la maison Gouffre et Lioncy, sa créancière pour 1 500 000 livres, fut entraînée dans sa perte, déposa son bilan en 1756, et attaqua, devant la juridiction consulaire, non les Jésuites de La Martinique, mais ceux de France, comme solidairement responsables. Elle gagna son procès. Les Pères en appelèrent au Parlement de Paris; c'était une grande imprudence; tout le Parlement n'était pas janséniste, mais les Jansénistes y donnaient le ton. Il y avait d'ailleurs accord préétabli entre le Jansénisme et le Parlement qui, avant qu'on parlât de Jansenius, détestait dans les Jésuites l’ultramontanisme. Puis les magistrats étaient ravis de montrer leur puissance, en engageant cette lutte sans l’agrément ou même contre l'agrénent du Roi, et de recevoir l'applaudissement du public. Leurs traditions, leur esprit de corps, leurs opinions, leurs croyances, leur intérêt se rencontraient dans cette affaire. Le 8 mai 1761, sur les conclusions de l’Avocat général Le Pelletier de Saint-Fargeau, le Parlement condamna les Jésuites: ils devaient rembourser ses créances à la maison Gouffre et Lioncy et lui verser, à titre de dommages-intérêts, 50 000 livres; défense leur était faite de se mêler à l'avenir d'aucun genre de trafic. Au Palais, la foule accueillit le prononcé du jugement avec des cris d'enthousiasme; les Jésuites présents furent couverts de huées, et le Premier Président et l’Avocat général portés en triomphe. Des inconnus s'embrassaient, comme si la France eût remporté une grande victoire.» (Carré, 1926a, p.319-321).

 

« Ce ne fut là qu'une entrée de jeu. Bien que le passif de La Valette ne s’élevât qu’à deux millions, le Parlement rendit contre l’Ordre un arrêt de saisie. Tous les créanciers des Jésuites firent aussitôt valoir leurs droits; le chiffre des créances montant à cinq millions, l’Ordre parut insolvable. Au cours du procès, le 17 avril, un conseiller de la Grand'Chambre, ardent janséniste, ambitieux de bruit et de renommée, ayant des liaisons à la Cour et avec l’Encyclopédie, l'abbé de Chauvelin, « en sa qualité de chrétien, de citoyen, et de magistrat », avait denoncé, aux Chambres assemblées les statuts et constitutions de la Société de Jésus « comme contenant des choses très singulières sur l’ordre public », et il en avait réclamé l’examen. La Cour avait ordonné qu'il en fût déposé, sous trois jours, un exemplaire au greffe; les Jésuites avaient obéi. Leur procès avec la maison Lioncy terminé, le Roi exigea du Parlement qu'il lui remît les « statuts et constitutions »; il voulait, disait-il, les faire examiner par son Conseil, et comptait que son Parlement ne statuerait pas à leur sujet. Les magistrats remirent au Roi un exemplaire des statuts, et, comme ils en avaient un autre, ils continuèrent de faire informer par les Gens du Roi. Au début de juillet, l’Avocat général Omer Joly de Fleury présenta et commenta en plusieurs séances les « Constitutions », et démontra que, d'après ces textes, le Général de l’Ordre était au-dessus des conciles, des papes, des evêques, des rois et de la justice; nul Jésuite ne pouvait, en matière civile ou criminelle, répondre aux magistrats sans l'autorisation de ce chef; et la puissance du personnage était d'autant plus redoutable que des hommes de toutes conditions, ecclésiastiques ou laïques, célibataires ou gens mariés, pouvaient s’affilier à l’Ordre et lui apporter le secours de leurs relations dans le monde. Omer Joly de Fleury insista sur le vœu d'obéissance des Jésuites et tira grand parti de ces paroles de saint Ignace:

 

« Laissons-nous surpasser par les autres religieux dans la pratique des jeûnes, des veilles et l'austérité de la vie; mais soyons plus parfaits que tous pour l'obéissance... Celui qui veut s'offrir entièrement à Dieu, outre sa volonté, doit encore lui sacrifier son esprit, son jugement; il doit non seulement vouloir ce que le supérieur veut, mais encore penser comme lui.»

 

Sur les conclusions de l'Avocat général, il fut ordonné qu'une commission examinerait les « Constitutions ». La chose était à ce point prévue que Chauvelin, nommé commissaire, se trouva presque aussitôt prêt à lire le rapport. Il avait eu pour collaborateurs l'abbé Terray, conseiller à la Grand’Chambre comme lui, et L'Averdy, homme intègre et grand travailleur, très influent aux Enquêtes, Janséniste passionné, dont la vie se passait à rédiger des mémoires contre les Jésuites. Chauvelin exposa qu’un homme qui s'affiliait à l’Ordre cessait par là même d'être sujet du Roi. Il rappela les théories des Jésuites sur le régicide, et l’assassinat de Henri III par Jacques Clément, Paris encouragé par eux à la résistance contre Henri IV, les conspirations où les Jésuites avaient trempé en Angleterre, en Pologne, en Carinthie, en Carniole et à Venise; il évoqua le souvenir de l’attentat de Damiens et de la tentative d'assassiner le roi de Portugal en 1758; il fit allusion aux persécutions contre les Jansénistes.» (Carré, id., p.321-322).

 

Seuls: = Célibataires.

 

L'habit des seuls seront mis ...: L’expression de ce genre avec l’accord matériel du sujet au singulier avec le verbe au pluriel se retrouve dans les quatrains III-78 (§328): « Le chef d'Escosse avec six d'Alemagne transverseront le Calpre & Hespagne.» et VIII-12 (§652): « L’abbe de Foix avec eux de saint morre feront la forbe abillez en vilan.»; cf. « M. le comte de Charolais, avec le duc de Gesvres et le marquis de Beauvau, qui devait porter la queue de son manteau, allèrent, dans un carrosse du Roi entouré de ses gardes, à Saint-Cloud.» (Saint-Simon, 1988, p.656).

 

« Comprenant que cette affaire donnait au Parlemeni un surcroît d'autorité, le Gouvernement essaya de mettre le holà. II ordonna aux supérieurs des maisons de Jésuites de remettre au greffe du Conseil tous leurs titres et pièces, et le Roi dit au Premier Président et au Procureur général qu’il entendait que le Parlement suspendît toute décision; mais, le 6 août 1761, sur la proposition de L'Averdy, furent condamnés au feu vingt-quatre ouvrages écrits par les Jésuites, comme destructifs de la morale chrétienne et attentatoires à la sûreté des citoyens, même des rois; il fut enjoint à tous étudiants, séminaristes ou novices, installés dans les collèges, pensions ou séminaires de la Société, d’en sortir avant le 1er octobre. Tout contrevenant serait exclu de tout grade universitaire, de tout office public, de toute charge municipale. Louis XV aurait dû prendre un parti net: ou laisser faire le Parlement, ou casser les arrêts. Choiseul lui proposait cette alternative, car plus le gouvernement, disait-il, hésiterait, plus les magistrats s'engageraient à fond. Louis XV parut d'abord vouloir procéder par rigueur; mais le Chancelier de Lamoignon l'amena à tergiverser, par crainte de voir le Parlement repousser une émission de rentes viagères. Sans improuver les arrêts, le Roi, par lettres patentes du 29 août 1761, ordonna de surseoir un an à l’exécution; mais les juges, en enregistrant les lettres patentes, le 7 septembre, se permirent de raccourcir ce délai et fixèrent au 1er avril 1762 la fermeture des collèges. Entre temps, les Jésuites protestaient de leur fidélité à la Couronne, et le haut clergé prenait parti pour eux. Quarante-cinq évêques déclaraient qu'on ne pouvait rien leur reprocher, ni sur la conduite, ni sur les doctrines. Le seul évêque de Soissons, Fitz-James, déclara la Société inutile et dangereuse; encore était-il le protecteur de l’Oratoire, ordre rival des Jésuites. Choiseul envoya à Rome le cardinal de Rochechouart, pour faire comprendre au Général que son autorité était incompatible avec les lois du royaume, et lui demander de nommer un vicaire qui résidât en France; il voulait une réponse immédiate. La transaction qu'il proposait fut repoussée. Alors le Roi essaya de sauver les Jésuites par un moyen-terme. Dans une Déclaration du 9 mars 1762, il ordonna qu’aucun ordre du Général ne serait exécutoire sans être revêtu de « lettres d'attache registrées », et que les Jésuites enseigneraient les quatre propositions de 1682 [sur les sentiments de l’église gallicane - cf. Martin, XIII, p.621-622], moyennant quoi il annulait les procédure déjà faites contre eux. Il espérait que le Parlement accepterait la Déclaration; mais le Parlement nomma des commissaires pour l'examiner, ne les pressa pas de lui rendre compte, poursuivit ses procédures et gagna ainsi le 1er avril 1762. Alors l'arrêt ordonnant la fermeture des établissements des Jésuites fut exécuté dans tout le ressort. Puis un arrêt du 6 août 1762 supprima la société elle-même. Ses biens furent mis sous séquestre [Ravir des temples le tresor par devant] et les Pères dispersés; défense fut faite à ceux-ci de porter l'habit de l'Ordre [L'habit des seuls seront mis à neant] et d'entretenir aucune correspondance à l'étranger. Pour acquérir des grades universitaires, posséder des bénéfices et remplir des offices publics, les écoliers sortis des collèges de Jésuites devront prêter serment de fidélité au Roi et jurer le respect des quatre articles de 1682. Les Pères seront incapables d'exercer aucune fonction ecclésiastique s'ils ne prêtent pas ce serment.» (Carré, id., p.322-323).

 

« Le Parlement a résumé, dans l'arrêt du 6 août, les raisons de 1a condamnation des Jésuites. II y avait eu, dit-il, abus relativement à la doctrine morale et pratique constamment et persévéramment enseignée. La dite doctrine était déclarée

 

« perverse, destructive de tout principe de religion et même de probité, injurieuse à la morale chrétienne, pernicieuse à la société civile, séditieuse, attentatoire aux droits et à la nature de la puissance royale, à la sûreté même de la personne sacrée des souverains, et à l'obéissance des sujets, propre à exciter les plus grands troubles dans les États, à former et entretenir la plus profonde corruption dans le ur des hommes.»

 

Les redacteurs de l'arrêt avaient fait, dans les considerants, de nombreux emprunts aux Extraits, parus en 1762, des assertions dangereuses et pernicieuses en tous genres que les soi-disant Jésuites ont dans tous les temps et persévéramment soutenues, enseignées et publiées dans leurs livres, avec l’approbation de leurs supérieurs et généraux. Cette compilation avait été composée par les jansénistes Goujet, Minard, Roussel de La Tour et le président Rolland d'Erceville, qui fut le bailleur de fonds. On y avait rassemblé, en mettant en regard des textes latins une traduction française, tout ce que des Pères avaient écrit de contraire à l'autorité des Rois, tout ce qu'il y avait d'immoral ou de risible chez leurs auteurs les plus vieillis. Le catéchisme du Père Pomey leur avait fourni, sur les joies du Paradis, des détails bizarres [Yeux ouverts d'antique fantasie], dont les incrédules faisaient gorge chaude.

 

Par devant: = Ouvertement.


Le grand monarque: = Louis XV. En fait, le seul emploi du grand Monarque avec une majuscule dans les Prophéties de Nostradamus signifie Louis le Grand (§322, IV-97), tandis que les trois autres emplois du grand monarque sans majuscule désignent par répercussion son successeur direct Louis XV (§333, V-38; §335, II-12; §336, I-99), avec une nuance forte d’ironie.
 

« Le Roi ne crut pas pouvoir résister à la magistrature que soutenait l’opinion générale. En février 1763 fut réglée la procédure à suivre pour vendre les biens des Jésuites [Ravir des temples le tresor par devant]; les revenus des bénéfices à leurs maisons furent attribués au « Bureau des économats », par lesquels le clergé subvenait à des œuvres d'assistance et d'enseignement. Le Parlement de Paris, le 22 février 1764, voulut exiger des Pères qu'ils reconnussent pour impies les doctrines contenues dans les Extraits des Assertions; comme ils refusèrent, il les condamna, le 9 mars, à quitter la France. Ce fut pour atténuer la rigueur de cet arrêt que le Roi rendit l’édit de novembre 1764:

 

« Voulons et nous plaît qu'à l'avenir la Société des Jésuites n'ait plus lieu dans notre royaume, pays, terres et seigneuries de notre obéissance; permettant néanmoins à ceux qui étaient dans la dite société de vivre en particuliers dans nos États, sous 1'autorité spirituelle des ordinaires des lieux, en se conformant aux lois de notre royaume et se comportant en toutes choses comme nos bons et fidèles sujets. Voulons en outre que toutes procédures criminelles qui auraient été commencées à l'occasion de l’institut et Société des Jésuites, soit relativement à des ouvrages imprimés ou autrement, contre quelques personnes que ce soit, et de quelque état, qualité et condition qu'elles puissent être, circonstances et dépendances, soient et demeurent éteintes et assoupies, imposant silence à cet effet à notre Procureur général.» [Le grand monarque chastiera leur frenesie]

 

Si le Roi a consenti la « destruction » des Jésuites, c’est que tout le monde a donné contre eux, Parlementaires, Philosophes, courtisans. L'opinion ne leur était d'ailleurs pas moins hostile à l’étranger, par exemple en Portugal et dans les États bourboniens d'Espagne, de Naples et de Parme, qu'en France. Est-il vrai que Mme de Pompadour ait voulu, en prenant parti contre eux, se venger de l'opposition qu'ils lui firent quand elle prétendit devenir dame d'honneur de la Reine? et que Choiseul l'ait assistée pour lui plaire, et pour flatter les Philosophes et les Parlements? II semble bien que Choiseul et la marquise aient laissé faire les choses, et que tout au plus ils y aient aidé. Le Parlement n'avait pas besoin d'être excité contre des religieux dont il était depuis longtemps l'adversaire et l'ennemi.» (Carré, id., p.322-326).

 

« Les Philosophes et les Parlementaires avaient ensemble combattu contre l’Ordre. Ceux-ci triomphaient, mais ceux-là s’amusaient aux dépens de leurs alliés, qui se croyaient les grands vainqueurs. D'Alembert, écrivant à Voltaire, disait des Parlements: « Ce sont les exécuteurs de la haute justice pour la philosophie, dont ils prennent les ordres, sans le savoir ». Dans son écrit Sur la Destruction des Jésuites, d'Alembert leur disait leur fait, par une comparaison entre les Jésuites et les Jansénistes:

 

« Entre ces deux sectes, l’une et l'autre méchantes et pernicieuses, si l’on était forcé de choisir, en leur supposant un même degré de pouvoir, la société qu'on vient d'expulser serait la moins tyrannique. Les Jésuites, gens accommodants, pourvu qu'on ne se déclare pas leur ennemi, permettent assez qu'on pense comme on voudra; les Jansénistes, sans égards comme sans lumières, veulent qu'on pense comme eux; s'ils étaient les maîtres, ils exerceraient sur les ouvrages, les esprits, les discours, les mœrs, l'inquisition la plus violente.»

 

A présent que les Jésuites, troupes régulières et disciplinées, étaient détruits, d'Alembert pensait que la philosophie aurait raison de ces « cosaques », de ces « pandours » de jansénistes. Quant à Voltaire, il raconte, dans une lettre du 25 février 1763, qu’il a procédé chez lui au jugement des Jésuites:

 

« II y en avait trois chez moi, ces jours passés, avec une nombreuse compagnie. Je m'établis premier Président, je leur fis prêter serment de signer les propositions de 1682, de détester la doctrine du régicide, du probabilisme,... d'obéir au Roi plutôt qu'au Pape...; après quoi je prononçai: La Cour, sans avoir égard à tous les fatras qu'on vient d'écrire contre vous, et à toutes les sottises que vous avez écrites depuis deux cent cinquante ans, vous déclare innocents de tout ce que les parlements disent contre vous aujourd'hui, et vous déclare coupables de ce qu'ils ne disent pas; elle vous condamne à être lapidés avec des pierres de Port-Royal, sur le tombeau d'Arnauld.»» (Carré, id., p.326-327).

 

« Le premier usage que fit le Parlement de sa victoire fut de mettre la main sur les collèges d'où les Jésuites avaient été expulsés. Les Jésuites avaient une centaine de Collèges, dont trente-huit dans le seul ressort du Parlement de Paris. Comme toutes les congrégations à qui les évêques et les villes confiaient des Collèges, ils avaient enseigné à peu près sans contrôle. Or, l'occasion se présentait pour la magistrature d'intervenir dans l'administration de ces maisons. Les Parlements, qui jouissaient du droit de déléguer leurs procureurs généraux pour les visiter, se mirent à préparer les plans d'une réforme de l’éducation. De tous côtés, d'ailleurs, des municipalités et des particuliers leur adressaient des mémoires à ce sujet. En février 1763, un édit du Roi attribua la direction des collèges à des « Bureaux d'administration »: « Dans les villes, où il y a Parlement ou Conseil supérieur, le Bureau sera composé de l'Archevêque ou Évêque qui y présidera, de notre Premier Président et notre Procureur Général en la Cour, des deux premiers officiers municipaux, de deux notables choisis par le Bureau et le principal du Collège, et, en cas d'absence de l'Archevêque ou de l'Évêque, il sera remplacé par un ecclésiastique qu'il aura choisi, et qui se placera après le Procureur Général. Dans les autres villes, le premicr de la justice royale ou seigneuriale, et celui qui sera chargé du ministère public, auront le droit de séance au Bureau; et l'ecclésiastique qui remplacera l'Archevêque ou Évêque, en cas d'absence, prendra place après celui qui présidera.» Les Bureaux d'administration nommeront les principaux et les professeurs; ils auront aussi le droit de les révoquer; ils administreront les biens communs et arrêteront les programmes d’enseignement. On vit alors se produire un très curieux effort pour réformer la vieille éducation scolaire et l’approprier aux besoins d'une société qui se transformait. Les Philosophes et les Parlementaires s'accordèrent pour la réclamer. Les Philosophes reprochaient aux Jésuites d'être demeurés attachés aux vieilles méhodes, sans tenir compte d'idées et de méthodes nouvelles, que les Jansénistes avaient appliquées dans leurs petites écoles, et les Oratoriens, et même les Universités, dans leurs Collèges. Les Pères enseignaient le latin par des grammaires écrites en latin, et l’on parlait latin dans leurs classes. En dépit de Descartes et du cartésianisme, ils enseignaient la scolastique. Aucune place n'avait été faite par eux aux études modernes [Yeux clos, ouverts d’antique fantasie]. Voltaire, dans le Dictionnaire philosophique, au mot ÉDUCATION, prête à un conseiller de Parlement ce jugement sur l'éducation par les Jésuites: « Lorsque j'entrai dans le monde, dit le Conseiller,... je ne savais ni si François Ier avait été fait prisonnier à Pavie, ni où est Pavie... Je ne connaissais ni les lois principales, ni les intérêts de ma patrie; pas un mot de mathématiques, pas un mot de saine philosophie. Je savais du latin et des sottises.» D’Alembert, dans l’Encyclopédie, au mot COLLÈGE, accuse les Jésuites d’avoir produit « une nuée de versificateurs latins », et d'employer sept à huit ans à apprendre aux écoliers à parler pour ne rien dire.» (Carré, id., p.327-329).

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2016-04-14

§334 Louis XV et Mme de Pompadour (1745-1764): I-78.

I-78 (§334):


D'un chief viellard naistra sens hebete,

Degenerant par savoir & par armes

Le chef de Françe par sa sœur redouté:

Champs divisés, concedés aux gendarmes.

 

NOTES: Un chief [chef] viellard [vieillard]: = François de Neufville, duc de Villeroy, maréchal de France, gouverneur de Louis XV. « Le jeune Roi était parfaitement beau. II a, dit Madame, de grands yeux très noirs et de longs cils qui frisent, un joli teint, une charmante petite bouche, une longue et abondante chevelure, de petites joues rouges, une taille droite et bien prise, une très jolie main, de jolis pieds. Sa démarche est fière. On remarque qu'il met son chapeau comme le feu Roi. II danse bien. Adroit à tout ce qu'il fait, il commence déjà à tirer des faisans et des perdrix; il a une grande passion pour le tir. Ce bel enfant était adoré par tout le royaume. Dans les ruines et les scandales de la Régence, ce fut une consolation que d'espérer en lui. En 1721, après une grave maladie, sa guérison fut fêtée par des feux de joie, des bals en plein air, des banquets, des illuminations et des Te Deum. La foule s'amassa sous ses fenêtres, et l'appela par des acclamations. Comme presque tous les rois, Louis XV fut mal élevé. Sa gouvernante, Mme de Ventadour, autrefois galante, devenue dévote, obéissait à ses caprices, l’initiait aux pratiques de l’étiquette, et l'habituait à se regarder comme un être à part. Son gouverneur, le vieux Villeroy [un chief viellard], frivole et fat, engoué de ses titres et de ses habits, lui enseignait la politesse et les manières de Cour. Vrai type de courtisan, on lui a prêté ce mot: « II faut tenir le pot de chambre aux ministres, tant qu’ils sont en place, et le leur verser sur la tête, quand ils n’y sont plus ». Son amour pour le Roi se manifestait d’une façon singulière; il se donnait l’air de le protéger contre les intentions régicides du Régent. Il assistait à tous les repas de l’enfant, goûtait à tout ce qu’il buvait ou mangeait, et enfermait dans un buffet, dont il avait seul la clef, le pain et l’eau des repas. Un jour que le Régent voulut servir à l’enfant son café à la crème, Villeroy renversa la tasse, comme par mégarde, et en fit apporter une autre.» (Carré, 1926a, p.66-67).

 

D'un chief viellard naistra sens hebete [hébété], Degenerant par savoir & par armes [dégénérant relativement à savoir et à armes]: « L'éducation intellectuelle de Louis XV fut à peu près nulle. II avait peu de goût pour l'étude, et on craignait de lui fatiguer l’esprit. Son précepteur, Fleury, personnage insinuant et souple, ambitieux surtout de gagner le cœur du maître, faisait à peu près tout ce qu'il voulait. Quand il venait le trouver, pour lui donner sa leçon de latin, il apportait, dit le marquis d'Argenson, un Quinte-Curce et un jeu de cartes, et le livre demeurait ouvert longtemps à la même page. Pour Louis XV majeur, le Régent et Dubois firent composer des mémoires sur la politique, la guerre et les finances. S'il les a lus, il a dû surtout y goûter la démonstration de la puissance illimitée des rois. Sur le caractère du jeune Roi, les témoignages sont presque tous sévères. « II s'amuse, dit Marais, à faire des malices à toutes sortes de gens, coupant les cravates, les chemises, les habits, arrachant les perruques et les cannes, et donnant quelquefois de bons coups aux jeunes seigneurs qui l’approchent. » On raconte qu'il prenait plaisir à égorger des oiseaux; qu'un jour il tua une biche apprivoisée qui le caressait; qu'il n'aimait personne. Pourtant il paraît avoir eu de l'affection pour Fleury et pour le Régent, dont il pleura la mort. Saint-Simon le dépeint « très glorieux, très sensible, très susceptible là-dessus, où rien ne lui échappait, sans le montrer ». Au reste, cet enfant, mal élevé, mal instruit, est déjà ennuyé, blasé, indolent. Sous le charme des apparences, il est une personne inquiétante.» (Carré, id., p.67).

 

« LOUIS XV est « impénétrable et indéfinissable », dit D'Argenson; il a une « attitude impassible », ajoute le policier Mouhy. C'est d'abord qu'il est un timide; on dirait qu'il a « un sort sur la langue ». Quelquefois il veut parler et ne peut. Dans ses réponses aux harangues, les mots sortent péniblement; même aux présentations des dames à la cour, il est muet. Ses maîtresses, les sœurs de Nesles, l'aideront à vaincre « le sort »; mais il aimera toujours ceux qui parlent peu ou point et qui ne font pas de bruit. Il sait gré à Mme Amelot, femme du secrétaire d'État, de l'extrême embarras qu'elle ressent en sa présence; il la fait souper dans les « cabinets », ravi de trouver quelqu’un plus timide que lui. Il n'aime pas les nouveaux visages; la crainte d'en voir lui a fait garder des ministres plus longtemps qu'il n'aurait fallu. Il a des mouvements d'humeur qui peuvent, si on les contrarie, tourner en accès de fureur. Il a aussi des bizarreries d'hypocondriaque comme son oncle Philippe V d'Espagne. Il parle frequemment de maladies, d'opérations chirurgicales, de mort; il trouve une sorte de jouissance à demander aux vieillards et aux gens maladifs où ils comptent se faire enterrer. Un jour qu'il passe en voiture avec Mme de Pompadour auprès d'un cimetière, il fait arrêter, et envoie un écuyer voir s'il y a quelque tombe fraîchement remuée. A M. de Fontanieu qui saigne du nez, il dit froidement: « Prenez garde, Monsieur, à votre âge, c'est un avant-coureur de l'apoplexie ». Quand Mme de Chateauroux tombe malade à Reims, en 1744, il ne parle plus que du tombeau qu'il conviendra de lui élever. Au moment où le corps de Mme de Pompadour est emporté de Versailles, il se met à une fenêtre, tire sa montre et calcule l'heure à laquelle le convoi arrivera à Paris.

 

« Il a des idées et des mots qui déconcertent. Il s'amuse à lire à ses maîtresses les sermons de Bourdaloue. Il aurait écrit à son homme de confiance, Bertin, en 1758: « Ne placez pas sur le Roi; on dit que ce n'est pas sûr ». De Luynes raconte qu'en apprenant la mort de M. de Mailly, mari d’une de ses maîtresses, il alla l'annoncer à la Reine; comme le pauvre homme ne paraissait jamais à la Cour, la Reine demanda: « Quel Mailly? » Le Roi aurait répondu: « Le véritable. » Louis XV ne manque jamais de faire sa prière matin et soir, et, chaque jour, il entend la messe. Il a, dit Moufle d'Angerville, un livre d'heures « dont il ne lève pas les yeux, et le mouvement de ses lèvres marque qu'il en articule chaque mot. II assiste à vêpres, au sermon, au salut. Plein de vénération pour les ministres de la religion, il a en horreur les indévots. » II suit les processions, s'agenouille dans la rue sur le passage du viatique; mais ni la piété ni la crainte de l’enfer ne le préservèrent d’aucune sorte de vices.

 

« Louis XV n'eut qu'une grande qualité, la bravoure. Au siège de Menin, en 1744, il s'exposa comme un soldat, et dîna dans la tranchée. L’année suivante, à Fontenoi, la veille de la bataille, il chanta; quand l'action fut engagée, il se montra sensé et ferme au milieu d'un désarroi qui pouvait tout perdre. En face de l’ennemi on eût dit qu’il se transfigurait. Il fut fier d'être le premier roi de France qui, depuis la bataille de Poitiers, se fût mesuré avec les Anglais.

 

« Intelligent et sagace, il aurait fort bien pu gouverner par lui-même. Il en avait manifesté l'intention lors de la disgrâce de Bourbon, en 1726, et il la manifesta de nouveau après la mort de Fleury. Il déclara aux secrétaires d’État qu’il travaillerait avec eux, et ne mettrait personne entre eux et lui. Mais il ne tint pas sa promesse et la France fut gouvernée, comme dit Frédéric II, par des « rois subalternes », indépendants les uns des autres, et qui ne se communiquaient pas leurs affaires, les secrétaires d'État... Il n'y avait aucun accord entre ces hommes. Ils se jalousaient... Pour faire marcher ensemble ces personnages, il eût fallu la ferme volonté du maître. Louis XV ne se donna pas la peine de cette volonté. Il savait les ambitions et les intrigues de ses ministres; sans doute, il les méprisait. Chacun continuait donc à ne s’occuper que de ses affaires et de ses intérêts... Le Roi s'intéressait à ses affaires, mais à part lui, en cachette. Une des plus grandes bizarreries de ce personnage étrange, c'est qu'il se donna une police secrète et qu'il eut pour les affaires étrangères des agents particuliers. II avait un secret, « le secret du Roi ». Mais il ne faisait rien des renseignements qui lui parvenaient; il laissait commettre des erreurs et des fautes qu'il voyait telles. Sans doute il était paralysé par la timidité, par la paresse, et par l'ennui. L'ennui, ont dit les Goncourt, « frappe d'impuissance les dons heureux de sa nature; il réduit son intelligence à l’esprit, et il fait son esprit mordant, sceptique et stérile; il vieillit, désarme et éteint sa volonté; il étouffe sa conscience ». Presque étranger au gouvernement, Louis XV partageait son temps entre ses plaisirs. Il chassait avec frénésie, courait le cerf au moins trois fois la semaine, le chevreuil et le sanglier entre temps. En 1738, il prit, dit Luynes, cent dix cerfs avec une meute, quatre-vingt-dix-huit avec une autre, et il forma une troisieme meute.

 

« Le Roi, dit d'Argenson, fait véritablement un travail de chien pour ses chiens; dès le commencement de l’année, il arrange tout ce que les animaux feront jusqu'à la fin. Il a cinq ou six équipages de chiens.»

 

Il s'occupait à combiner la force de chasse et de marche des meutes. II calcule avec le plus grand soin leurs déplacements sur le calendrier et sur la carte.

 

« On prétend, ajoute d'Argenson, que Sa Majesté mènerait les finances et l’ordre de la guerre à bien moins de travail que tout ceci.»

 

Mais on était habitué à voir le Roi ne s'intéresser qu’à ce travail, si un jour il ne chassait pas, on disait: « Le Roi ne fait rien aujourd'hui».» (Carré, id., p.131-135).  

 

Sa sœur: = Mme de Pompadour comme « la surintendante des plaisirs du Roi » (Carré, id., p.221), qui dépasse l’être d’une maîtresse simple du Roi, pareil à sa sœur ou à son amie. « France was now governed by Madame de Pompadour. She was certainly a woman of talent. The empire which she held over Louis XV, long after her charms had ceased to fascinate him, proves this. She bound him, as she says herself, "in the chains of habit." Her boudoir became the council-chamber, the ministers her creatures. The king was present at each determination, but was spared the trouble of either thinking or speaking. It was Pompadour who appointed generals and bishops, proposed laws and plans of campaigns. When Madame de Pompadour became the mistress of Louis XV, she filled his whole existence. His every hour was taken up by her. The days, hitherto monotonous, now sped away. A thousand pleasures were devised by her to rid him of that eternity of ennui which used to intervene between sunrise and sunset. She never allowed him to relax into his old moodiness and even stirred him to work. Yet often would she draw him away from the thoughts of ministerial disputes, ambassadorial intrigues, and the cares of a kingdom. The profusion of individual gifts was one of the natural consequences of a luxury for which even the largest fortunes were insufficient. Not content with acquiring an enormous individual fortune, Madame de Pompadour threw money away without counting it. She became, as it was said, the canal for the royal favours, administering the royal benefits with an audacity which served her well, since she thus gained partisans for herself. Of the state she disposed as she disposed of the king. Towards France and the government she took the attitude of conqueror and parvenue. She had but one aim — to enchain Louis, to reign at Versailles by intrigue. She subjected the ministers little by little to her will, less for the desire to reign than to maintain her position. In the state she saw herself — herself alone. The king of Prussia gave her her true name — Cotillan I (Petticoat the First)... Madame de Pompadour was sufficiently acquainted with the king to recognise that mistresses were necessary to him. Her jealousy was vigilant and furious to remove all who might supplant her in intellect or in conversation, while she lent herself willingly to the introduction into his presence of young girls from whom she believed she had nothing to fear. The marquis of Lugeac, nephew of Madame de Pompadour, joined with Lebel, valet to the king, in the infamous trade, and they were always sure of the support, at need, of the chief of police. Very soon Madame de Pompadour discovered that Louis XV found amusement in educating these young unfortunates. Children of from nine to twelve years, attracting the attention of the police by their beauty, were stolen from their mothers by numerous artifices, brought to Versailles, and kept in the most isolated and inaccessible apartments of the palace. There he passed hours among them. Each had two maids. The king continually amused himself by dressing them, and setting them writing exercises, so that many among them developed a handwriting exactly like his own. He was particularly careful to instruct them in the duties of religion; he taught them to read, to write, and to say their prayers, like any boarding-school master. He employed in their presence pious language; he even joined them on his knees at their prayers: and all the time, from the very beginning of this scrupulous education, he had destined them to dishonour. Madame de Pompadour, who pretended to see nothing of this her friend's manner of life [sa sœur], presented him, about 1753, with the charming retreat of The Hermitage, in the park of Versailles on the road to St. Germain. The building and the surrounding gardens had been constructed and planted for her in the most magnificent style, at the expense of the royal treasury; she pretended to be weary of it, wishing to give the king an opportunity to avoid publicity in his amorous rendezvous. Soon several splendid mansions were erected in the near-by enclosure called the Parc-aux-Cerfs. They were for the reception of young girls awaiting the pleasure of their master. These were cared for during confinement, but their children were always taken from them, and placed in religious houses; they never again saw their mothers, who, on their side, never again saw the King. The number of unfortunates admitted to the Parc-aux-Cerfs was enormous; on their departure they were married to knaves or fools, to whom they brought a comfortable dot. Some among them received very considerate treatment.» (HH, XII, p.50-55).

 

Le chef de Françe par sa sœur redouté: « La marquise devint comme un premier ministre et se débarrassa de ceux qui la gêgnaient. Orry, pour avoir refusa sa signature à des marchés de fournitures conclus par les Pâris, fut renvoyé en 1745. En 1749 ce fut le tour de Maurepas, pour avoir touché quelques mots au Roi du rôle politique de la marquise. Louis XV répéta la chose à sa maîtresse, qui feignit la crainte d'être empoisonnée par ses ennemis, comme on disait que l'avait été Mme de Châteauroux. Maurepas, d’ailleurs, était soupçonné de composer quelques-unes de ces chansons qui, répandues à Versailles et à Paris, atteignaient Mme de Pompadour « au plus intime de sa vanité ou de ses faiblesses, jusque dans les secrets de son corps, de sa santé, de son tempérament ». Au ministère restait un ami de Maurepas, le comte d'Argenson, qui avait la confiance du Roi, et aussi l'appui des dévots; la marquise lia partie avec le successeur d'Orry au contrôle général, Machault. Dans toutes les affaires du règne, on la retrouvera. Elle eut grande part aux affaires étrangères; elle tint pour la magistrature contre le clergé, pour les Philosophes contre les Jésuites, et contre les Jésuites encore pour les Jansénistes. Elle était l'ennemie de l'église, qui lui tenait rigueur.» (Carré, id., p.223-224).

 

Gendarme: « I. Ancienn. Homme de guerre à cheval, ayant sous ses ordres un certain nombre d’autres cavaliers. Par ext. Soldat en général.» (Petit Robert).  

 

Champs divisés, concedés aux gendarmes: = Conflits internationaux de la Guerre de Sept Ans aboutissant à la défaite de la France (1756-1763). « A cette date, un grand événement s'était accompli en Angleterre. Le crédit de Pitt avait été ébranlé par l'avènement de George III, le 27 octobre 1760. Le nouveau roi n'aimait pas le grand ministre; Pitt, qui continuait à se montrer intransigeant avec Bussy, auquel il disait, en août 1761, que « l'heureux moment de la paix » ne lui semblait pas encore venu, fut renversé le 5 octobre 1761. Lord Bute, son successeur, était d'humeur moins intraitable; mais il fallait qu'il comptât avec l'opinion anglaise, avec le parti militaire, avec le parti des marchands et du peuple dont Pitt était l'idole. L'intervention de l'Espagne fut un grand argument pour les partisans de la guerre, l’occasion s'offrant de ruiner la marine et le commerce de l'Espagne et d'attaquer les Indes espagnoles. En août 1762, les Anglais avaient conquis la Havane; pourquoi s'arrêter en si beau chemin? Cependant, le 3 novembre 1762, furent signés les préliminaires de Fontainebleau, qui devinrent, le 10 février 1763, le traité de Paris.

 

« La France recouvrait la Martinique, la Guadeloupe et Belle-Isle en échange de Minorque restituée à l'Angleterre. Elle obtenait, sous des conditions compliquées, stipulées en termes difficultueux, le droit de pêche à Terre-Neuve et les îlots de Saint-Pierre et de Miquelon. Elle cédait son empire des Indes, où elle ne gardait — et à condition de n’y pas lever de troupes — que les comptoirs de Chandernagor, Yanaon, Karikal, Mahé, Pondichéry. Elle cédait son empire d'Amérique, les îles de la Dominique, de Saint-Vincent, de Tabago, de Grenade et des Grenadines, le Canada, l’île du Cap-Breton, les îles du Saint-Laurent, la vallée de l’Ohio, la rive gauche du Mississipi. Pour recouvrer la Havane, l'Espagne céda aux Anglais la Floride; pour dédommager l'Espagne — ce fut le premier effet du pacte de famille, — la France lui donna la Louisiane. Enfin elle céda le Sénégal, où elle ne garda que l’île de Gorée. Quelques mois après, le 15 février 1763, le traité d'Hubertsbourg terminait la guerre continentale. Cette paix remettait les choses dans l'état d'avant la guerre. Le roi de Prusse, qui avait recouvré la Pomeranie, évacuée par la Suède, en vertu d'un traité conclu à Hambourg en mai 1762, garda la Silésie. Frédéric et l’Angleterre étaient les vainqueurs de cette grande guerre.

 

« La guerre de Sept Ans a fait la Prusse grande puissance allemande et grande puissance européenne. L'Angleterre est décidément la maîtresse des mers; la marine française, qu'elle a détruite, pourra renaître, mais quel concours de circonstances aurait-il fallu pour que la France reprît ses empires perdus? Ces circonstances ne devaient pas se présenter. En France, le sentiment national a été violemment offensé par tant de désastres, qui n'avaient pas même laissé l'honneur sauf. On applaudissait Frédéric; on le célébrait en vers et en prose; on faisait des chansons sur les ministres qui conduisaient la politique, sur les généraux qui conduisaient les armées, des chansons gaies même sur les désastres. C'est qu'on se désintéressait des faits et gestes d'un gouvernement et d'une Cour qui perdaient toute autorité, tout crédit sur la nation. On n'en ressentait pas moins vivement la diminution de la France dans le monde. On pensait ce qu'écrivit le cardinal de Bernis dans un jugement sur le rôle des divers États, avant et pendant la guerre: « Le nôtre a été extravagant et honteux ».» (Carré, id., p.287-288).

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2016-04-06

§333 Louis XV et ses maîtresses (1733-1764): V-38.

V-38 (§333):


Ce grand monarque qu'au mort succedera

Donnera vie illicite & lubrique:

Par nonchalance à tous concedera,

Qu'a la parfin fauldra la loy Salique.

 

NOTES: Qu'au mort succedera: = qui succedera au mort, le pronom relatif « qui » se remplaçant parfois par « que » chez Nostradamus selon les usages exceptionnels du 16e siècle: « As regards the relative pronoun, the most noteworthy feature is the use of que for qui in the nominative, first as a singular, and later as a plural pronoun as well.» (Rickard, p.70): Cf. ung monarque qu'en paix & vie ne sera longuement (§490, I-4), Celui qu'aura la charge de destruire temples & sectes (§261, I-96), Le chef qu'aura conduit peuple infini (§428, I-98), L'arbre qu'avoit par long temps mort seché (§603, III-91) et aussi I-99, II-10, III-54, III-94, VI-15, VI-19, VIII-28, VIII-88, IX-29, X-10 et X-22.

 

Ce grand monarque: « Louis XV, comme roi de France, comme héritier du pouvoir absolu et de l’influence dans le monde du grand roi Louis XIV, comme ayant possédé le pouvoir durant 60 années, Louis XV est GRAND MONARQUE.» (Torné-Chavigny, 1862, p.138). En fait, le seul emploi du grand Monarque avec une majuscule dans les Prophéties de Nostradamus signifie Louis le Grand (§322, IV-97), tandis que les trois autres emplois du grand monarque sans majuscule désignent par répercussion son successeur direct Louis XV (§333, V-38; §335, II-12; §336, I-99), avec une nuance forte d’ironie.

 

Le mort: Connnotant en même temps le roi mort en 1715, Louis XIV, et le dauphin, duc de Bretagne, mort le 8 mars 1712, ce qui fait du duc d’Anjou, frère du duc de Bretagne, le dernier dauphin de Louis XIV.

 

Ce grand monarque qu'au mort succedera: Louis XV succède à Louis XIV à sa mort en 1715, après avoir vu les morts des dauphins du grand roi en 1711 et en 1712. Cf. « poisson, bec de plongeon, Verra la queue: porte sera serrée » (§319, IV-17: Le dernier dauphin de Louis XIV (1712-1715)).

 

Ce grand monarque Donnera vie illicite & lubrique: « LES PREMIERES MAITRESSES; MESDAMES DE MAILLY, DE VINTIMILLE ET DE CHATEAUROUX  L'ÈRE des maîtresses, qui devaient être à la Cour et dans le gouvernement de bien plus importantes personnes qu'elles n'avaient été au temps de Louis XIV, commença discrètement en 1733. Que le Roi prît une maîtresse, cela ne pouvait être un objet de scandale pour ses sujets. « Sur vingt seigneurs de la Cour, dit l'avocat Barbier, il y en a quinze qui ne vivent point avec leurs femmes, et qui ont des maîtresses. Rien n'est même si commun à Paris, entre particuliers; il est donc ridicule de vouloir que le Roi, qui est bien le maître, soit de pire condition que ses sujets et que tous les rois ses prédécesseurs.» Les courtisans entreprirent donc de « déniaiser » Louis XV. Mme de Mailly, fille du marquis de Nesle, femme du comte Louis-Alexandre de Mailly, dame du palais de la Reine, se prêta au jeu. Elle avait trente ans, des yeux noirs et hardis, de l’entrain. Elle se promena dans les voitures du Roi, lui offrit le pied de cerf au retour des chasses, s'assit à côté de lui dans les soupers des cabinets, eut une place en vue au jeu et à la chapelle. Elle prit même une certaine influence, du jour où sa sœur, Pauline de Nesle, lui eut démontré la nécessité d’avoir un parti à la Cour. Elle fit nommer Belle-Isle ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire à la diète de Francfort et lui obtint une mission auprès des électeurs et des princes d'Empire; il y eut comme partie liée entre elle et Belle-Isle. Une fois la guerre engagée en Allemagne, le secrétaire d’État de la guerre, Breteuil, fit assez de cas d'elle pour l’instruire au jour le jour des événements, comme il en instruisait Fleury. Mme de Mailly s’était donné une rivale en la personne de cette sœur Pauline; elle l’avait présentée le 22 septembre 1738 au Roi, qui s’éprit d'elle, tout en gardant sa première maîtresse. Pauline était une grande fille laide, hardie, spirituelle, qui avait annoncé, dès le couvent, que le Roi l’aimerait et qu'elle gouvernerait la France et l’Europe. Le Roi la maria à un M. du Luc, marquis de Vintimille, petit-neveu de l’archevêque de Paris, la dota de 200 000 livres, et lui donna l'expectative d'une place de dame du palais de la Dauphine, avec 6 000 livres de pension et un logement à Versailles. Elle fut la forte tête de sa famille et la première maîtresse politique. Elle écrivit à Louis XV plus de deux mille lettres en deux ans et forma le projet, que reprendra plus tard la duchesse de Chateauroux, de tirer le Roi de son apathie [nonchalance], et de lui apprendre à vouloir. Elle seconda Belle-Isle dans sa politique anti-autrichienne et complota le renvoi du cardinal Fleury, qui la gênait. Mais, après avoir mis au monde un fils, elle mourut, le 9 septembre 1741.» (Carré, 1926a, p.139-140).

 

« Le Roi fut très ému de cette mort. II ne mangea ni le soir de la mort, ni le lendemain; il se laissa entraîner à la chasse, mais sans dire un mot à qui que ce fût. II semblait, dit le duc de Luynes, que les « réflexions de religion » amenassent en lui « un grand combat ». Peu à peu, Mme de Mailly le ressaisit. Pour distraire cet ennuyé [nonchalance], elle s’adjoignit ses trois jeunes sœurs, Mmes de Flavacourt, de Lauraguais et de La Tournelle. II ne paraît pas que Mme de Flavacourt soit devenue la maîresse du Roi; Mme de Lauraguais, au contraire, l'aurait séduit par sa gaîté et ses plaisanteries. « Grosse vilaine », courte et vulgaire, dit D'Argenson, elle s'amusait aux ridicules des gens, appelait Saint-Florentin « le cochon de lait », Orry « le hérisson », le comte d'Argenson « le veau qui tette », et Maurepas, « le chat qui file ». On la crut un moment à la veille d'être maîtresse en titre; mais cet honneur était réservé à Mme de la Tournelle. Mme de La Tournelle avait un teint éblouissant, de grands yeux bruns, des lèvres charnues et rouges, une démarche élégante et souple, de la majesté. Consante en la puissance de sa beauté, elle résolut de devenir la maîtresse du Roi à des conditions qu'elle dicterait. Le duc de Richelieu offrit de la servir; il composa les lettres d’amour qu’elle et le Roi échangèrent, et il traita de la capitulation de la dame comme il eût fait pour une place de guerre. Elle ne voulait entendre parler ni du petit logement, ni des soupers économiques de Mme de Mailly. Il lui fallait une maison montée, un carrosse à six chevaux, un brevet de duchesse et des rentes considérables. Elle exigea le renvoi de sa sœur. Elle eut tout ce qu'elle voulut; le 10 novembre 1742, elle parut à l'Opéra, dans la splendeur d'une « maîtresse déclarée ». Quelques jours auparavant, Mme de Mailly avait été chassée de Versailles. Le Parlement de Paris enregistra les lettres patentes qui faisaient don à Mme de La Tournelle du duché de Châteauroux, d’une valeur de 80 000 livres de rente. A la mort de Fleury, la duchesse de Châteauroux fut persuadée de jouer un rôle politique par le duc de Richelieu et par son associée en intrigue, Mme de Tencin. Le duc avait alors quarante-sept ans. Il brillait de l'éclat de son nom, de sa figure, de sa richesse et de sa bravoure. Aucun scrupule d'aucune sorte ne gênait son ambition. Mme de Tencin et Richelieu entreprirent donc de réveiller le Roi de son assoupissement [nonchalance] par le moyen de la favorite, qui serait pour eux un instrument de règne. Mme de Châteauroux entra dans leurs vues avec emportement; le Roi ne l'entendit plus parler que paix et guerre, ministres et parlements, intérêt des peuples et grandeur de l'État. Surpris, il se plaignait: « Vous me tuez, Madame! » Elle répondait: « Tant mieux, Sire, il faut qu'un roi ressuscite! » Le Roi ressuscita, en effct, mais Mme de Châteauroux n'eut pas à se louer de l’événement. Le 4 mai 1744, Louis XV partit pour l'armée de Flandre; la duchesse courut à Lille, où les soldats la chansonnèrent. Les Impériaux étant entrés en Alsace, au mois de juillet 1744, Louis XV partit pour Strasbourg; Mmes de Châteauroux et de Lauraguais l'accompagnaient; mais à Metz, il tomba malade, le 4 août, et se trouva presque tout de suite en danger de mort. La France entière en fut bouleversée. « On priait, on pleurait dans les églises; on assiégeait la poste pour avoir des nouvelles; on se portait au devant des courriers. » Le 12 août, le chirurgien La Peyronie déclara que le Roi n’en avait plus pour deux jours et il fallut songer aux derniers sacrements; mais l'évêque de Soissons, Fitz-James, ne voulut porter le viatique au mourant que si la « concubine » quittait la Lille. La duchesse reçut l’ordre de s'éloigner. Pour lui épargner les insultes, le gouverneur de Metz la fit monter dans un carrosse à ses armes, stores baissés. A Bar-le-Duc, on l'accabla d'outrages, on lui jeta de la boue; à La Ferté-sous-Jouarre, elle faillit être assommée. Louis XV cependant était revenu à la santé; il avait reçu avec attendrissement la Reine accourue à Metz, et lui avait demandé pardon des humiliations qu'il lui avait fait subir. Quant au Dauphin auquel il avait donné l’ordre de ne pas dépasser Châlons, et qui avait poussé jusqu'à Metz, il le reçut mal, croyant voir dans l'empressement de son fils l’impatience de lui succéder. II exila le gouverneur du Dauphin, Châtillon, pour avoir trop librement parlé et s'être cru trop tôt « maire du palais ». La nouvelle que le Roi était sauvé fut accueillie par des transports de joie dans tout le royaume. A Paris, le courrier qui l’apportait fut « entouré, caressé et presque étouffé par le peuple. On baisait ses bottes et son cheval. Des gens qui ne se connaissaient pas, se criaient, du plus loin qu'ils se voyaient: Le Roi est guéri! Ils se félicitaient et s'embrassaient. II n'y eut pas une société d’artisans qui ne fît chanter un Te Deum. Paris semblait « une enceinte immense pleine de fous ». Quand le Roi, au retour, rentra dans sa capitale, ce fut comme un « triomphe d'empereur romain ». Cependant Mme de Châteauroux sut bientôt que le Roi était inconsolable de l'avoir perdue. Elle acheta une maison de campagne à Puteaux, où elle le revit; elle exigea une rentrée en grâce éclatante. Mais, le 8 décembre 1744, elle mourut; ses partisans crurent qu'elle avait été empoisonnée et soupçonnèrent, sans raison, Maurepas, que l’on savait jaloux du crédit des maîtresses et engagé dans le parti de la famille. Mais la place de maîtresse du Roi ne devait pas demeurer longtemps vacante; la marquise de Pompadour va succéder à la duchesse de Châteauroux.» (Carré, id., p.140-142).

 

À tous concedera: = à tous [ses ministres] concedera: « LOUIS XV n'ayant jamais gouverné, les periodes de son règne sont marquées par les noms des personnes qui successivement conduisirent 1a politique du royaume. Après celles du Régent, du duc de Bourbon et du cardinal Fleury, ce fut la période de Mme de Pompadour.» (Carré, id., p.219).

 

Fauldra: Le futur de faillir (cf. Fontbrune, 1980, p.264); « faillir: manquer, faire défaut, finir, s’arrêter. - Fut. S. I [Ire personne du singulier] falrai, faldrai, faudrai, faurrai, faurai, etc. – ou: faillerai, etc., – ou faillirai, etc.» (Daele); « falloir, se confond pour la conjugaison avec faillir.» (Daele). Cf. II-49 (§84): « Terre faudra les poursuivants de fuite.», IV-14 (§189): « Que terre & mer faudra que lon le craigne », II-71 (§848): « Au point du jour les Celtes luy faudront.»; « FAILLIR. I. Vx. ou littér. Faire défaut, faire faute. II. (XVIe). Vx. FAILLIR À, DE : n’être pas loin de, être sur le point de faire qqch.» (Petit Robert). L’interprétation de Dufresne (1991, p.156-157, p.200-201; 1994, p.82-83; 1995, p.142-143) qui voit dans le mot « fauldra » falloir n’est pas fondée, car le verbe falloir est un impersonnel, dont le sujet indispensable « il » ne se trouve pas dans les quatrains en question. En fait, son Dictionnaire Nostradamus (1989b) ne réfère qu’à falloir les exemples faudra et faudront sans égard pour faillir. Le seul exemple du mot falloir avec le pronom « il » dans les Prophéties de Nostradamus se trouve dans le quatrain II-55 (§199): « Pendant qu’Hadrie verra ce qu’il falloyt » et l’unique exemple d’ellipse d’ « IL » d’après l’usage populaire du verbe impersonnel « FALLOIR » (Petit Robert) se trouve dans le quatrain II-3 (§99): « Quand Rod. & Gennes leur faudra le biscuit » = Quand [pour] Rod. & Gennes [il] leur faudra le biscuit ».

 

Fauldra la loy Salique: = La loy Salique est sur le point de faire défaut, à cause du règne effectif de France par Mme de Pompadour à la place du roi Louis XV pendant les années 1745-1764. « ... the Salic Law... was popularly associated with the minor clause barring women from ruling France. In this sense, the great political power of Pompadour and du Barry constituted a violation of the Salic Law.» (Leoni, 1982, p.645-646). Cf. « Du grand Monarque la ligne ne faillir (§ 322, IV-97).» « MADAME DE POMPADOUR La favorite dont le regne devait durer vingt ans, naquit en 1721. Son père, le sieur Poisson, était commissaire aux vivres; sa mère, « belle à miracle », avait eu, entre autres amants, dit-on, le fermier général Le Normant de Tournehem. Le Normant maria Jeanne-Antoinette Poisson à un sous-traitant, son neveu, du même nom que lui, auquel il donna le château d’Étioles. La jeune dame d’Étioles était, dit le lieutenant des chasses Leroy, « d'une taille au-dessus de l'ordinaire, svelte, aisée, souple, élégante; son visage était d’un ovale parfait, ses cheveux plutôt châtain clair que blonds »; « ses yeux avaient un charme particulier, qu'ils devaient peut-être à l'incertitude de leur couleur »; c’étaient des yeux gris. Elle avait « le nez parfaitement bien formé, la bouche charmante, les dents très belles », un « sourire dé1icieux », « la plus belle peau du monde ». Le plus célèbre portrait qui reste d'elle est un pastel de La Tour, le plus ressemblant serait la Belle Jardinière de Vanloo. Elle était très bonne actrice sur les scènes des salons, et jouait du clavecin à émouvoir ceux qui l'entendaient. Elle avait de l’esprit; à Étioles, ou dans son hôtel de la rue Croix-des-Petits-Champs, elle recevait les Philosophes: Voltaire se plaisait chez elle. Mme d'Étioles entreprit de devenir la maîtresse du Roi; elle lui fit dire qu’elle l'aimait, voltigea autour de lui, vêtue de rose, en phaéton « bleu », et inquiéta beaueoup Mme de Châteauroux. A la mort de celle-ci, les coteries se disputèrent l’honneur et le profit de fournir une maîtresse à Louis XV. Ce fut au moment du mariage du Dauphin, en mars 1745, que Mme d'Étioles assura sa victoire. Le mois d'après, elle prenait à Versailles l’appartement autrefois occupé par Mme de Mailly. Retirée à Étioles, pendant la campagne de Fontenoy, elle reçut du Roi, en quelques semaines, jusqu'à quatre-vingts lettres. Déclarée marquise de Pompadour, elle fut officiellement « présentée » à la Cour en septembre. La Reine, sous le regard des curieux accourus, garda sa bonne grâce et sa politesse habituelles; mais l’hostilité de la famille royale fut très vive, et aussi celle de beaueoup de courtisans, fâchés que la fonction de favorite fût enlevée à la noblesse et tombât dans la roture financière. A Versailles et à Paris, on chanta des chansons qu'on appella des « poissonnades ». C’était justement une des puissances de Mme de Pompadour que d’être une « financière ». La « fmance », enrichie dans la misère publique, toute brillante de luxe, courtisant les gens d'esprit et courtisée par eux, prévalait sur la noblesse ruinée; elle avait soutenu Mme d'Étioles, dans sa campagne d'amour. Pâris du Verney, qui avait employé Poisson dans ses bureaux, s'était toujours intéressé à sa fille. Or, il était sorti de disgrâce; la guerre de la succession d’Autriche avait fait de lui l'homme nécessaire. Il était munitionnaire, « vivrier »; mais il prétendait être, et il était en effet tout autre chose; en ordonnant la marche des convois, il déterminait celle des armées; il voulait des généraux qui fussent à sa discrétion. Ce « général des farines », comme on l’appelait, était secondé par son frère, Pâris de Montmartel, l’un des grands banquiers de l'Europe, qui fournissait des fonds aux armées. Quand Du Verney rencontrait quelque résistance à ses vues, il se retirait à son château de Plaisance, auprès de Charenton; la caisse de Montmartel se fermait aussitôt, et le contrôleur général ne savait plus comment subvenir aux dépenses des troupes. Vers la fin de la guerre de la Succession d'Autriche, Du Verney redevint ce qu'il avait été sous M. le Duc, le conseiller et l’inspirateur du pouvoir. Il fait, dit le marquis d'Argenson, « tout l’ouvrage politique, comme le militaire »; il « gouverne absolument trois départements du royaume: la finance, la guerre et les affaires étrangères ». Le Contrôleur Général et le secréaire d'État de la Guerre étaient en effet dans sa dépendance. Quant au secrétaire d’État des Affaires étrangères, Puysieulx, appelé au ministère en janvier 1747, c'était sa créature et celle de la marquise.» (Carré, id., p.219-221).

 

« La marquise se fit la surintendante des plaisirs du Roi. Pour amuser ce perpétuel ennuyé [nonchalance], elle installa dans une galerie de Versailles un théâtre où elle appela des acteurs et des chanteurs de la Comédie-Française et de l’Opéra... Une des façons qu'avait Louis XV de se distraire était de se promener de château en château. La marquise l'accompagnait dans les résidences royales et dans les siennes. Elle s'était fait donner le château de Crécy, près de Dreux, où elle avait aménagé un « cabinet d'assemblée » de cinquante pieds de long sur vingt-six de large, tout décoré de panneaux sculptés et de glaces... La plus belle demeure de la marquise fut celle que le Roi lui fit bâtir, le château de Bellevue. Construit sur un terrain sablonneux qu'il fallut défoncer jusqu'à cent vingt pieds pour poser les fondations, il coûta au moins deux millions et demi, et le public parla même de six millions. L'appartement du Roi était décoré par Van Loo, celui de la marquise par Boucher, celui du Dauphin et de la Dauphine par Vernet... Les continuelles allées et venues de Louis XV déconcertaient les ministres, et le public s'irritait des dépenses qu'elles occasionnaient...» (Carré, id., p.221-222).

 

« La marquise devint comme un premier ministre et se débarrassa de ceux qui la gêgnaient. Orry, pour avoir refusa sa signature à des marchés de fournitures conclus par les Pâris, fut renvoyé en 1745. En 1749 ce fut le tour de Maurepas, pour avoir touché quelques mots au Roi du rôle politique de la marquise. Louis XV répéta la chose à sa maîtresse, qui feignit la crainte d'être empoisonnée par ses ennemis, comme on disait que l'avait été Mme de Châteauroux. Maurepas, d’ailleurs, était soupçonné de composer quelques-unes de ces chansons qui, répandues à Versailles et à Paris, atteignaient Mme de Pompadour « au plus intime de sa vanité ou de ses faiblesses, jusque dans les secrets de son corps, de sa santé, de son tempérament ». Au ministère restait un ami de Maurepas, le comte d'Argenson, qui avait la confiance du Roi, et aussi l'appui des dévots; la marquise lia partie avec le successeur d'Orry au contrôle général, Machault. Dans toutes les affaires du règne, on la retrouvera. Elle eut grande part aux affaires étrangères; elle tint pour la magistrature contre le clergé, pour les Philosophes contre les Jésuites, et contre les Jésuites encore pour les Jansénistes. Elle était l'ennemie de l'église, qui lui tenait rigueur.» (Carré, id., p.223-224).

 

« PENDANT le gouvernement de Mme de Pompadour un secrétaire d'État, le comte d'Argenson, garda son indépendance. La disgrâce de Maurepas, loin de l’affaiblir dans le Conseil, l'y fortifia; grâce à la faveur royale dont il jouit pleinement, personne ne semblait pouvoir lui disputer la prééminence... Mme de Pompadour avait pour d'Argenson une « haine publique »; elle lui reprochait d'essayer de la confiner dans la direction des plaisirs du Roi. D'Argenson, pour se défendre, s'appuya sur les amis de la Reine et les dévots. D'ailleurs le Roi croyait ne pouvoir se passer de lui. Louis XV, en 1754, fit dire à la marquise par Mme de Soubise, qu'habitué au « travail » et aux « formes » du comte d'Argenson, il désirait qu'on ne le tourmentât plus à son sujet. Mme de Pompadour dissimula et attendit.» (Carré, id., p.226-229).

 

« ADMINISTRATION FINANCIERE DE MACHAULT (1745-1754) DE grandes réformes fiscales et sociales furent entreprises par Machault d'Arnouville. Machault naquit en 1701 d’une famille de robe. Il devint maître des requêtes en 1728, et, en 1743, intendant de Hainaut, fonction que la guerre et le voisinage de la frontière rendait difficile, et dont il s'acquitta bien. En 1745, il fut appelé au Contrôle général. Bien qu'il ne fût pas courtisan le moins du monde, mais très froid, sans agrément et sans grâce, et droit et probe, il sacrifia aux nécessitéés du moment et rechercha la faveur de Mme de Pompadour. Il avait des vues arrêtées et précises et une énergie tranquille à l'égard des préjugés. Machault, dit le marquis d'Argenson, s'avance au travers de tout, comme « les élagueurs d'allées »; il ne va qu' « à grands coups de faux »; il est entêté comme une « tête de fer ». Nullement théoricien, très pratique, il pense « qu'il faut diminuer les exempts (de tailles), soulager les taillables de quelques millions; que les pays d’États rendent moins au Roi que ceux d'élections; qu'il faut connaître les produits d'affaires par régie avant de les affermer à forfait; qu'il faut mépriser les financiers; que le Clergé est trop riche ».» (Carré, id., p.229).

 

« L’ATTENTAT DE DAMIENS ET LA DISGRACE DE MACHAULT ET DU COMTE D’ARGENSON (1757)  CE fut le 5 janvier 1757, à six heures du soir, que le Roi, montant en carrosse au château de Versailles pour aller souper à Trianon, fut frappé au flanc d’un coup de couteau. La blessure était légère, mais on craignit que l’arme ne fût empoisonnée; Louis XV se mit au lit et se confessa. L'archevêque de Paris ordonna des prières de quarante heures; les théâtres furenl fermés; mais le public se montra surtout curieux des détails de l’attentat. Le temps était loin où la crainte de perdre le Roi consternait la France. L'assassin, Damiens, ayant été garçon de salle chez les Jésuites, ceux-ci furent mis en cause dans des libelles. Le bruit courut ensuite qu’il avait servi des Jansénistes, des magistrats notamment, et ce fut le tour des Jansénistes et du Parlement d'être accusés de complicité. Damiens n'était qu'un déséquilibré; il n'avait pas voulu tuer le Roi, mais seulement le rappeler à ses devoirs. Le Gouvernement crut cependant à une conspiration, fit arrêter des ecclésiastiques, poursuivit des détenteurs d'écrits séditieux et des imprimeurs, envoya aux galères des libraires et des colporteurs et bannit quelques écrivains. L'assassin subit le supplice de Ravaillac, le 28 mars 1757. On lui brûla la main droite, on le tenailla; on versa du plomb fondu dans ses plaies; on l'écartela. Pendant cinq quarts d'heure, il demeura vivant, très courageux, sous les regards d'une foule immense qui emplissait la place de Grève et garnissait les fenêtres, les lucarnes et les toits. Le Roi, se croyant frappé à mort, avait ordonné au Dauphin de présider le Conseil; il avait demandé à la Reine pardon de ses torts envers elle. Les courtisans pensèrent que Mme de Pompadour était perdue. Machault se présenta chez elle, en effet, pour lui donner à entendre que le Roi désirait qu’elle s'éloignât; mais des amis de la marquise lui conseillèrent de demeurer. « M. de Machault vous trahit ", lui aurait dit alors la maréchale de Mirepoix, « il veut être le maître; et, pour perdre la partie, il vous suffit de la quitter ». La marquise attendit les événements; le Roi, sitôt qu'il fut rassuré, ne pensa plus à la congédier. Mais Machault paya cher ce que le parti Pompadour appelait sa trahison; le Roi lui écrivit le 1er février 1757:

 

« Les circonstances présentes m’obligent de vous redemander mes sceaux et la démission de votre Charge de secrétaire d'État de la Marine. Soyez toujours sûr de ma protection et de mon amitié. Si vous avez des grâces à me demander pour vos enfants, vous pouvez le faire en tout temps. II convient que vous restiez quelque temps à Arnouville. Je vous conserve votre pension de vingt mille livres et les honneurs de Garde des sceaux.»

 

Louis XV ne se séparait qu'à regret de Machault, qu'il aimait pour son intelligence et sa capacité. « Ils ont tant fait, écrivait-il le même jour, qu’ils m'ont forcé à renvoyer Machault, l'homme selon mon cœur: je ne m’en consolerai jamais.» En même temps que Machault, tomba le comte d’Argenson. La disgrâce de Machault faisait de lui le ministre prépondérant. Il voulut, pour être tout puissant, substituer auprès du Roi à la marquise, dont il était 1'ennemi, la comtesse d’Esparbès. « L'indécis est enfin décidé, aurait-il écrit à cette dame, le Garde des sceaux est renvoyé; vous allez revenir, ma chère amie, et nous serons les maîtres du tripot.» Il a nié l’authenticité de cette lettre; et peut-être fut-elle fabriquée; mais, après que Mme de Pompadour l'eut montrée au Roi, d'Argenson fut relégué à sa terre des Ormes. Peut-être bien, d'ailleurs, la principale raison du renvoi de deux ministres fut-elle que le Roi Louis XV, épouvanté de l’attentat de Damiens, crut bon de loigner du ministère les hommes qui avaient attiré sur eux le plus de haines: Machault, comme auteur du projet du vingtième, le comte d'Argenson comme chef du parti dévot. L'année 1757 vit encore, en juillet, le renvoi du secrétaire de l’État des Affaires étrangères, Rouillé. Louis XV ne donna pas de successeur à Machault comme Garde des sceaux, et tint lui-même les sceaux jusqu'en octobre 1761; mais, à la Marine, Machault fut remplacé par Peirenc de Moras; le comte d'Argenson le fut, à la Guerre, par le marquis de Paulmy, son neveu, qui céda lui-même la place au maréchal de Belle-Isle le 2 mars 1758. Le successeur de Rouillé devait être l'abbé de Bernis. Les ministres, disait le public, changent comme les décors de l’Opéra. La duchesse d'Orléans, chargeant quelqu'un d'aller à Versailles faire compliment à l’un d’eux, ajoutait: « Au moins sachez s'il y est encore ! » » (Carré, id., p.244-246).

 

« 1764. France. – Mort de Mme de Pompadour à Versailles, à quarante-deux ans (15 avril). – Par édit royal, suppression de la Société des Jésuites; ils pourront continuer à résider individuellement dans le royaume en se conformant aux lois (26 nov.).» (Dreyss).

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2016-03-08

§332 La guerre de la Succession de Pologne (1735-1738): X-46.

X-46 (§332):


Vie sort mort de LOR vilaine indigne,

Sera de Saxe non nouveau electeur,

De Brunsvic mandra d'amour signe,

Faulx le rendant au peuple seducteur. 

 

NOTES: Jean Guernon (Guernon, 2000, p.122-123) avance au juste le thème du quatrain comme « l’accession  de Frédéric-Auguste II, l’Électeur de Saxe, au trône de la Pologne sous le nom d’Auguste III par l’intervention russe armée de la tsarine », sans avoir suffisamment analysé ses vers en détail.

 

Vie sort mort de LOR: = Le duc de Lorraine François en vie sortira de ses anciens duchés de LORRAINE et de Bar tout en renonçant à eux [mort] pour les céder à Stanislas Leczinski, beau-père de Louis XV, et pour entrer souverain dans le Grand-duché de Toscane en 1737.

 

Vilaine indigne: = Une femme vilaine indigne = la tsarine de la Russie Anna: « La politique russe de cette époque [de 1715 à 1796] visant le littoral de la mer Noire et la péninsule des Balkans eut comme conséquence indirecte une ingérence de plus en plus grande dans la politique intérieure de la Pologne. C’est ainsi que, en 1733, sous la tsarine Anna, la Russie intervint en faveur de la candidature au trône de l’électeur de Saxe Auguste III, contre celle du protégé français Stanislas Leczynski, ce qui provoqua une rupture avec la France.» (Grousset et Léonard, 1958, p.819).

 

Non: La négation connotant en même temps le « nom » par homophonie.

 

Sera de Saxe non nouveau electeur: = Le nom « Auguste III » de l’électeur de Saxe Frédéric-Auguste II au trône de la Pologne en 1733 ne sera pas du tout nouveau, parce qu’il continue celui de son père « Auguste II »; « En 1733, Stanislas Leczynski, beau-père du roi de France Louis XV, fut élu roi, grâce à la pression de la France. Il était considéré par ses partisans comme le champion de l’indépendance nationale. Mais il dut s’enfuir de la capitale quand, trois semaines après son élection, les troupes russes, entrées à Varsovie, imposèrent comme roi le fils d’Auguste II qui prit le nom d’Auguste III et devait régner trente ans (de 1733 à 1763).» (Grousset et Léonard, id., p.827).

 

De Brunsvic: = Le roi d’Angleterre George II (1727-1760): « GEORGES-AUGUSTE, second du nom, duc de Brunswick, fils du précédent [George Ier], naquit en 1683, & succéda à son pere en 1727, dans ses états d’Angleterre & d’Allemagne.» (Feller).

 

mander: = « Transmettre, faire savoir par lettre, message.» (Petit Robert).

 

De Brunsvic mandra d'amour signe: = Le gouvernement anglais de Walpole sous George II, duc de Brunswick, persévère dans la neutralité absolue à l’égard de la guerre de succession de Pologne, ce qui peut s’énoncer en terme d’amitié [d'amour signe] envers l’un des belligérants: « The last session of the parliament chosen in 1727 was opened by the king on the 17th of January, 1734. The policy of a government anxious to maintain neutrality whilst other nations were at war, and at the same time to make it understood that a strong desire for peace was no symptom of national weakness, was never more emphatically expressed than in the words which Walpole put into the mouth of George II. A new quarrel had broken out in Europe upon the death, in 1733, of Augustus II [1697-1704; 1709-1733], king of Poland. Austria and Russia advocated the succession of his son. France supported the election of Stanislaus, who had been king [1704-1709] before Augustus. The war assumed a more general character, and revived some of the old disputes between France, Spain, and Austria. An army of French, Spaniards, and Sardinians overran Austria. Lombardy, Naples, and Sicily were invaded by Don Carlos, duke of Parma, the son of the queen of Spain; and the Austrians being unable to resist, he was crowned king of Naples and Sicily as Charles III. On the Rhine the war was conducted by Prince Eugene, still vigorous, against Marshal Berwick. The son of James II was killed at the siege of Philipsburg. The companion in arms of Marlborough held his ground in this campaign, and died two years after. The great merit of Sir Robert Walpole, in resolutely maintaining the policy of neutrality, may be better appreciated from the circumstance that the king and queen were opposed to his pacific views. George used daily to tell his minister that it was with the sword alone he desired to keep the balance of Europe. He could not bear the thought of growing old in peace, and rusting in the cabinet, whilst other princes were busied in war, and shining in the field. The observant vice-chamberlain says that the queen, with all her good sense, was as unmanageable as the king. "Wherever the interest of Germany and the honour of the empire were concerned, her thoughts and reasonings were often as German and imperial as if England had been out of the question." The perseverance of Walpole had its reward. He was odious at Vienna; but before the end of the summer of 1734, George said to his minister, "I have followed your advice, Walpole, in keeping quiet, contrary often to my own opinion and sometimes I have thought contrary even to my honour, but I am convinced you advised me well.” The king had discovered that overtures of friendship from all parties had been the result of the pacific policy of his minister; that as a possible mediator he was of more importance than as a rash belligerent. Walpole continuing firm in maintaining the neutrality of England, in conjunction with the states general, the emperor sent an emissary to London, to intrigue with some members of the opposition against the prime minister. Sir Robert detected the Austrian agent, and the abbé Strickland, bishop of Namur, was obliged to depart, although he had been graciously received at court. The pacific minister had an argument for the king and queen, which sounds like insular selfishness, but which insular common sense will always applaud: "There are fifty thousand men slain this year in Europe, and not one Englishman." Under the mediation of England and Holland, peace was concluded in 1735. By this pacification, France added Lorraine to her territory.» (HH, XX, p.545-546).

 

Seducteur: = séducteur, un être ambivalent, avec charme et horreur en même temps.

 

Faulx: = Le faut du signe d’amour de Brunsvic.

 

Faulx le rendant au peuple seducteur: = Auguste III de Pologne [le], qui voit une inaction de trahison [Faulx] dans la neutralité persévérante anglaise transmise en terme d’amitié pour lui [d’amour signe], cherche à se fortifier à l’intérieur par l’intolérance religieuse qui aboutit à opprimer les dissidents très nombreux [**] dans le pays avec l’ancienne tradition de tolérance, ce qui attire à son tour l’intérêt interventiste des étrangers [le rendant au peuple seducteur]: « La succession de Pologne déboucha sur une guerre européenne qui se termina par la renonciation au trône de Stanislas Leczynski. La Pologne connut alors sous Auguste III (1733-1763) une période de paix relatif, mais à l’intérieur, le liberum veto [selon lequel toutes les décisions importantes de la Diète doivent être prises à l’unanimité] continua à paralyser l’action du gouvernement. A cette époque, la Pologne abandonna peu à peu la politique de tolérance religieuse qui avait été la sienne depuis le XVIe siècle: les dissidents, protestants et orthodoxes, furent exclus des charges publiques. Cela devait fournir bientôt un prétexte supplémentaire aux pays voisins pour intervenir, la Prusse pour défendre les Protestants, la Russie pour défendre les Orthodoxes.» (Bogdan, 1990, p.110).

** « ... neuf millions de catholiques, dont quatre de rite grec (uniates), un million de juifs, cinq cent mille orthodoxes et deux cent mille protestants...» (Grousset et Léonard, id., p.828).

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2016-03-05

§331 L’armoirie du nouveau Grand-duc de la Toscane (2) (1737): V-3.

V-3 (§331):

Le successeur de la duché viendra,

Beaucoup plus oultre que la mer de Tosquane:

Gauloise branche la Florence tiendra,

Dans son giron d'accord nautique Rane.

 

NOTES: Michel Dufresne (Dufresne, 1995, p.72-73), après celle de Centurio (1953, p.110), nous donne une solution du quatrain à peu près complète en discernant son thème, identique à celui du quatrain V-39 (§330), comme « la prise en charge de cet état [de la Toscane] par une grande famille de France: François de Lorraine est d’abord contraint de renoncer à son duché ancestral et doit recevoir, en retour, celui de Toscane en 1737.»; un seul point à réviser concerne le dernier vers: Dans son giron d'accord nautique Rane, qu’il explique comme suit: « Le quatrième vers amène un défi de taille par sa référence à la « nautique Rane ». Mais, à cet égard, il faut comprendre que le mot « Rane » vient sans aucun doute du latin rana qui signifie « grenouille ». Or, on découvre que les Toscans modernes sont issus des Tyrrhéniens que Bacchus changea en grenouilles. On en déduit donc aisément que ce vers ferait état du fait que même les plus anciennes familles du pays donneraient leur aval à cette domination.» Cependant le vers énonce plutôt le fait concret de remaniement de l’armoirie du duc évincé de Lorraine François, depuis le Grand-duc de Toscane, par l’union des deux armoiries de la Lorraine et des Médicis en Toscane en introduisant les six tourteaux en émail symbolisant les Médicis en orle de son ancienne armoirie [son giron d'accord].

 

Or, la « nautique Rane » se réfère tout simplement aux deux bars d’or dans un giron des armoiries du duc de Lorraine et de Bar, qui se transfèrent tout naturellemnt dans les nouvelles armoiries du Grand-duc de Toscane en 1737; les deux bars sont les mémorials du Duché de Bar qu’il a gouverné avec celui de Lorraine: « Des préliminaires de paix furent établis le 3 octobre 1735. L'Autriche abandonnait les Deux-Siciles à l'Infant; Tortone et Novare, avec les fiefs impériaux de Langhe en Montferrat au roi de Sardaigne; elle cédait à Stanislas Leczinski les duchés de Bar et de Lorraine qui, après la mort de Stanislas, devaient revenir à la France; le duc François de Lorraine, fiancé à Marie-Thérèse d'Autriche, devait être indemnisé avec la Toscane dont le duc allait mourir sans postérité... Le duc de Lorraine signa enfin, le 15 février 1737, l’acte portant cession de son duché.» (Carré, 1926a, p.122).

 

« ... ce dernier [l’empereur Charles VI], qui avait fiancé sa fille et unique héritière, Marie-Thérèse, à qui il voulait assurer sa succession, avec le duc de Lorraine François, cédait à Stanislas, moyennant sa renonciation au trône de Pologne, la Lorraine et le Barrois, fiefs d’Empire; le duc de Lorraine recevait en compensation l’expectative du grand duché de Toscane, dont il prendrait possession à la mort du dernier des Médicis, Jean-Gaston. Après quelques protestations, le duc de Lorraine, dont le mariage fut célébré à Vienne le 12 février 1736, finit par céder; il renonça au Barrois le 13 décembre 1736, et à la Lorraine le 13 février 1737. Quelques mois plus tard, Jean-Gaston étant mort, il entra, en juillet 1737, en possession de la Toscane. Stanislas Leckzinski avait de son côté, signé avec Louis XV, le 30 septembre 1736, la convention de Meudon, qui lui accordait une pension annuelle de deux millions de livres; par cette convention, il s’engagea à laisser le gouvernement royal français percevoir les impositions et administrer les duchés par un intendant, sous le nom de chancelier; les nominations de fonctionnaires faites par Stanislas seraient soumises à la ratification royale...» (Mirot, 1980, p.265-266).

 

La duché: = « ducheé, s.f., duché.» (Godefroy).

 

Bar: « n.m. Poisson marin (Percidés) appelé loup pour sa voracité, à chair très estimée.» (Petit Robert).

 

Rane: du lat. « rāna, -ae f.: 1° grenouille; 2° baudroie.» (Ernout & Meillet).

 

Baudroie: « BAUDROIE. n.f. Grand poisson de mer (Pédiculés) à grosse tête surmontée de tentacules. On dit aussi Lotte de mer.» (Petit Robert).

 

Nautique: « adj. Relatif à la technique de la navigation.» (Petit Robert).

 

Nautique Rane: = Une baudroie navigant sur l’eau, l’image qui représente celle des deux bars qui sautent dans les armoiries du Grand-duc de la Toscane François continuant celles du duc évincé de Lorraine et de Bar. Cette image caractéristique des armoiries du duc de Lorraine et de Bar nous détermine à interpréter « Le successeur Gaulois de la duché de la Florence » comme n’être autre que François, le duc évincé de Lorraine et de Bar.

 

A proprement parler, l’explication de Dufresne sur la mythologie n’est pas suffisante, car ce sont en monstres marins (Torné-Chavigny, 1860, p.35) fort semblables aux dauphins identifiables avec baudroies (ranæ) que Bacchus transforma les matelots tyrrhéniens et ce n’est pas Bacchus, mais la déesse Latona qui changea les paysans lyciens en grenouilles (ranæ) comme le racontent les fables III, 7 et VI, 3 des Métamorphoses d’Ovide.

 

1° Fable III, 7: Penthée, après la métamorphose des matelots en dauphins (nautis in dolphinos versi), charge Bacchus de chaînes. — A cause de ce crime, il est mis en lambeaux par les Bacchantes: « Cependant les soldats reviennent couverts de sang. Leur maître [Penthée] leur demande où est Bacchus. Ils répondent qu'ils ne l'ont point vu. « Mais, ajoutent-ils, voici un de ses compagnons, un de ses ministres, que nous avons surpris célébrant ses mystères.» En même temps ils lui livrent, les mains liées derrière le dos, celui qui jadis avait quitté l'Étrurie (tyrrhena) pour suivre le dieu. Penthée jette sur lui des yeux irrités et terribles. « Fais-nous connaître ton nom, tes parents, ta patrie, et raconte-nous pourquoi tu célèbres des mystères nouveaux.» L'étranger lui répond sans se troubler: « Mon nom est Acétès, et la Méonie (Meonia) [**] ma patrie. Je suis né de parents obscurs. Mon père ne m'a laissé ni champs labourés par des taureaux vigoureux, ni brebis à la riche toison, ni troupeaux de bœufs. Il était pauvre lui-même. A l'aide de lignes et d'hameçons, il amorçait le poisson et le tirait vivant du sein des flots. Son industrie était toute sa fortune. Lorsqu'il m'eut instruit dans son art: « Reçois, me dit-il, les richesses que je possède, toi l'héritier et le suecesseur de mes travaux;» et, en mourant, il me laissa les eaux pour héritage: c'est tout ce que je puis appeler mon patrimoine. Bientôt, pour ne pas rester éternellement enchaîné aux mêmes rochers, j'appris à gouverner les navires avec la rame. J'observai l'astre pluvieux de la chèvre Amalthée, la constellation de Taygète, les Hyades, l'Ourse, les demeures des vents et les ports propices aux vaisseaux. Un jour, me dirigeant vers Délos, j'approche des côtes de Naxos, et la rame me conduit heureusement au rivage. Je m'élance d'un bond léger, et je foule le sable humide. La nuit s'écoule. Dès que l'Aurore ouvre ses portes vermeilles, je me lève, j'engage mes compagnons à apporter de l'eau vive, et je leur montre le sentier qui mène aux fontaines. J'étudie ce que présage le vent qui souffle de la hauteur voisine; j'appelle mes compagnons, et je reviens vers mon navire. « Nous voilà, » s'écrie Opheltès avant tous; et, fier de la proie qu'il a trouvée dans les champs déserts, il s'imagine conduire un enfant d'une beauté virginale, et qui, appesanti par le vin et le sommeil, semble chanceler et le suivre à peine. J'examine ses vêtements, sa figure, sa démarche. Je n'y remarque rien qui annonce un mortel. Je révélai alors mes pressentiments à mes compagnons: « Je ne sais, leur dis-je, quel dieu se cache sous les traits de cet inconnu; mais ils décèlent un dieu. Ah! qui que tu sois, sois-nous propice, soutiens-nous dans nos dangers, et pardonne à mes compagnons.» — « Cesse de prier pour nous,» s'écrie Dictys, le plus prompt à s'élancer aux antennes ou à se glisser le long des cordages. Libys, le blond Mélanthe qui dirige la proue, et Alcimédon applaudissent, ainsi qu'Épopée, qui commandait ou arrêtait le jeu des rames et encourageait les matelots. Tous les autres l'imitent: tant la soif du butin les aveugle! « Non, je ne souffrirai pas qu'un fardeau impie profane ce vaisseau, m'écriai-je; c'est à moi surtout qu'appartient ici le droit de commander.» Je me poste à l'entrée pour en défendre l'accès. La fureur s'empare de Lycabas, le plus audacieux des matelots, et qui, banni de l'Étrurie (tusca pulsus ab urbe), expiait dans l'exil un horrible homicide. Je résiste. D'un coup de poing vigoureux il me frappe à la gorge, et d'une secousse il m'eût jeté dans la mer, si, malgré mon étourdissement, je ne me fusse cramponné aux cordages. La troupe sacrilège approuve cette violence. Alors Bacchus (car c'était Bacchus), comme si les cris eussent interrompu son sommeil et rappelé sa raison ensevelie dans le vin: « Que faites-vous, dit-il, et pourquoi ces clameurs? Matelots, apprenez-moi comment je suis ici. Où voulez-vous me transporter? » — « Ne crains rien, réplique le pilote, et dis-moi dans quel port tu veux aborder: tu seras déposé où tu le désires.» — « Dirigez votre course vers Naxos, répond Bacchus. Là est ma demeure: vous y trouverez un sol hospitalier.» Leur bouche mensongère jure par la mer et par toutes les divinités que son vœu sera exaucé; et ils m'ordonnent d'abandonner la voile aux vents. Naxos était à droite; je dirigeai le vaisseau de ce côté. Chacun s'écrie: « Que fais-tu, insensé? Quel est ton aveuglement, Acétès? Tourne à gauche.» Les uns (c'était le plus grand nombre) m'indiquent leur pensée par des signes; les autres me l'expliquent à l'oreille. Immobile d'horreur: « Qu'un autre prenne le timon! » m'écriai-je; et je me dérobai à un ministère de crime et d'astuce. Tous me gourmandent, tous éclatent en murmures: « Notre salut va-t-il dépendre de toi seul? » me dit Éthalion, un des matelots. A l'instant il saisit le gouvernail, commande à ma place, et s'éloigne de Naxos pour gagner le rivage opposé. En ce moment le dieu, d'un air moqueur et comme s'il eût seulement alors découvert l'artifice, du haut de la poupe promène ses regards sur la mer; puis, feignant de pleurer: « Ce ne sont pas là, nochers, les rivages que vous m'avez promis; ce n'est pas la terre que j'ai demandée. Par quel crime ai-je mérité un pareil traitement? Jeunes et nombreux, quelle gloire trouvez-vous à tromper un entant? » Déjà mes larmes coulaient; la troupe impie se rit de mes pleurs, et fend les flots sous les coups redoublés de la rame. Ici je pris à témoin de la vérité de mon récit, quoiqu'il parût peu vraisemblable, le dieu lui-même; et il n'en est pas de plus puissant. Le vaisseau resta immobile, comme s'il se fût trouvé à sec dans une rade. Les matelots surpris persistent à battre la mer avec leurs rames; ils déploient les voiles, et s'efforcent d'accélérer leur marche par ce double secours. Le lierre embarrasse les rames, les entoure de ses flexibles rameaux, et mêle la pourpre de ses grappes mûres à la blancheur des voiles. Bacchus lui-même, le front couronné de raisins, brandit son thyrse orné de pampres. A ses côtés gisent des spectres terribles, des tigres, des lynx et des panthères. « Les nautoniers se précipitent dans l'onde, troublés par un vertige ou par la peur. Médon est le premier dont le corps commence à prendre des nageoires et à se plier en arc. « Quelle métamorphose! (In quæ miracula verteris ? [en quels prodiges es-tu changé ? ]) » lui dit Lycabas; et, tandis qu'il profère ces mots, sa bouche s'agrandit, son nez s'élargit, et sa peau durcie se couvre d'écailles. Libys s'efforce de retourner la rame; mais il voit ses mains se rétrécir et se changer en nageoires. Un autre veut saisir les câbles enlacés par le lierre; mais il n'a plus de bras; il tombe au fond de la mer, et son corps cambré se termine en une queue semblable à une serpe ou au croissant de la lune. De tous côtés ils bondissent et font rejaillir les flots; tour à tour ils s'élancent de l'abîme et s'y replongent; ils nagent en groupes, se livrent à mille jeux, et rejettent l'onde par leurs larges naseaux. Des vingt nochers que portait le navire je restais seul. La frayeur agite et glace mes sens. A peine suis-je rassuré par ces paroles du dieu: « Bannis toute crainte et gagne le rivage de Naxos.» Arrivé dans cette île, j'allume la flamme sur un autel, et je célèbre les mystères de Bacchus.» (Ovide, 1866, p.116-122)

 

** la Méonie: « MÉONIE, n.pr.f. Géogr. anc. Contrée de l’Asie-Mineure, qui plus tard reçut le nom de Lydie.» (Landais).

« MÉONIEN, IENNE, adj. et s. Géogr. anc. Habitant de la Méonie. – Lac Méonien, nom donné au lac de Trasimène, dans l’Étrurie. Une colonie méonienne, c’est-à-dire lydienne, s’était établie sur les bords de ce lac.» (id.).

« TYRRHÈNES ou Tyrrhéniens, peuple pélasgique, qui, venu de la Lydie sous la conduite de Tyrrhène, fils d’Atys, roi de cette contrée, s’établit dans la partie de l’Italie qu’on appela Tyrrhénie. Les Tyrrhènes se fondirent avec les Rasènes arrivés de la Rhétie, pour former le peuple nommé par les Romains Etrusci (Etrusques). Le Tyrrhènes se signalèrent comme pirates parmi les Grecs.» (Nouveau dictionnaire).

« TYRRHÉNIENNE (MER), Tyrrenum mare, partie de la Méditerranée qui s’étend depuis le golfe de Gênes jusqu’à la Sicile, entre la côte occidentale de l’Italie et les îles de Corse et de Sardaigne.» (id.).

 

2° Fable VI, 3: Métamorphose des paysans lyciens en grenouilles (Lycii rustici in ranas versi): « Dés lors, hommes et femmes, tous redoutèrent le courroux d'une si puissante divinité, tous s'empressèrent d'honorer la grande déesse qui enfanta deux jumeaux; et, comme d'ordinaire, cette aventure récente fit remonter aux anciennes. L'un des compagnons de Niobé s'exprima en ces termes: « Jadis les paysans de la fertile Lycie ne méprisèrent pas non plus impunément Latone. Le prodige que je vais raconter, peu connu parce qu'il concerne des hommes vulgaires, n'est pas moins surprenant. J'ai vu moi-même le lac et les lieux qu'il a rendus célèbres. Appesanti par l'âge et incapable de supporter les fatigues de la route, mon père m'avait prié de lui amener des bœufs de la Lycie, en me donnant un guide né dans cette contrée. Nous parcourions ensemble les pâturages, quand tout à coup nous vîmes au milieu du lac un autel antique, noirci par la fumée des sacrifices et entouré de roseaux tremblants. Mon guide s'arrêta, et, saisi d'effroi, il murmura ces paroles: « Sois-nous propice ». Je répétai à voix basse les mêmes paroles. Je lui demandai si cet autel était consacré aux Naïades, à un Faune ou à un dieu du pays. Il me répondit: « Cet autel, mon jeune ami, n'appartient pas à une divinité des montagnes, mais à la déesse que la reine des dieux exila autrefois de l'univers. A peine Délos, vaincue par ses prières, lui offrit-elle un asile, lorsque, dans ses courses légères, cette île errait à la surface des flots. Là, couchée entre un palmier et l'arbre de Pallas, elle mit au jour deux jumeaux, en dépit de leur implacable marâtre. Devenue mère, elle s'éloigna de cette île pour échapper à Junon, emportant sur son sein ses deux enfants, qui sont rangés parmi les dieux. Parvenue aux confins de la Lycie où naquit la Chimère, tandis que le soleil embrasait la terre de ses feux, Latone, fatiguée d'une longue marche, se sentit dévorée d'une soif ardente au milieu d'un air enflammé, et ses enfants altérés avaient tari son sein. Elle aperçut par hasard un petit lac au fond d'une vallée. Les paysans coupaient sur ses bords l'osier, le jonc et l'algue amie des marais. La fille de Céus approche, s'agenouille et se penche pour se désaltérer dans l'onde fraîche. Les paysans l'en empêchent. La déesse leur adresse ces paroles: « Pourquoi m'interdire cette eau qui appartient à tout le monde? La nature n'a point voulu que le soleil, l'air et l'eau fussent la propriété d'un seul. Chacun a le droit de puiser ici. Cependant je vous demande ce droit comme une grâce. Je n'allais point me baigner pour me remettre de mes fatigues; j'allais étancher ma soif. En vous parlant, ma bouche devient aride, mon palais se dessèche, et ma voix peut à peine se frayer un passage. Cette eau sera pour moi du nectar, et je proclamerai que je vous dois la vie; oui, vous me la donnerez en me permettant de boire. Laissez-vous fléchir par ces enfants suspendus à mon sein, qui vous tendent leurs petits bras » (ils les tendaient en ce moment). Quels cœurs ces touchantes paroles de Latone n'auraient-elles point attendris? Cependant la foule, insensible à sa prière, s'obstine à l'empêcher de boire. On la menace, on l'insulte, si elle ne s'éloigne. Bien plus, chacun trouble l'eau de ses pieds et de ses mains, et bondit malignement de tous côtés pour remuer la vase jusqu'au fond du lac. La colère suspend la soif. La fille de Céus ne descend plus à d'indignes prières. Elle n'abaisse plus son langage au-dessous de celui d'une déesse. Mais, levant ses mains au ciel: « Vivez à jamais dans ce lac,» dit-elle. Ses vœux sont accomplis. Ces hommes grossiers s'y précipitent avec joie. Tantôt ils plongent sous les eaux, tantôt ils montrent leur tête au-dessus de l'étang, ou nagent à sa surface. Souvent ils se reposent sur la rive, souvent ils s'élancent de nouveau dans l'onde. Leur langue s'abandonne encore à des propos grossiers, et, jusque sous les eaux, ils essayent de cyniques sarcasmes. Déjà leur voix devient rauque, leur gorge s'enfle, et leur bouche élargie vomit l'injure. La tête et les épaules se confondent, le cou disparait; le dos est vert, le ventre blanc, et forme la plus grande partie de leur corps. Métamorphosés en grenouilles [novæ ranæ], ils sautent dans le marais fangeux.»» (Ovide, id., p.216-220).

 

C’est ainsi qu’à propos de la Toscane, il ne s’agit plus de la seconde fable qui n’en raconte rien en nous laissant le mot-clé « ranæ », mais de la première qui insiste sur la Méonie (Meonia), sur l’Étrurie (tyrrhena) comme la patrie des personnages en question. Et alors, « les prodiges en lesquels Bacchus métamorphosa les Tyrrhéniens » sont des poissons de mer d’une certaine sorte ayant les écailles et les nageoires que le texte lui-même d’Ovide ne nommait pas, mais la plupart des commentateurs les considèrent comme dauphins. Cependant le Prophète énigmatique Nostradamus, plein de la pensée figurée, peut les nommer baudroies (ranæ en latin), bien qu’elles n’ont pas d’écailles comme des grenouilles (ranæ en latin), l’appellation de RANE se retrouvant trois fois dans ses Prophéties (V-3, VI-46 et IX-60) avec le même sens de la Toscane. [remaniement: le 5 janvier 2017]

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2016-03-03

§330 L’armoirie du nouveau Grand-duc de la Toscane (1737): V-39.

V-39 (§330):


Du vray rameau de fleur de lys issu,

Mis & logé heritier d'Hetrurie:

Son sang antique de longue main tissu,

Fera Florence florir en l'armoirie.

 

NOTES: Armoirie: Cf. « ARMOIRIES, XIVe (écrit alors armoierie; encore parfois sing., au XVIe s. Dér. de l’anc. verbe armoyer « orner d’armes héraldiques ».» (Bloch & Wartburg).

 

Florir: « v. a., garnir de fleurs » (Godefroy).

 

Michel Dufresne (Dufresne, 1995, p.144-145), après celle de Centurio (1953, p.117), nous donne une solution du quatrain à peu près complète en discernant son thème comme « l’événement d’une famille illustre de France accédant à la tête du duché de Toscane, ce qui advint effectivement en 1737 lorsque François de Lorraine en devint le monarque.»; un seul point à réviser concerne le dernier vers: Fera Florence florir en l'armoirie, qu’il traduit comme suit: « Ils [François II et ses successeurs] feront ainsi fleurir le nom des Lorraine en Toscane.», cependant il énonce plutôt le fait concret de remaniement de l’armoirie de François II par l’union des deux armoiries de la Lorraine et de la Toscane en introduisant les six tourteaux en émail symbolisant les Médicis en orle de son ancienne armoirie, comme le montre le quatrain V-3, §331 que nous allons voir prochainement. A ce propos, la mention de Leoni: « some triviality about arms, perhaps merely the “blooming” effect of adding the royal flower of France to the Tuscan arms » (Leoni, 1982, p.646) est relativement pertinente, car la base de ce remaniement est l’ancienne armoirie du duc de Lorraine déjà garnie des fleurs de lys, qui va incorporer à soi les six tourteaux en émail, symbole des Médicis en Toscane, ce qui aboutit naturellemnt au résultat que la nouvelle armoirie de la Toscane est garnie des fleurs de lys. Cet événement trivial, mais fort significatif dans les généalogies princières suffit à avoir raison d’une autre mention de Leoni (id.) quant à la prophétie du « advent of a scion of the House of France to the rule of Tuscany»: « it was fulfilled to some extent with the House of Lorraine, and almost perfectly in 1801 – 5. On March 21, 1801, Napoleon set up Louis of Bourbon-Parma as King of Etruria. After his death in 1803, his widow, Marie-Louise, became regent for the infant Louis II. However, she was so negligent that on October 23, 1807, Napoleon set the family up in a new creation around Oporto called “Northern Lusitania.” In March, 1809, Etruria was formally incorporated into France.», car l’armoirie lorraine de la Toscane est pour la première fois garnie des fleurs de lys en 1737, tandis que celle du roi d’Étrurie sous Napoléon Bonaparte seulement continue en 1801 les fleurs de lys déjà contenues dans celle de son père, le duc de Parme. En tout cas, c’est en 1737 que l’armoirie de la Toscane est garnie des fleurs de lys pour la première fois [Fera Florence florir en l'armoirie] ! En bref, « La Florence aussi introduit la fleur de lis dans ses armoiries.» (Centurio, id.).

 

Les faits historiques: « Un agent secret, le sieur Lozillières, ancien secrétaire d'ambassade à Turin, avait parcouru l'Allemagne, sous le nom de chevalier de Méré, prenant sur les princesses à marier des renseignements qu'il envoyait à Versailles. Il s'était présenté au château des Leczinski, à Wissembourg, comme un artiste en voyage. II y avait vu la fille de Stanislas, et avait fait sur elle un rapport. Il louait sa physionomie, son instruction, sa piété, sa charité, sa douceur, sa belle santé qui promettait la fécondité. II est vrai qu'elle avait sept ans de plus que le Roi, qu'elle n'était point belle, qu'élevée monastiquement elle n'avait pas de monde, qu'elle était pauvre, sans alliances, sans crédit en Europe. Mais une raison détermina sans doute M. le Duc [de Bourbon] et Mme de Prie [la marquise de]: cette reine leur devrait une si belle couronne inespérée qu'ils pourraient compter sur sa reconnaissance. II paraît que Fleury refusa son avis sur le mariage; le Roi donna son consentement, le 2 avril 1725, sans se montrer ni mécontent, ni empressé. Dès qu'ils furent avisés de la résolution prise, Leczinski et sa fille allèrent s'établir à Strasbourg, où ils attendirent la venue des ambassadeurs extraordinaires, MM. d'Antin et de Beauvau, délégués pour demander la main de Marie Leczinska, et le duc d'Orléans qui, par procuration, devait l'épouser. Le mariage fut célébré le 15 août, dans la cathédrale de Strasbourg, décorée des tapisseries de la Couronne.» (Carré, 1926a, p.88-89).

 

« Mais, le 1er février 1733, mourut Auguste II, l'électeur de Saxe, roi de Pologne. La vacance de ce trône électif ouvrit une crise européenne. Depuis que la France, restant fidèle à son vieux système d'alliance avec la Suède, la Pologne et la Turquie, avait repoussé les avances de la Russie, cette puissance nouvelle s'était alliée avec l'Autriche. Un traité avait été conclu à Vienne en août 1726; Autriche et Russie s'étaient promis de s'entendre entre autres choses sur les affaires polonaises. La Pologne était depuis longtemps menacée par ces deux puissants voisins et par un troisième, le roi de Prusse. En attendant que vînt l'heure d'un partage depuis longtemps prévu, l’Autriche et la Russie étaient naturellement résolues à ne point laisser arriver au trône de Pologne un client de la France. Ensemble elles agréèrent la candidature du fils d'Auguste II, Auguste III. Celui-ci avait gagné la sympathie de l’Empereur par l'adhésion qu’il avait donnée à la Pragmatique, adhésion d'autant plus précieuse à l'Autriche qu'il était un des mieux qualifés pour contester cet acte. Or, la France avait son candidat, Stanislas Leczinski. Fleury vit bien qu'une intervention de la France dans la « Succession de Pologne » serait une cause de guerre et de grande guerre; il aurait voulu éviter ce malheur. Mais la reine de France plaida la cause de son père; le Roi voulut relever la condition de son beau-père. Toute l’opinion se prononça pour Stanislas. On était humilié que le Roi n'eût épousé qu'une « demoiselle »; on voulait que la reine « de France » fût « fille de roi ». Fleury se résigna. L'ambassadeur de France en Pologne dépensa des millions pour gagner des suffrages à Stanislas qui, déguisé en marchand, traversa l’Allemagne pour se rendre à Varsovie. La Diète d’élection — 60 000 électeurs à cheval — l’acclama; le 12 septembre, il fut proclamé roi; mais quelques milliers de dissidents proclamèrent Auguste douze jours après. Vingt mille Russes entrèrent en Pologne. La Diète d'élection s'était dissoute; aucune force ne se trouva pour arrêter les Russes. Stanislas fut obligé de se retirer à Danzig.» (Carré, id., p.119-120).

 

« Des préliminaires de paix furent établis le 3 octobre 1735. L'Autriche abandonnait les Deux-Siciles à l'Infant; Tortone et Novare, avec les fiefs impériaux de Langhe en Montferrat au roi de Sardaigne; elle cédait à Stanislas Leczinski les duchés de Bar et de Lorraine qui, après la mort de Stanislas, devaient revenir à la France; le duc François de Lorraine, fiancé à Marie-Thérèse d'Autriche, devait être indemnisé avec la Toscane dont le duc allait mourir sans postérité. L'Autriche recouvrerait la Lombardie sauf les territoires cédés à Charles-Emmanuel. La France reconnaissait la Pragmatique Sanction. C'étaient là des conditions très acceptables pour la France; mais le cabinet de Vienne essaya de revenir sur les préliminaires, surtout sur le mode de cession de la Lorraine... Le duc de Lorraine signa enfin, le 15 février 1737, l’acte portant cession de son duché. Stanislas Leczinski avait déjà abdiqué la couronne de Pologne; le roi de Sardaigne avait souscrit aux préliminaires; l'Espagne avait récriminé, mais s'était résignée. Le traité de Vienne, ratifiant les préliminaires, fut signé le 18 novembre 1738. C'était un grand succès pour la maison de Bourbon, qui s’établissait en Italie avec Don Carlos, roi des Deux-Siciles, et pour le royaume de France qui acquérait la Lorraine. Depuis longtemps la France convoitait la Lorraine. Désor mais l’Alsace était reliée à la Champagne, et nos provinces de l’Est formaient une masse compacte.» (Carré, id, p.122).

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2016-03-01

§329 Le 6 février 1736 (1736-1738): VIII-49.

VIII-49 (§329):


Satur. au beuf jove en l'eau, Mars en fleiche,

Six de Fevrier mortalité donra,

Ceux de Tardaigne à Bruge si gran breche

Qu'a Ponteroso chef Barbarin mourra.

 

NOTES: Voici le commentaire important du quatrain par Christian Wöllner: « Saturne dans le Taureau, Jupiter dans le Verseau et Mars dans le Sagittaire le 6 février donne la mortalité. < Ceci concerne > ceux de Sardaigne. A Bruges une très grande brèche, comme à la mer Rouge. Le chef < de la maison > Barberini meurt.» (Wöllner, 1926, p.50). Il nous semble que le premier hémistiche concerne partout, tandis que « si gran breche » se réfère à « Ceux de Tardaigne » et « à Bruge ».

 

« L’Époque: La constellation « Saturne dans le Taureau, Jupiter dans le Verseau et Mars dans le Sagittaire » a eu lieu avant le temps de Nostradamus le jour désigné, le 6 février, l’an 1499. La constellation s’est retournée encore une fois: le 6 février 1736. Depuis, jusqu’en 3797 (et jusqu’encore plus loin), la constellation en question ne se reproduit pas aucun 6 de février.» (Wöllner, id., p.50).

 

En fait, cette constellation se produit après la première publication des Prophéties de Nostradamus en 1555 comme suit:

1° Les 6 – 17 février 1736.

2° Les 24 janvier – 19 mars 3942.

3° Après l’an 3942, nos calculations astronomiques ne rencontrent pas d’aucune occurence de ce phénomène avant l’année 5200.

 

L’année 1559 qu’invoquent Michel Dufresne (Dufresne, 1998, p.177) et Roger Prévost (Prévost, 1999, p.107) n’est pas pertinente, car cette année cette constellation se tient seulement pendant les jours 25 février - 8 mars.

 

Les historiques: Le dernier de l’ancienne famille des Barberini, Francesco III., né en 1662, cardinal-diacre, évêque de Palestrina, meurt en 1738.» (Wöllner, id., p.51).

 

« Les historiques: Un aperçu d’ensembe sur les états sanitaires des peuples de ce temps se donne par Dr. B. M. Lersch (Geschichte der Volksseuchen [Histoire des épidémies des peuples], Berlin, 1896, S. 353 ff.)...» (Wöllner, id., p.51);

 

Satur. au beuf jove en l'eau, Mars en fleiche, Six de Fevrier mortalité donra: = [La constellation du] six de Fevrier « Satur. au beuf jove en l'eau, Mars en fleiche » donnera [une grande] mortalité [partout au monde]: « Vers l’année 1736 le choléra en Angleterre, d’après Fyfe beaucoup mortel en 24 heures. L’an 1736 la peste bubonique au Caire violente: on dit que dix mille sont morts en un jour. D’après Thiery à Prague une si contagieuse épidémie, le pemphigus, qui résiste à tous les moyens de remède, qu’à peu près aucun ne se soustrait à la mort. Une remarquable mortalité entre les femmes en couches à Paris.» (Lersch, 1896, p.353-354).

 

Breche: = « BRÈCHE. n. f. Fig. Dommage qui entame. Faire une brèche sérieuse à sa fortune.» (Petit Robert); i.e. une grande morbidité ouverte à une grande mortalité.

 

Ceux de Tardaigne [= Sardaigne] à Bruge si gran breche: = Une si grande brèche pouvant arriver à la grande mortalité en Italie (= Tardaigne, par synecdoque en géographie, T pour S pouvant suggérer ITALIE) et en Flandre (= Bruges, par synecdoque): « 1737. La variole en Italie. 1737, 38. L’exanthème et le typhus au Piémont... 1737 - 41. La fièvre maligne aux Flandres.» (Lersch, id., p.354).

 

Ponteroso: « There is a tiny village named Ponterosso eight miles north of Genoa.» (Leoni, 1982, p.706).

 

Qu'a Ponteroso chef Barbarin mourra: En l’occurence, Ponteroso signifie « Italie » par synecdoque, comme Egipte pour l’empire ottoman dans le quatrain III-77 (§327). Voici la liste des morts des chefs de l’illustre maison italienne Barberini, dont le Pape Urbain VIII (1623-1644) qui a traduit Galilée en justice (cf. §242, VIII-71 et §243, IV-31).

 

1. Carlo Barberini (1488-1566).

2. Francesco Barberini (1528-1600).

3. Carlo Barberini (1562-1630).

4. Don Taddeo Barberini (1603-1647).

5. Don Maffeo Barberini (1631-1685).

6. Don Urbano Barberini (1664-1722).

7. Cardinal Francesco Barberini (1662-1738): cette mort sans postérité en 1738 à Rome (= à Ponteroso, par synecdoque) du cardinal parachève la généalogie de sa famille, que le Prophète ose remarquer avec les événements des années 1736 et 1737.

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2016-02-27

§328 Gibraltar anglais défendu (1727): III-78.

III-78 (§328):


Le chef d'Escosse avec six d'Alemagne

Par gens de mer Orientaux captifs,

Transverseront le Calpre & Hespagne

Present en Perse au nouveau roy craintif.

 

NOTES: Dans ce quatrain, il s’agirait d’un conflit entre les Écossais victorieux avec les Allemands et les Espagnols vaincus concernant Gibraltar (le Calpe le Calpre) qui est pris aux Espagnols par les Anglais en 1704 et leur demeure jusuqu’à nos jours. Dans ce contexte, « les Écossais avec les Allemands » désigneraient les Anglais sous le Roi George Ier (1714-1727), souverains de la Grande-Bretagne et de l’Électorat du Hanovre. En fait, « 1727. Angleterre,.. Espagne... – Vaine tentative des Espagnols sur Gibraltar... Angleterre. – George Ier meurt Osnabruck, près du Hanovre, à soixante-huit ans ([le 11] juin). George II, son fils, lui succède à quarante ans...» (Dreyss).

 

Le chef d'Escosse: = Lord Portmore, gouverneur anglais de la forteresse de Gibraltar, « Escosse » représentant par synecdoque la Grande-Bretagne: « One of the secret articles of the Treaty of Vienna was an agreement to place the pretender upon the throne of Britain... Spain was assembling an army for the siege of Gibraltar, under the command of the count de las Torres: who boasted that in six weeks he would drive the heretics into the sea. On the 11th of February [1727] the siege was commenced. English men-of-war in the harbour secured a constant supply of provisions for the garrison from the coast of Africa. Lord Portmore — one of the men whose energy age appears unable to cripple — hastened from England, in his eightieth year, to defend the fortress of which he was governor. For four months the Spaniards ineffectually fired upon the rock, and then they raised the siege.» (HH, XX, p.536).

 

Six d'Alemagne: = Un petit nombre indéfini de Hanovriens, qui peuvent effectivement s’employer de toutes les manières insinuantes dans l’armée anglaise à la bataille de Gibraltar nonobstant que la Loi de succession au trône (the Act of Settlement) les exclue de toutes les charges de cette sorte (cf. Melville, 1908, p.233-234).

 

Six: = Un petit nombre indéfini de personnes en question. Cet usage dans les Prophéties de Nostradamus se retrouve dans les quatrains VI-27 (§79): Six eschapés, III-30 (§136): De nuit au lit six lui feront la pique et X-94 (§288): Six eschappez en habit seraphicque.

 

George Ier de Hanovre en Angleterre: « At last a start was made. The exodus began. Lord Albemarle, having invited the King to take his house at Voorst on his way to Holland, was the first to depart, to prepare for his Majesty's visit; on August 19 Lord Clarendon set out for The Hague, and on the next day Breton returned to Berlin. Two days later Lord Dorset started for The Hague, and on August 29 departed a portion of the royal suite there to await their master, headed by Baron von Kielmansegg, Master of the Horse, Baron von Bernstorff, Prime Minister, Baron von Schlitz-Görtz, Chancellor of the Exchequer, and Robethon, Privy Councillor. The King deputed the Government of Hanover to a Council of Regency, at the head of which he placed his youngest brother, Ernest Augustus; he decided to take with him the Electoral Prince (soon to be Prince of Wales), and arranged that the Princess with her two eldest daughters should follow a few weeks after, while Prince Frederick (in his turn Prince of Wales), the eldest son of the Electoral Prince and Princess, should remain at Hanover with his youngest sister. Besides the four important officials mentioned above, the King selected to accompany him, Count von Platen, Great Chamberlain, Baron von Rhede, Herr von Bernstorff, and the Marquis de la Forêt, Chamberlains; Baron von Schlitz and his two brothers (one of the latter, Gentleman of the Bedchamber to his Majesty, the other serving the Prince in the same capacity), Herr Reiche, Secretary; Baron von Hattorf, Counsellor of War; Herr Schraden, Secretary of Embassy; Herr Hammerstein, Gentleman of the King's Bedchamber; and Herr Kempe, Gentleman of the Bedchamber to the Prince.» (Melville, id., p. 195-196).

 

« For so great a personage as a King of Great Britain and Ireland, George I brought with him on his first arrival a modest suite. The Household, from highest to lowest, numbered sixty-three. Besides the Household, George brought with him a political staff, consisting of twenty-three persons, through whose agency he designed to keep a controlling hand on the affairs of his Electorate. These, with Fräulein von der Schulenburg (afterwards Duchess of Kendal), Baroness von Kielmansegg (afterwards Lady Darlington), and the wives and children of the various officials made up the King's entire entourage, in all about one hundred and fifty persons, of whom a number less than one hundred were on the salary list. John Casper, Baron von Bothmer [the Hanoverian Envoy-Extraordinary to the Court of St. James's], was, of course, already in England. Many of those who came over with George hoped for lucrative appointments in the British service, while others, like Bernstorff and Bothmer, looking to the example of King William's foreign favourites, desired peerages and grants of land, but all alike were doomed to disappointment, for the framers of the " Act for the further limitation of the Crown " of 1700, while willing to accept a foreign King, were fully alive to the fact that a number of the monarch's countrymen would follow him in the hunt for fortune, and, so far as they could, they guarded against foreigners acquiring any stake in the government of the country. " No person born out of the Kingdoms of England, Scotland, or Ireland, or the dominions thereunto belonging (although he be naturalised or made a denizen, except such as are born of English parents)," so runs clause three of the above-mentioned Act, " shall be capable of the Privy Council, or a Member of either House of Parliament, or to enjoy any office or place of trust, either civil or military, or to have any grant of lands, tenements, or hereditaments from the Crown to himself or to any other or others in trust for him." Doubtless many of " the foreigners," as the Enghsh people called them contemptuously, were aware of this limitation of the royal power, but probably they thought that after the accession means would be found either to repeal the obnoxious clause or to evade it. There is no reason to believe, however, that George even proposed to alter the law, and if he did it is certain there was no minister courageous enough to introduce such an unpopular measure; certainly he never made any attempt to evade it. "I have thought it worth while to go through the Calendars of Treasury Books and Papers for the years 1729-30, 1731-4, 1735-9, very elaborately prepared by Mr. W. A. Shaw, as well as the earlier volumes covering the years 1720-8, in order to ascertain whether they exhibit any traces of appointments of Hanoverian subjects or other Germans to minor posts under George I or George II, that might perhaps have been allowed to step through the meshes of the Act of Settlement," Dr. Ward has written. " But I have only come across a few German names belonging to doubtless deserving men nominated to tide-underships, and to the holders of a court office or two. . . . Incidentally, it may be added that these Calendars mention no German recipient of any kind of pension charged to the public account, with the exception of this busy political agent [Charles Holzendorff, a very active minor diplomatist], and of one other person in whose case the charge is on the Irish establishment." It may, therefore, be taken for granted that, with scarcely an exception, no Hanoverian was appointed to any place or profit under the Crown or rewarded with a title — though, after the accession of George I Hanoverian officials, like all Germans fond of wordy distinctions, styled themselves " Königliche – Grossbritannische – Kurfürstlich – Braunschweig - Luneburgische " (" Royal – British – Electoral – Brunswick - Luneburg's ") magistrates or councillors, according to their degree. It is almost needless to say that, while the Hanoverians took no part in the British Government, Englishmen received no appointments in the Electorate. If " the foreigners " had been content to abide by the clause refusing them employment, payment, or honours in this country, the new King would have been spared much unpopularity, but this act of self-denial was beyond their strength. " These mistresses, ministers and favourites, coming from a poor Electorate, considered England as a land of promise, and at the same time so precarious a possession, that they endeavoured to enrich themselves with all possible speed," says Coxe; and Lord Mahon speaks of " a flight of hungry Hanoverians, [who] like so many famished vultures, fell with keen eyes and bended talons on the fruitful soil of England." These writers cannot be accused of exaggeration; and, though many of the complaints made by the English against their new King were unreasonable, it cannot be denied that the charges of rapacity brought against the Hanoverians who accompanied George to England were well founded.» (Melville, id., p.232-237).

 

« As time passed, however, the Enghsh ministers contrived to defeat the Hanoverian junta. Bernstorff was literally driven to Hanover in 1720; the return of Walpole to office in the following year routed Bothmer and Robethon; but even before this their influence was on the decline, and in November 1719 Lord Sunderland was able to send the glad tidings to Lord Carlisle: "I must also congratulate you upon another thing, which I know you have long had at heart, and which will contribute more to the King's and the public service than any other thing; that is, the resolution the King has taken, not to suffer his Germans to meddle in English affairs, he having forbid them to presume so much as to speak to him about them; and this he has ordered all his servants to declare to everybody to be his resolution, and tells it himself to as many as come to him."» (Melville, id, p.252-253).

 

Gens de mer Orientaux: = Les corsaires algériens sous les ordres de la marine anglaise; « The corsairs of Algeria were at the end of the sixteenth century the first sailors of their time [Gens de mer]. Their galleys, which dispensed with everything which was not strictly necessary and might burden them, were of an incomparable swiftness, and their crews were submitted to the severest discipline. They were composed of galley slaves, as were all the Christian galleys. Besides a number of soldiers who had an interest in the prizes, the galleys carried cannon and artillerymen... It thus came about that Algiers, originally a little city of Kabail origin, with a slight intermixture of Andalusian, and governed by pure Turks, was soon filled with turbaned Europeans and outgrew its limits and became a city of nearly a hundred thousand souls, wholly Mediterranean in character, although always uder the mask of Islam. It kept and was to keep the appearance of an oriental city [Orientaux]... The Barbary regencies had in the middle of the seventeenth century become practically independent states. They sometimes sent naval succour to the Porte in its wars; but this was done rather in a spirit of voluntary goodwill and recognition of community of creed and origin similar to that which formerly made Carthage give occasional aid to Tyre, than out of the obedient subordination of provincial governments to central authority. The strength and audacity of these piratical states, especially of Algiers, had so increased that not only did their squadrons ravage the Christian coasts of the Mediterranean, but their cruisers carried on their depredations beyond the straits of Gibraltar, both northward and southward in the Atlantic. They pillaged the island of Madeira; and the Algerine rovers more than once landed in Ireland, and sacked towns and villages and carried off captives into slavery. They even ventured as far as Iceland and Scandinavia, as if in retaliation for the exploits of the old Norse sea-kings in the Mediterranean seven centuries before. Algiers had a marine force comprising, besides light galleys, more than forty well-built and well-equipped ships, each manned by from three hundred to four hundred corsairs, and mounting from forty to fifty guns. The number of Christians who toiled in slavery in the dockyards and arsenals at Algiers or at the oar in her fleets fluctuated from between ten thousand to twenty thousand. Tunis and Tripoli had their fleets and their slaves, though on a smaller scale. Admiral Blake tamed the savage pride of these barbarians in 1655. He awed the dey of Algiers into the surrender of all his English prisoners; and when the dey of Tunis refused to do the same, Blake burned the pirate fleet under the guns of the town, destroyed the forts, and compelled obedience to his demands. The Dutch admiral de Ruyter and the French admiral de Beaufort also at different times punished the insolence of the Barbary corsairs; but their outrages and cruelties were never entirely quelled. In 1663 England concluded a treaty with Algiers and the Porte by which she was to be at liberty to chastise the Algerines when they broke their engagements, without its being considered a breach of amity between England and Turkey.» (HH, XXIV, p.481-483).

 

Captif: = « Littér. Soumis à une contrainte. » (Petit Robert). « Par extension, contraint, assujéti [assujetti].» (Landais).

 

Gens de mer Orientaux captifs: « The dispute about the promise, and who made it, soon subsided, when it was seen that government was serious in the means taken for the defence of Gibraltar, to which the Spaniards laid actual siege on the 13th of February [1727]. As this step was foreseen, Newton's, Disney's, and Anstruther's regiments were sent to reinforce the garrison, and sailed in the month of January, under convoy of the Kent of seventy guns, the Lenox of seventy guns, the Berwick of seventy guns, the Royal Oak of seventy guns, the Portland of fifty guns, and the Tyger of fifty guns, commanded by Sir Charles Wager. When this armament arrived, they found Gibraltar besieged by the count de las Torres, with fifteen thousand men. On the first erecting of batteries, the lieutenant-governor, colonel Clayton, made remonstrances by his secretary, as an infraction of the treaty of peace still subsisting, for no war was declared; but the Spaniards still carrying on their works, colonel Clayton convened a council of war, when it was unanimoufly agreed to fire on the Spaniards. The enemy then advanced, and lodged two thousand men near the devil's tower, on the isthmus; but Sir Charles ordered the Tyger, the Dursley galley, and Solebay bomb, to go round the hill, and fire on the trenches, from the east side of the neck of land. To this the enemy opposed a fourteen-gun battery, and many shots were exchanged. The siege still going on, the old earl of Portmore, the governor of Gibraltar, who had been forty years a colonel, resolved to go to his command, and sailed from Portsmouth in March, with the Prince Frederick, of seventy guns, the Yarmouth, of seventy guns, the Torbay, of eighty, and the Pool fire-lhip: with them went a number of transports, carrying Hayes's and Middleton's regiments. About the same time a detachment of ten companies from the first regiment of the foot guards, drawn by lot, embarked in the river, under the command of the following officers, drawn also by lot, viz. colonel Price, colonel Hastings, colonel Pearson, colonel Meyrick, colonel Duncombe, colonel Inwood, colonel Treby, colonel Brown, colonel Oughton, and colonel Williamson; all under colonel Guise, major of the regiment: colonel Treby, indeed, did not embark, chosing rather to resign his commission, and his place was supplied by colonel Onslow; captain Stanhope also resigned, and captain Parker went in his room. This reinforcement arrived the 7th of April, and within a few days five hundred men came from Minorca; so the garrison was then six thousand strong, which was thought to be fully sufficient. The army withdrew out of the town, and encamped on the south point, from whence the posts were daily relieved: thus there being none in the town but what were on duty, and the houses being deserted, less destrudion happened from the enemy’s bombs. The garrison was in no want of any necessaries, they had plenty of salt provisions from England and Ireland, and fresh meat, poultry, and vegetables, came almost every day from Barbary, as the boats were in no fear of the enemy’s ships, for they were protected by Sir Charles Wager [Gens de mer Orientaux captifs]. As soon as he had landed the succours, and put twenty-four cannon with ammunition, on shore, to replace some which had been dismounted by the enemy, he went and cruized to and fro in the Straits. This siege lasted till the 23d of June, during which time the shipping were very serviceable, both in annoying the enemy and preventing succours coming to them by sea. On the 24th of February, one of rear-admiral Hopson's squadron took a Spanish barque, and armed her with a lieutenant, a mate, a midshipman, eighteen seamen, and a sergeant and fifteen grenadiers. On the 10th of March she attacked another Spanish barque, coming from Malaga, with provisions for the camp; but she escaped, from a sudden storm rising, which prevented her being boarded. Several other skirmishes happened, in most of which our ships had success. A cessation of arms was published on the 23d of June, and hostilities ceased.» (Dodd, 1785, p.76-82).

 

Transverser: = Traverser au sens d’ « empêcher, s’opposer » (cf. Petit Robert); « transverser, v. a., traverser; renverser.» (Godefroy).

 

Le chef d'Escosse avec six d'Alemagne transverseront le Calpre & Hespagne: Le chef d'Escosse avec six d'Alemagne, censé effectivement au pluriel, renverseront l’assaut espagnol sur la forteresse anglaise de Gibraltar en 1727. Cette sorte de l’accord matériel du sujet au singulier avec le verbe au pluriel se retrouve dans les quatrains II-12 (§335): « L'habit des seuls seront mis à neant.» et VIII-12 (§652): « L’abbe de Foix avec eux de saint morre feront la forbe abillez en vilan.»; cf. « M. le comte de Charolais, avec le duc de Gesvres et le marquis de Beauvau, qui devait porter la queue de son manteau, allèrent, dans un carrosse du Roi entouré de ses gardes, à Saint-Cloud.» (Saint-Simon, 1988, p.656).


Le Calpre
: = Le Calpe avec l’alphabet R suggérant les Rs de Gibraltar comme dans le quatrain I-77 (§464).

 

Le Calpe: « The first name by which this mountain was known, was that of Mons Calpe, and it continued to be so called till the incursions of the Arabs, in the year 713.» (Dodd, id., p.5); « Κἀλπη, Calpé, une des colonnes d’Hercule; aujourd’hui Gibraltar.» (Pillon); « Calpē, une des colonnes d’Hercules à Hispania Baetica (aujourd’hui Gibraltar).» (TanakaH).

 

Present: = Un cadeau.

 

Perse: « PERSE. n.f. Tissu d’ameublement, toile peinte de l’Inde (que l’on croyait être de Perse. – Mod. Cretonne imprimée.» (Petit Robert).

 

Present en Perse: = Un cadeau précieux, i.e. la victoire anglaise de Gibraltar.

 

Le nouveau roy: = George II succédant à son père qui meurt à la dernière phase de la bataille de Gibraltar.

 

Craintif: « CRAINTIF. adj. Qui est sujet à la crainte (occasionnellement ou, surtout, habituellement).» (Petit Robert).

 

Le nouveau roy craintif: « George II was bom in 1683, and had married in 1705 Princess Caroline of Anspach, by whom he had four daughters and two sons; Frederick, Prince of Wales, born in 1707, and William, duke of Cumberland, in 1721. His parts were not so good as his father's, but, on the other hand, he had much less reserve and shyness, and he possessed another inestimable advantage over him — he could speak English fluently, though not without a foreign accent. His diminutive person, pinched features, and frequent starts of passion, were not favorable to the royal dignity, and his mind still less. He had scarcely one kingly quality, except personal courage and justice. The former he had highly signalised at the battle of Oudenarde as a volunteer, and was destined to display again as sovereign at Dettingen; and even in peace he was so fond of the army, and of military details, that his nickname among the jacobites was the Captain. A love of justice was apparent in all the natural movements of his mind. But avarice, that most unprincely of all passions, sat enshrined in the inmost recesses of his bosom. Its twitches were shown on all occasions. His purse was often in his hands, not to give from it, but to feel, and count over. " Soon after his first arrival in England," Walpole tells us, " Mrs.- one of the bedchamber women, with whom he was in love, seeing him count his money over very often, said to him, ' Sir, I can bear it no longer; if you count your money once more I will leave the room.'" An extreme minuteness and precision in keeping his private accounts [craintif] saved him a little money, and lost him a great deal of time. '' He has often told me himself,” says Lord Chesterfield, '' that little things affected him more than great ones [craintif]; and this was so true, that I have often seen him put so much out of humour at his private levee, by a mistake or blunder of a valet de chambre, that the gaping crowd admitted to his public levee have from his looks and silence concluded that he had just received some dreadful news. He troubled himself little about religion, but jogged on quietly in that in which he had been bred, without scruples, doubts, zeal, or inquiry. Of acquired knowledge he had little, professing great contempt for literature; but he sometimes read history, and had an excellent memory for dates. His habits were very temperate, and so regular that he scarce ever deviated from his beaten daily track: in the words of one of his courtiers, "he seems to think his having done a thing to-day an unanswerable reason for his doing it to-morrow.” Business he understood well, and transacted with pleasure. Like his father, he was far too Hanoverian in his politics, nor wholly free from the influence of mistresses. But his reign of thirty-three years deserves this praise — that it never once invaded the rights of the nation, nor harshly enforced the prerogatives of the crown; that its last period was illumined by the glories of Wolfe and of Chatham; and that it left the dynasty secure, the constitution unimpaired, and the people prosperous.» (HH, XX, p.538-539).

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2016-02-08

§327 La paix et les conflits turco-perses (1727-1739): III-77 (suite et fin).

III-77 (§327):


Le tiers climat soubz Aries comprins,

L’an mil sept cens vingt & sept en Octobre:

Le roy de Perse par ceulx d'Egipte prins:

Conflit, mort, perte: à la croix grand oprobre. (№ 2)

 

NOTES:

Climat: « κλἰμα, terrestrial latitude, latitudes, region; seven latitudinal strips in the οἰκουμένη [inhabited region] on which the longest day ranged by half-hour intervals from 13 to 16 hours(Liddell & Scott, s.v.). « CLIMAT, subst. mas., espace de terre entre deux cercles parallèles à l’équateur, et d’une longueur telle que le plus long jour dans le parallèle le plus proche du pôle surpasse d’une certaine quantité, par exemple d’une demi-heure, le plus long jour dans le parallèle le plus proche de l’équateur.» (Landais, s.v.).

 

Le tiers climat: D’après Ptolémée (Halma, p.76-84),

le parallèle avec le plus long jour de 13 heures est à 16° 27′ de latitude Nord,

le parallèle avec le plus long jour de 13 heures et demie est à 23° 51′ de latitude Nord,

le parallèle avec le plus long jour de 14 heures est à 30° 22′ de latitude Nord,

le parallèle avec le plus long jour de 14 heures et demie est à 36° de latitude Nord,

le parallèle avec le plus long jour de 15 heures est à 40° 56′ de latitude Nord,

le parallèle avec le plus long jour de 15 heures et demie est à 45° 1′ de latitude Nord et

le parallèle avec le plus long jour de 16 heures est à 48° 32′ de latitude Nord.

 

Alors, le premier climat, dont le jour le plus long est par définition 13 heures, est la région globale entre l’équateur et le parallèle à 16° 27′ de latitude Nord. Et le second climat, dont le jour le plus long est par définition 13 heures et demie, est la région globale entre le parallèle à 16° 27′ de latitude Nord et celui à 23° 51′ de latitude Nord.

 

Et le tiers climat, dont le jour le plus long est par définition 14 heures, est la région globale entre le parallèle à 30° 22′ de latitude Nord et celui à 23° 51′ de latitude Nord, et ainsi de suite. En attendant, Ovason (1997, p.238) propose le tiers climat comme « approximativement entre 28° et 34° », ce qui n’est pas pertinent. Et l’explication de Brind’Amour (1993, p.262; 1996, p.434-435) est valable concernant les climats en général, mais ne l’est pas en ce qui concerne l’exemplification du troisième climat, car il dit qu’ « Alexandrie et la basse Égypte occupent le troisième climat d’après Ptolémée.», ce que Ptolémée ne dit pas en réalité; Ptolémée écrit en fait comme suit: « Le neuvième parallèle aura son plus long jour de 14 heures équinoxiales. Il est à 30d 22' loin de l'équateur. Il passe par la Basse-Egypte.» (Halma, p.82) En bref, ce n’est pas le troisième climat entre 23° 51′ et 30° 22′, mais le parallèle à 30° 22′ qui passe par la Basse-Egypte. Donc, ce parallèle ne passe pas par Alexandrie, qui est en réalité à 31° 13′ de latitude Nord ! Le troisième climat lui-même occupe, par définition, aussi la Haute-Égypte !  

 

Soubz Aries comprins: D’après Ptolémée (Tetrabiblos, p.128-159), notre monde habité se divise en gros en quatre quarts par deux grandes lignes croisées: les quarts nord-ouest, sud-est, nord-est et sud-ouest, autrement dit l’Europe, l’Asie Majeure du Sud, l’Asie Majeure du Nord et la Libye (aujourd’hui l’Afrique); la ligne verticale passe par la mer Rouge, la mer Égée, la mer Noire et la mer d’Azov et la ligne horizontale par la Méditerranée et son prolongement oriental et montagneux sur terre; le point d’intersection se situe à l’extrémité Est de la Méditerranée au large sud-est de l’île de Chypre.

 

Au sujet d’Aries, Ptolémée dit que « the European quarter, situated in the north-west of the inhabited world, is in familiarity with the north-western triangle, Aries, Leo, and Sagittarius, and is governed, as one would expect, by the lords of the triangle, Jupiter and Mars. In terms of whole nations these parts consist of Britain, (Transalpine) Gaule, Germany, Bastarnia (the south-western part of Russia and southern Poland), Italy, (Cisalpine) Gaule, Apulia, Sicily, Tyrrhenia (Tuscany), Celtica (probably western Spain), and Spain... The parts of this quarter which are situated about the centre of the inhabited world, Thrace, Macedonia, Illyria, Hellas (northern Greece), Achaia (the Peloponnesus), Crete, and likewise the Cyclades, and the coastal regions of Asia Minor and Cyprus, which are in the south-east portion of the whole quarter, have in addition familiarity with ...» (Tetrabiblos, p.133-137); « ... the remaining parts of the quarter [i.e. the southern part of Greater Asia], situated about the centre of the inhabited world, Idumaea (the region around the south end of the Dead Sea), Coelê Syria (north of Palestine and between Lebanon and Anti-Libanus), Judaea (between the Dead Sea and the coast), Phoenicia (the coastal strip north of Judaea and Samaria), Chaldaea (south-west of the Euphrates and north of the Arabian peninsula; In the Geography, v. 20, Chaldaea is treated merely as a part of Babylonia, not an entirely separate country, as here; « Χαλδαἰα, Chaldée, ancien nom de la partie sud de la Babylonie et de l’Assyrie.» (Pillon)), Orchinia (what is mean by Orchinia is somewhat doubtful; cf. « Ὀρχηνοἰ, Orchéniens, caste ou famille de Chaldée.» (Pillon)), and Arabia Felix (the south–western coastal region of the Arabian peninsula), which are situated toward the north-west of the whole quarter, have additional familiarity with the north-western triangle, Aries, Leo, and Sagittarius, and, furthermore, have as co-rulers Jupiter, Mars, and Mercury.» (Tetrabiblos, p.143). « Of the remaining quarter, which includes what is called by the common name Libya (the continent in general; Africa is the Roman province.), the other parts, including Numidia, Carthage, Africa, Phazania, Nasamonitis, Garamantica, Mauritania, Gaetulia, Metagonitis, and the regions situated in the south-west of the inhabited world, are related by familiarity to the south-western triangle, Cancer, Scorpio, and Pisces, and are accordingly ruled by Mars and Venus... The remaining parts of the quarter, which are situated near the centre of the inhabited world, Cyrenaica, Marmarica, Egypt (Lower Egypt), Thebais (Upper Fgypt), the Oasis (The Greater and Lesser oases lie west of the Thebais.), Troglodytica (along the west coast of the Red Sea), Arabia (Arabia Petraea, the Sinai Peninsula and vicinity), Azania (now French Somaliland), and Middle Ethiopia have an additional familiarity with ...» (Tetrabiblos, p.151-155).

 

D’entre ces régions liées à Aries, i.e. Britain, (Transalpine) Gaule, Germany, Bastarnia, Italy, (Cisalpine) Gaule, Apulia, Sicily, Tyrrhenia, Celtica, Spain, Thrace, Macedonia, Illyria, Hellas, Achaia, Crete, the Cyclades, the coastal regions of Asia Minor, Cyprus, Idumaea, Coelê Syria, Judaea, Phoenicia, Chaldaea, Orchinia et Arabia Felix, seules Idumaea (l’Idumée ou l’Édom), Chaldaea (la Chaldée) et Arabia Felix (l’Arabie Heureuse) sont plus ou moins dans le tiers climat (23° 51′ - 30° 22′ de latitude Nord) (cf. Duby, p.8-11; p.214), et ces régions sont au pouvoir de l’empire ottoman pendant les années 1727-1739 (cf. Duby, p.214). C’est ainsi que les deux conditions du premier vers indiquent uniquement l’empire ottoman, le thème principal du quatrain; donc, « ceulx d'Egipte » sont presqu’automatiquement les Ottomans (cf. Duby, p.214; Leoni, 1982, p.614; Ovason, 1997, p.239), la « perte » se réfère à eux et c’est eux qui causent l’événement du dernier vers: « à la croix grand oprobre ». A ce propos, les interprétations de Leoni (id., p.615), de Brind’Amour (id.) et d’Ovason (id., p.239-240) sont fort confuses.

 

N.B. La manière de dater de Nostradamus:

L’interprète occasionnel japonais de Nostradamus Takagi Akimitsu, amateur des arts divinatoires en plus de médecin professionnel et écrivain des romans policiers, avance les lectures des vers: « L’an mil sept cens vingt & sept en Octobre» signifiant les dates du 7 octobre 1720 ou du 27 octobre 1700 en s’appuyant absurdement sur quelque usage flamand, excluant celle d’octobre 1727, pour dénier la possibilité des prophéties de Nostradamus (Takagi, 1975, p.186-189).

 

En fait, il semble y avoir trois manières de lire les vers en question, cependant l’option du 7 octobre 1720 n’est pas possible en français, parce que ce n’est pas français de dire: « l’an 1720 et 7 en octobre », où l’existence de la conjonction « et » peut séparer l’année 1720 et le sept d’octobre qui peut revenir à quelque autre année. Et le français ne nous permet pas de dire la date « le 27 octobre » simplement comme « vingt & sept en octobre », où « vingt & sept » peut signifier autre chose que la date voulue. La seule option raisonnable est « en octobre 1727 », ce que les interprètes tout ordinaires de Nostradamus veulent logiquement et grammaticalement. Donc, l’explication de Brind’Amour (1996, p.435) acceptant une date, le 27 octobre 1700, est sans fondement. Et son doute sur la signification astrologique de la date « en octobre 1727 » (id.) est superflu et même ridicule, car elle désigne directement et simplement l’événement historique du traité d’Hamadan turco-perse ! 

 

Il faut maintenant énumérer les usages de datation des jours du mois de Nostradamus pour vérifier les choses en question:

1. XIII. de Fevrier (III-96: 13 of February).

2. Six de Fevrier (VIII-49: six of February).

3. le dix Kalendes d'Apvril (I-42: the ten from the 1st of April).

4. Premier d'esté ( VI-85: first of summer).

5. ce I. de Mars (Préface: this 1st of March).

6. le 14. de Mars (Épistre: the 14 of March).

7. sept du moys d'Avril (Épistre: 7 of the month of April).

8. le 25. d'Aoust (Épistre: the 25 of August).

9. 14. de Juin (Épistre: 14 of June).

10. le 7. d'Octobre (Épistre: the 7 of October).

11. le 17. d'Avril (Épistre: the 17 of April).

12. le 22 de Juing (Épistre: the 22 of June).

13. le 9. d'Avril (Épistre: the 9 of April).

14. le 22. de May (Épistre: the 22 of May).

15. le 3. de Fevrier (Épistre: the 3 of February).

16. le 27. dudit [Fevrier] (Épistre: the 27 of the said [February]).

17. le premier de Juing (Épistre: the first of June).